Erb, Traité d'électrothérapie
2. Ziemssen, Iilinische Vortràge, Leipzig, 1888, cité par Bouveret, in Traité de la neurasthénie, 1891.
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grande surface cle ces électrodes assure la pénétration du courant. Le pôle positif étant placé en arrière et le négatif en avant, on détermine avec le courant continu, en actionnant le commutateur, de fortes contractions des muscles de la paroi et du dos. La durée des séances est de dix à quinze minutes
On a aussi proposé de faire pénétrer une des électrodes dans la cavité même de l’estomac après y avoir introduit une certaine quantité d’eau légèrement salée. Mais cette technique a l'inconvénient d’être difficilement supportée par le malade et doit être rejetée.
Le lavage de l'estomac ne doit pas être érigé en méthode de traitement de l’atonie gastrique, comme semblent le croire quelques médecins. Il faut y avoir recours seulement dans les cas d’atonie avec fermentations acides. Le lavage de la cavité gastrique est assurément un bon moyen thérapeutique, mais dont l’emploi doit être en quelque sorte épisodique, parce qu’il ne s’adresse qu’à une complication intercurrente de l’atonie des parois stomacales, la stase et les fermentations secondaires des débris alimentaires.
La constipation est un symptôme à peu près constant chez les neurasthéniques affectés d’atonie gastro-intestinale. Pour la combattre, il est inutile et même nuisible de prescrire au malade des purgatifs fréquemment répétés. Les lavements, le
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massage du cæcum, l'électrisation dugros intestin seront utilisés avantageusement. Si l'administration d’un purgatif devient nécessaire, il faut s’adresser de préférence non pas aux purgatifs salins qui agissent surtout en produisant des effets exosmotiques et qui engendrent plus que tous les autres la constipation secondaire, mais aux substances purgatives qui excitent les contractions de l’intestin , tels que la rhubarbe, l’huile de ricin, le podophylle, etc. Encore ne doit-on prescrire ces médicaments qu’à de rares intervalles.
Tels sont les agents thérapeutiques et les substances médicamenteuses qui nous paraissent être d’utiles adjuvants de la diététique hygiénique applicable au traitement de l’atonie gastro-intestinale des neurasthéniques.
Neurasthénie et hyperchlorhydrie. — En énumérant les divers états dyspeptiques qui peuvent exister chez les sujets atteints d’épuisement nerveux, nous avons vu que l’hyperchlorhydrie, soit permanente, soit intermittente, s’observait quelquefois associée au syndrome de l'asthénie nerveuse. Les faits de cet ordre sont à la vérité fort rares, et l’on peut dire que dans le groupe de dyspeptiques neurasthéniques comme dans l’ensemble des dyspeptiques, neurasthéniques ou non, l’ana- ou l’hypochlorhydrie est la règle et
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l'hypcrchlorhydrie l'exception. Il n’en est pas moins vrai que tout neurasthénique chez lequel l'analyse méthodique du suc gastrique révèle l'existence de l’hyperchlorhydrie, doit être soumis à un régime alimentaire et à une diététique sensiblement différents de ceux qui conviennent aux neurasthéniques affectés d’atonie gastrointestinale avec réaction normale ou hypochlorhydrie.
Dans les cas d'hyperchlorhydrie simple , il faut naturellement proscrire de l’alimentation tous les ingesta liquides ou solides de nature à stimuler la muqueuse gastrique. Il y a lieu d’interdire le thé, le café, les liqueurs, les sauces et toutes les préparations culinaires fortement épicées, les condiments, etc. Les aliments doivent être salés très modérément. En raison des qualités chimiques de la sécrétion gastrique, les aliments azotés sont les mieux digérés; ce sont eux qui fixent la plus grande quantité d’acide chlorhydrique libre. La plupart des viandes doivent donc entrer dans le régime alimentaire; mais elles devront être préparées simplement, bouillies, rôties ou braisées. Il faut encore recommander aux hypefcblorhydriques les œufs. La plupart des graisses et des amylacés sont en général bien digérés par ces malades et leur régime, malgré la facilité avec laquelle ils digèrent les viandes, ne doit pas être exclusivement
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azoté. J1 doit se rapprocher le plus possible du régime mixte.
L’estomac des neurasthéniques hyperchlorhydriques n’est généralement ni frappé d’atonie ni dilaté. On n' a guère à craindre chez eux la stase et les fermentations acides secondaires ; il n’est donc pas nécessaire de restreindre la quantité des boissons. L’eau pure, le lait largement étendu d’eau, devront être préférés aux boissons alcooliques qui excitent trop vivement l’hypersécrétion de la muqueuse et peuvent, même à très faibles doses, provoquer les douleurs gastriques. Le képhyr et le cidre sont mieux tolérés.
L’action des alcalins est ici éminemment favorable. On doit prescrire de 3 à 6 grammes de bicarbonate de soude après le repas de midi et après le repas du soir. Cette dose peut être administrée en deux prises égales séparées par un intervalle d’une heure; la première sera donnée deux heures environ après le repas, c’est-à-dire au moment où les douleurs gastriques vont apparaître.
Le lavage de l’estomac ne doit pas être employé dans^ le traitement de l’hyperchlorhydrie simple sans hypersécrétion, parce que les phénomènes de rétention et d’ectasie gastrique font défaut dans cet état dyspeptique.
Quanta l’hyperchlorhydrie avec hypersécrétion permanente ou intermittente, elle ne saurait nous
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occuper ici. La maladie de Reichmann est en effet une complication trop exceptionnelle des états neurasthéniques pour que nous puissions, sans dépasser outre mesure les limites de notre sujet, en exposer le traitement et la diététique.
Nous avons jusqu'ici envisagé l'hygiène de l'alimentation et les régimes divers qu’il convient d'imposer aux neurasthéniques dans le but d’atténuer ou de guérir les troubles dyspeptiques habituellement associés à l’épuisement nerveux. Or, la diététique peut être appelée à intervenir, dans le traitement de certains états neurasthéniques, non plus comme un moyen hygiénique destiné seulement à pallier les troubles des fonctions digestives et à assurer ralimentation du malade en dépit même de ces troubles, mais encore comme agent régulateur ou réformateur de la nutrition générale. Dans le chapitre de ce livre qui a trait à l’étiologie de l’épuisement nerveux, nous avons insisté sur l’étroite parenté du nervosisme et de l’arthritisme. Nous aArons vu que la diathèse acide ou urique notamment constituait un terrain particulièrement favorable au développement de la neurasthénie et qu’en outre il y avait des cas dans lesquels le syndrome neurasthénique semblait être apparu sous la seule influence de cette diathèse arthritique. C’est ainsi que la goutte se complique parfois d’asthénie
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nerveuse, non par l’effet d’une pure coïncidence, mais parce que l’état neurasthénique a été engendré et entretenu par la maladie goutteuse elle-même. Il est clair que les faits de cet ordre exigent une thérapeutique hygiénique particulière et que la diététique qu’il convient d’instituer doit être surtout dirigée contre la diathèse urique. De même lorsque la neurasthénie s'associe à l’obésité, il peut y avoir avantage à modifier avant tout la nutrition générale du patient, à le débarrasser de sa surcharge adipeuse. Quels sont donc les régimes alimentaires qu'il faut prescrire en pareil cas?
Goutte et neurasthénie. — C’est seulement lorsque le goutteux neurasthénique ne présente pas de troubles dyspeptiques graves, lorsqu’il est atteint d’atonie gastro-intestinale légère ou d’hyperchlorhydrie simple qu’on est autorisé à lui imposer un régime alimentaire assez sévère pour modifier sa nutrition générale déviée. Dans le cas contraire, il faut de toute nécessité s’efforcer tout d’abord d’améliorer l’état de ses fonctions digestives. Aussi la diététique que nous allons exposer ici est-elle plus particulièrement applicable aux goutteux pléthoriques, vigoureux et ayant encore un bon estomac. Il faut se garder en effet de prescrire même aux goutteux jeunes et robustes une sobriété excessive, un régime dfinanition
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trop rigoureux et il est prudent de ne pas réformer leur alimentation d’une manière trop brusque. En procédant ainsi on courrait le risque de déprimer leurs forces, d’aggraver leur asthénie nerveuse et de transformer en goutte atonique leur goutte demeurée jusqu’alors floride. C’est pourquoi les régimes exclusifs et les cures d’inanition doivent être écartés.
Le régime de Cantani entre autres, qui n’est qu’une cure d’inanition, doit être rejeté. Cantani permet seulement du bouillon, de la viande, des œufs et du poisson, mais en petite quantité. 11 interdit complètement les graisses et les hydrates de carbone et en revanche ordonne les légumes verts en grande abondance. Il recommande enfin aux goutteux de ne jamais manger jusqu’à satiété. Une pareille diététique ne saurait évidemment être suivie longtemps sans affaiblir le malade outre mesure.
Le régime végétarien absolu doit être déconseillé pour les raisons que nous avons déjà indiquées.
Le régime lacté exclusif est un régime d’inanb tion relative. Il peut rendre de réels services, mais il ne saurait être longtemps prolongé. Il doit être prescrit seulement par petites périodes de cinq à six jours. Sous cette forme il constituera une cure utile parce qu’il augmente la sécrétion urinaire et produit un véritable lavage de l’organisme.
Le régime des neurasthéniques goutteux comme celui des neurasthéniques non uricémiques doit être mixte. Les aliments azotés, les graisses et les hydrocarbones doivent entrer dans sa composition; mais il faut réglementer la quantité et la qualité de ces substances alimentaires.
Le goutteux sera très réservé dans la consommation des viandes. Il fera usage des viandes blanches de préférence, qui sont moins excitantes et moins riches en substances albuminoïdes que les viandes rouges. Munk et Uffelmann ont montré que l'albumine d’origine animale ne doit pas dépasser les trois quarts de la quantité d’albumine comprise dans la ration alimentaire. Cette proportion peut être abaissée aux deux tiers et même à la moitié dans le régime des goutteux, mais il sera bon, surtout au début, de prescrire l’ingestion quotidienne d’un litre de lait qui compensera à peu près la perte de substance albuminoïde résultant de la restriction de la viande.
En ce qui concerne les graisses et les hydrates de carbone, la restriction s’impose également (Bouchard); mais l’opportunisme est ici de rigueur. Le rationnement de ces substances doit être proportionné à l’activité déployée, à la dépense de forces réalisée journellement par le malade; celui-ci en tout cas doit conserver un certain
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embonpoint et son poids doit rester en rapport avec sa stature.
D’une manière générale les goutteux doivent user largement des légumes verts, des carottes, des navets, de choux-fleurs, n’user que très modérément de pommes de terre et s’abstenir le plus possible de graines farineuses (lentilles, haricots, pois), de pâtes alimentaires, qui sont beaucoup plus riches en hydrates de carbone.
On doit encore exclure du régime des goutteux les tomates, l’oseille, les épinards, les asperges, la rhubarbe, trop riches en acide oxalique; les cornichons et les divers condiments qui ont macéré dans le vinaigre. M. Lecorché interdit aussi l’usage des groseilles, des fraises, des framboises, des pommes et des poires, qui sont trop acidulés . Il permet les pêches , les prunes et le raisin en petite quantité. Les fruits sucrés et le sucre en général ne seront permis qu’à petites doses.
Boissons. — Y a-t-il avantage à ce que le goutteux neurasthénique absorbe une grande quantité d’eau? L’ingestion de ce liquide favorise-t-elle l’élimination de l’acide urique ou est-elle sans influence sur cette élimination? Les recherches expérimentales entreprises à ce sujet ont conduit leurs auteurs (Geuth et Heuitz, Schœndorff, etc.) à des résultats contradictoires. Quoi qu’il en soit
l’iiygiène du neurasthénique
l’expérience clinique a montré que l’augmentation de la diurèse facilite toujours la dépuration urinaire, et on sait que les cures d’eaux à peu près indifférentes au point de vue de leur minéralisation exercent chez les goutteux une action très favorable. Il faut donc permettre à ces sujets une large ration d’eau pure ou légèrement additionnée de vin de Bordeaux.
Il est nécessaire d’interdire l’usage des vins généreux, des vins de liqueurs, des liqueurs, des bières, du cidre. Le thé et le café seront permis, mais une fois par jour et à dose restreinte.
En ce qui concerne le régime alimentaire des neurasthéniques obèses, on trouvera dans le volume de cette collection consacré à l’obésité, les indications que nous ne saurions donner ici sans sortir du cadre que nous nous sommes tracé.