Moebius, Schmidts Jarbuch
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réveille et raffermit progressivement la volonté toujours somnolente. La régularité des heures de repos, dé sommeil, tout cela agit favorablement sur le moral du malade. Il cesse de se morfondre dans l’inactivité veule et la méditation de ses maux qui lui sont coutumières; il reprend peu à peu confiance en lui-même et se prend de plus en plus à croire à la guérison plus ou moins prochaine de sa maladie. Ici se pose la question de savoir si les neurasthéniques doivent s’abstenir de tout travail intellectuel, et, dans le cas contraire, dans quelle mesure et sous quelle forme le travail de l’esprit doit leur être permis. Il est évident qu’il n'est pas possible de formuler à cet égard de règle absolue. La conduite à tenir à ce sujet varie naturellement d’un cas à l’autre; elle dépend à la fois et du neurasthénique et aussi de la cause principale et de la forme même de sa neurasthénie. Ainsi il est indiqué d’interdire non seulement tout travail mental, mais même toute lecture, aux malades qui ont versé dans la cérébrasthénie pure à la suite d’un labeur intellectuel exagéré. Ces surmenés s’améliorent vite sous l’influence du repos de l’esprit et d’un séjour à la campagne suffisamment prolongé, additionné de promenades et de quelques exercices physiques.
Par contre un malade devenu neurasthénique à Ja suite de chagrins, de peines afflictives pourra bénéficier d’un travail intellectuel quotidien, mais
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modéré. Si durant une heure ou deux il applique chaque jour son esprit à un sujet d’étude ayant pour lui un attrait suffisant, il trouvera dans cette pratique une distraction efficace à ses préoccupations, un moyen de rompre le cours de ses soucis, de ses agitations douloureuses.
La plupart des malades, à l’exception toutefois de ceux qui, atteints de neurasthénie à forme grave, sont obligés à un repos complet du corps et de l’esprit, doivent être autorisés à s’adonner à la lecture durant une heure et demie au plus chaque jour. Le choix des livres est quelquefois très important et certains malades doivent être guidés dans leurs lectures. Ceci exige naturellement de la part du médecin une connaissance parfaite de l’état moral du patient, de ses tendances et de ses travers d’esprit, de son caractère, de ses préoccupations habituelles. Le moment de la journée auquel le malade se livre à la lecture n’est pas non plus indifférent : les neurasthéniques excitables, et plus particulièrement ceux qui souffrent d’insomnie, doivent s’abstenir de toute lecture dans les heures qui précèdent le coucher. Durant ces mêmes heures il importe également que les malades évitent les conversations longues roulant sur des questions qui les touchent de près ou qui les intéressent par trop vivement. Tous ces petits procédés d’hygiène morale relatifs au travail intellectuel, au temps de repos et d'activité
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mentale à imposer au malade, sont souvent plus efficaces qu'on ne pourrait le penser, elle médecin qui dirige la cure doit se garder de les négliger lorsqu'il en vient à tracer à son malade le programme d'existence qu'il devra suivre pendant la durée du traitement.
Indépendamment de la lecture, il est un certain nombre de distractions qu’il faut non seulement permettre, mais encore conseiller à certaines neurasthéniques. Le dessin, la pratique de la photographie, la musique amusent, égayent ces malades, surtout lorsqu'ils ont acquis un certain talent dans l’exercice de ces arts d'agrément et qu'ils sont susceptibles d’en tirer de sensibles satisfactions d’amour-propre. Mais en ceci comme en toutes choses, il importe de procéder avec modération, d'éviter l’abus et surtout la fatigue.
Il est une règle d’hygiène psychique dont l’importance nous paraît très grande et qui malheureusement est souvent fort difficile à appliquer dans la pratique courante : nous voulons parler du choix de la personne ou du petit nombre de personnes avec lesquelles les malades doivent entrer en contact journalier et avec lesquelles ils sont appelés à s’entretenir. Il n’est pas bon que les neurasthéniques vivent dans la solitude. Ils la recherchent et s’y complaisent bien souvent, soit parce que la présence d’une personne importune leur paresse intellectuelle, leur apathie,
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soit parce qu’elle les gêne dans leurs rêveries, dans leurs méditations tristes, leurs préoccupations hypocondriaques. C’est pourquoi il faut faire en sorte qu’ils aient souvent, disons constamment, près d’eux, durant les promenades et les heures de repos, une personne intelligente, gardemalade ou amie, qui sache habilement les intéresser et les distraire par ses propos, sans les fatiguer toutefois, rôle fort délicat, sans doute; mais on ne peut plus bienfaisant, lorsqu’il est bien rempli. C’est pour cela qu’il est nécessaire d’interdire formellement aux neurasthéniques placés dans les établissements spéciaux, et par conséquent vivant dans le voisinage immédiat d’autres neurasthéniques, le contact et la fréquentation de leurs pareils : la condition s’impose, mais sa réalisation pratique, il faut le reconnaître, est souvent fort difficile. Sur ce point le médecin ne saurait se montrer trop attentif ni trop exercer sa surveillance.
3° Rôle psychothérapique du médecin. — Direction morale. — Suggestion à l’état de veille. — L’influence morale que peut exercer le médecin sur le malade est un élément capital dans le traitement de l’épuisement nerveux. On ne saurait assurément en exagérer l’importance. Elle seule est à même de modifier profondément l'état mental des patients, de réveiller leur énergie, de s’op-
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poser au développement ou d'obtenir la disparition des préoccupations hypocondriaques, des obsessions, des crises d’anxiété dont les malades sont si souvent tourmentés, et par là d’améliorer d'une manière durable leur condition physique; car bien souvent, nous l’avons vu, c’est de l'état moral que procèdent la plupart des symptômes de l’épuisement nerveux.
Pour assurer le succès de ce traitement psychique, pour que cette action réconfortante, suggestive, du médecin sur le patient soit possible et efficace, il faut de toute nécessité que le médecin sache gagner la confiance de son malade et prendre sur lui une autorité incontestée. Pour cela il doit dès la première entrevue écouter patiemment, comme avec intérêt, le récit parfois très long des troubles éprouvés par le neurasthénique, lire attentivement ou garder pour en prendre connaissance « les petits papiers » où celui-ci a consigné la liste et l'exposé analytique de ses souffrances, et enfin faire de sa personne un examen méthodique et complet. Il est bon aussi que dans le cours de l’interrogatoire, ou du moins tandis que le patient procède à la description de son cas, le médecin parfois le prévienne ou le précède en quelque sorte dans son exposé, en lui indiquant tel ou tel symptôme, en précisant les caractères devtel ou tel de ses troubles fonctionnels. Se sentant bien examiné, écouté et compris, le malade
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est (lès lors préparé à tenir pour sincères et justes tous les jugements que le médecin formulera sur la nature de son mal, et par conséquent à accepter sans réserve le traitement qui lui sera prescrit. Le médecin qui veut s’assurer la confiance d’un neurasthénique doit donc l’écouter avec attention, examiner avec soin tous ses organes, et surtout se garder de toute raillerie, de toute réflexion ironique à son égard, quelque étranges que puissent être les doléances ou les confidences qu’il en reçoit. Ce premier point acquis, c’est-à-dire après avoir gagné la confiance du patient, le médecin sera dès lors autorisé à le rassurer sur son état en lui déclarant non pas qu'il n’est point réellement malade ou qu’il n’est qu’un malade imaginaire, mais qu’il n’existe chez lui aucune lésion organique et que, par conséquent, tout en réclamant un traitement sérieux et peut-être de longue durée, l’affection dont il est atteint est parfaitement curable; il peut lui citer des exemples de malades guéris, en un mot cherchera faire naître en lui l’espoir, la croyance en une guérison prochaine. C’est là pour ainsi dire la base du traitement moral des états neurasthéniques.
Pendant tout le cours du traitement, le médecin doit donc, par ses paroles, par son attitude, s'efforcer de maintenir dans l’esprit du patient l’idée qu'il n’est pas en proie à une maladie grave, que ses troubles sont purement fonctionnels et
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qu’avec de la persévérance il parviendra à s’en débarrasser. Iles! évidemment indispensable, pour obtenir ce résultat, de surveiller le malade d’assez près, afin qu’au moindre signe de découragement ou d'impatience on puisse intervenir et remettre les choses en l'état. Et cependant il est bon que le médecin évite de voir trop fréquemment son client : en agissant ainsi il court le risque d’user son autorité, d’émietter son influence : il doit savoir espacer suffisamment ses visites. Il est bon que la venue du médecin soit un peu désirée; elle doit être en quelque sorte pour le neurasthénique, dans le cours de la cure, un événement toujours marquant et qui l'impressionne. C’est pourquoi encore le médecin ne doit jamais se laisser aller à prendre vis-à-vis du malade un ton trop familier : son attitude ne doit pas être faite seulement de commisération et d'attention débonnaire : il y faut aussi de la fermeté et parfois même un peu de raideur Le patient a besoin de sentir en lui une raison supérieure et une volonté forte qui le dirige et lui soit un appui solide dans la réforme morale qu’il est incapable de s’imposer. A ce propos, M. Bouveret a très justement fait remarquer que ce que M. Legrand du Saulle avait si bien dit du traitement de la folie douce est de tous points applicable au traitement d’un certain nombre d’états neurasthéniques : « Si le malade ne reçoit que des consolations banales, et s’il tran-
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sig'O avec vous sur un ou plusieurs points, il s’éloigne désappointé et ne revient jamais. Ce qu'il a tenu essentiellement à rencontrer chez le médecin, c’est une autorité qui commande à sa volonté et la subjugue, et non pas une affabilité raisonneuse qui discute et capitule. »
Ce sont là des indications très générales sur l’attitude que doit prendre le médecin en face des neurasthéniques. Mais il est évident que ses paroles, ses actes, les petits stratagèmes dont il devra user varieront suivant les diverses circonstances particulières. Chaque cas exige une méthode spéciale, et se trouve en quelque sorte justiciable de procédés de suggestion verbale spéciaux. Tous ceux qui ont quelque peu pratiqué cette catégorie de malades savent combien, malgré de très nombreux points de ressemblance, ils sont en réalité différents les uns des autres par leurs tendances, leur sensibilité morale, leur caractère, leur niveau social, leur degré d'intelligence, toutes conditions qui imposent au médecin, pour bien diriger leur traitement psychique, des façons de parler et d’agir on ne peut plus variées. Aussi celui-ci doit-il, avant d’entreprendre le traitement moral d’un neurasthénique, s’enquérir minutieusement non seulement de son histoire, de ses antécédents héréditaires et personnels, mais encore de son entourage, des circonstances dans lesquelles il a versé dans la neurasthénie, des
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origines réelles, morales ou autres, de son épuisement nerveux. De même, lorsqu’il se propose d’agir plus particulièrement contre une idée fixe, une obssession hypocondriaque, il doit savoir remonter, en provoquant sur ce point les confidences du patient, à l’incident, au trouble morbide qui en a été l’amorce. Il sera alors en mesure de démontrer au malade l'inanité de ses craintes en lui faisant comprendre comment son attention s’est fixée sur un trouble réel, mais purement fonctionnel et sans gravité, comment il s’est habitué peu à peu à l'interpréter d’une façon erronée, à lui prêter une importance qu’il n'a pas, une signification qui n’est pas la vraie. Ce procédé qui consiste à retracer au malade d’une manière juste et précise les étapes de ses préoccupations hypocondriaques, et en quelque sorte la genèse de ses obsessions, est bien fait pour l'impressionner. Nous pourrions citer de nombreux exemples de guérison d’idées fixes obtenues par cette méthode. Mais pour qu’elle soit applicable, il est une condition nécessaire, c’est que le neurasthénique soit doué d’une intelligence assez vive. Lorsqu'on est en présence d’un neurasthénique d’esprit pénétrant, ayant un peu ce que l’on pourrait nommer le don de l’observation intérieure, il ne faut pas craindre de le renseigner, de l’éclairer sur l’affection dont il souffre, de lui faire pour ainsi dire toucher du doigt le point de
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départ et l’évolution des idées obsédantes, des craintes, des peurs qui le tourmentent. C’est là, croyons-nous, un bon moyen de l’en débarrasser. Il va sans dire que la conduite à tenir à l’égard des sujets moins bien doués sous le rapport des aptitudes intellectuelles doit être toute différente. Il vaut mieux, dans ces cas, avoir recours aux procédés de suggestion ou de démonstration indirecte dont nous ne saurions évidemment tracera cette place un tableau complet. Prenons seulement un exemple : voici un neurasthénique qui, pour avoir éprouvé quelques douleurs et un certain degré de faiblesse des membres inférieurs, s’est imaginé qu’il était atteint d’une maladie grave de la moelle épinière, de tabes dorsal : on pourra lui démontrer qu’il ne présente aucun des symptômes fondamentaux de celte affection, que sa sensibilité est intacte, que l'occlusion des yeux ne provoque pas chez lui de déséquilibre, que ses réflexes rotuliens sont conservés, que ses pupilles sont égales et réagissent comme il convient. La claustrophobie, la peur des espaces, toutes les phobies, en un mol, sont jus^ticiables de traitements plus ou moins analogues, mais dans le détail desquels nous ne saurions entrer ici, parce que dans la pratique, le mode d’application en est, nous le répétons, on ne peut plus variable. L’action du médecin touchant les causes morales qu’on retrouve si souvent à l'origine
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des états neurasl héniques est des pl us importantes ; mais elle ne saurait non plus être précisée. Pour apaiser des regrets cuisants, des douleurs intimes, pour amener le malade à vivre pour ainsi dire en paix avec lui-même, la conduite et le langage à tenir sont évidemment très particuliers pour chaque cas. C’est là une des parties les plus délicates du rôle dévolu au médecin et qui exige de sa part beaucoup d’initiative, de prudence et de tact, en même temps qu’une connaissance intime du passé et de la personnalité du patient.
3" Suggestion hypnotique. — Assurément, le trouble intime des centres nerveux d’où procèdent les syndromes neurasthéniques ne saurait être supprimé d’une manière durable et complète par quelques séances d’hypnotisme. C’est pourquoi « la méthode hypnotique », que quelques auteurs ont tant prônée dans le traitement des maladies du système nerveux et notamment des névroses, ne peut être raisonnablement proposée comme méthode de traitement général des états neurasthéniques : tous les médecins qui ont suivi des neurasthéniques et constaté la ténacité habituelle de l’épuisement nerveux s’accorderont à le reconnaître. Par contre, il est certain que la suggestion hypnotique peut rendre de réels services lorsqu’elle est mise en œuvre contre tel ou tel accident épisodique et de nature psychique survenu
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dans le cours d’une neurasthénie (obsessions, phobies, etc.). C’est ainsi que M. Bernheim, M. V. Eldcn , ]\î. Forci et beaucoup d’autres auteurs ont obtenu soit l’amélioration, soit la disparition de symptômes neurasthéniques tels que la dépression cérébrale, les préoccupations hypocondriaques , l’insomnie , etc . Mais ici il est nécessaire de bien s’entendre sur la signification des termes état hypnotique et suggestion hypnotique. D’après notre expérience personnelle, les neurasthéniques purs, c’est-à-dire sans mélange d’hystérie, ne sont pas hypnotisables au sens rigoureux du mot. Les états de sommeil que l’on provoque chez eux par les divers procédés usités en pareil cas, ne présentent nullement les caractères essentiels du somnambulisme, l'inconscience, l’oubli au réveil, etc., et de même les suggestions communiquées dans ces états de sommeil ne se développent pas avec cet automatisme complet, cette inconscience, cette indépendance des autres idées personnelles dont la collection constitue le moi conscient, qui sont les traits distinctifs et les caractères nécessaires de la suggestion proprement dite. Cet hypnotisme et ces suggestions ne sont réalisables que chez les hystériques et chez les hystéro-neurasthéniques. Pour qu’ils soient possibles, il faut une altération de la personnalité plus profonde que celle qui existe dans les états neurasthéniques purs, et c’est peut-être là une des
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traces de démarcation les plus sûres entre l’état mental du neurasthénique et l'état mental hvsté rique. On aura donc rarement l'occasion d’obtenir le véritable sommeil hypnotique chez les sujets neurasthéniques. D’ailleurs il n’est pas sans danger d'accoutumer , de dresser en quelque sorte les malades au somnambulisme provoqué ; et nous pourrions citer ici plus d’un cas où une semblable pratique ne fit qu’aggraver l’état névropathique et même détermina manifestement l'apparition de troubles mentaux d’une réelle gravité (délire, confusion mentale). Les « sommeils » que l'on impose généralement aux sujets neurasthéniques et qui correspondent aux premiers degrés de l'hypnose, suivant la classification de M. Bernheim, sont fort différents du somnambulisme provoqué vrai. Les malades ne perdent pas la conscience d’eux-mêmes; ils assistent « à la séance » malgré qu’ils aient les yeux clos et le bon vouloir de s’abstraire et de dormir. Ce sont des dormeurs éveillés. Aussi, lorsqu’ils obéissent, après « le réveil », aux incitations verbables suggestives que le médecin leur a communiquées, n'est-ce pas en vertu d’une suggestion réelle inconsciente et involontaire qu’ils agissent. Le phénomène mental qui se produit chez eux n'a que les apparences de la suggestion; il en est bien différent. Le mot d'ordre qu’ils ont reçu, ils l'ont reçu en toute conscience; il n’a pas échappé
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au contrôle de leur personnalité. Et lorsqu’il s’agit de sujets dociles, convaincus de la supériorité intellectuelle de leur médecin, tout disposés par conséquent à lui obéir, vivement impressionnés parfois par le mot d’hypnotisme et ce qu’ils savent de la chose, on comprend aisément qu’ils acceptent et réalisent la « suggestion » qui leur est donnée. Mais cette suggestion n’est, en dernière analyse, qu’une suggestion à l'état de veille, facilitée peut-être parla croyance du malade en l’eflicacité de ce mode de traitement et par le cérémonial qu'il comporte, pareille, en somme, aux suggestions indirectes que peuvent provoquer tous les agents thérapeutiques usités dans le traitement de la neurasthénie, l’électricité, les plaques métalliques, etc. Cet hypnotisme -là n’offre pas de grands dangers. Il a pu rendre, cela est certain, de réels services, amener par exemple la suppression de quelque trouble psychique survenu au cours de l’épuisement nerveux. Mais les cas dans lesquels il est indiqué d’y avoir recours ont toujours paru assez rares. On peut le plus souvent s’en passer. Les résultats qu’il donne, un médecin quelque peu habile peut les obtenir en s’adressant soit à l’intelligence, soit à la crédulité du patient à l’état de veille
1. Lire : M. de Fleury, Traitement rationnel de la neurasthénie. — Congrès -pour l’avancement des scietices. Besançon,