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CHAPITRE IV

Hydrothérapie.

L'hydrothérapie peut rendre les plus grands services dans le traitement de la neurasthénie. Elle est assurément un des meilleurs agents physiques dont l'hygiène thérapeutique dispose, et il est bien peu de cas d’épuisement nerveux dans lesquels son emploi ne soit formellement indiqué. L’action stimulante et tonique que les applications froides exercent sur les centres nerveux et par l’intermédiaire de ces centres sur l’organisme tout entier, est particulièrement bienfaisante aux sujets atteints d’asthénie nerveuse. Bien que « l’état de faiblesse irritable » qui caractérise cette névrose se manifeste tantôt par des signes d’asthénie, tantôt par des phénomènes d’éréthisme ou d'excitation, l’hydrothérapie et son influence stimulatrice n’en restent pas moins toujours indiquées pour combattre ces deux ordres de symptômes, puisqu’ils ne sont opposés qu’en appa-

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ronce cl qu'ils dérivent de la même cause, la débilité des centres nerveux.

Cependant, tous les procédés de l’hydrothérapie ne conviennent pas indifféremment au traitement de l’épuisement nerveux. En général les neurasthéniques supportent mal les excitations violentes et les soustractions de calorique trop prononcées. Les procédés les plus doux sont de beaucoup préférables, et parmi ceux qui nous paraissent donner les résultats les plus profonds et les plus durables nous citerons les lotions, l’enveloppement dans le drap mouillé, et la douche froide mobile au jet brisé. Mais il ne suffit pas de prescrire telle ou telle méthode d’hydrothérapie, il faut aussi savoir comment on devra l’appliquer.

Drap mouillé avec frictions. — L’enveloppement dans le clrap mouillé peut être prescrit sans danger dans toutes les formes de la neurasthénie. On se sert d’un drap très dur que l’on trempe dans de l’eau de 20 à 25° et que l'on tord fortement. Quand le drap est ainsi préparé (le malade s’étant dépouillé de tous ses vêtements et se tenant debout) on le déploie et on le jette rapidement sur les épaules et le dos du patient en ayant soin de ramener les bords en avant sur la poitrine, l’abdomen et les membres. Aussitôt on pratique, avec la main appliquée sur le drap mouillé, des frictions régulières sur toute l’étendue

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du tégument, pendant une ou deux minutes; cela fait, et le drap étant cnleA’é, on essuie rapidement le malade avec un autre drap sec et légèrement chauffé en le frictionnant de nouveau méthodiquement. Il s'habille ensuite et marche de façon à favoriser la réaction, ou, s’il est trop faible, il se met au lit pendant une heure et la réaction ne tarde pas à se produire. Les jours suivants, on peut abaisser progressivement la température de l’eau jusqu’à 15 ou 16 degrés. C’est là sans doute un des procédés hydrothérapiques les plus doux, mais il est cependant suffisamment efficace et son emploi est particulièrement recommandable dans les états neurasthéniques où il est indiqué de tonifier les centres nerveux, en évitant d’exciter trop violemment les nerfs périphériques. Ce procédé présente encore cet avantage pratique, c’est qu’il peut être employé à domicile et ne nécessite aucune installation particulière.

Drap mouillé ruisselant sans frictions. — Ce procédé consiste essentiellement à envelopper le patient dans un drap trempé dans l'eau froide mais non tordu, pendant une ou deux minutes, et à le frictionner ensuite légèrement avec un drap sec. Comme le précédent ce procédé produit une action tonique et sédative, mais il est moins excitant. Il constitue en somme un excellent moyen d’entraînement, et de préparation qu’on utilisera

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avec avantage toutes les fois que le malade ne supportera pas d’emblée la douche ou les frictions au drap mouillé et préalablement tordu.

Lotions froides. — Les lotions froides pratiquées dans le tub , avec une grosse éponge imbibée d’eau de thermalité plus ou moins élevée, peuvent aussi être employées soit pour entraîner le malade à la douche, soit pour continuer à domicile un traitement commencé dans un établissement.

Douches froides. — La douche froide , mobile, en jet brisé, est beaucoup plus active que l’enveloppement. C’est le procédé de choix qu’il faut prescrire et appliquer à tous les malades qui peuvent se rendre chaque jour dans un établissement hydrothérapique. Le jet brisé doit atteindre d’abord les pieds et les mollets, la surface postérieure du corps, mais en ayant soin de ménager la nuque et la tête. Puis le malade se retourne et on asperge les parties antérieures. On termine en dirigeant le jet, sans le briser, sur les pieds pendant quelques secondes. La durée de la douche doit être très courte, elle ne doit pas dépasser 30 secondes, et si l’eau est très froide d’une température inférieure à 10°, 6 ou 8 secondes suffiront, au moins au début du traitement, pour produire l'action thérapeutique voulue. « Une douche trop courte n'a jamais d'in-

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eonvénient; une douche trop longue est toujours dangereuse » (Fleury).

Il faut cependant à ce sujet tenir compte de la facilité et de la rapidité plus ou moins grande avec laquelle le sujet réagit et ne pas oublier que la durée de la douche doit être en somme proportionnelle à la sensibilité de chaque malade et à son degré d’entraînement.

Après la douche le malade est essuyé, frictionné et se livre à un exercice modéré, afin de faciliter la réaction.

Les pratiques hydrothérapiques que nous venons d'indiquer doivent, pour produire tout leur effet thérapeutique, être continuées pendant une période de temps suffisamment prolongée. Un, deux et trois mois sont généralement nécessaires pour conduire la cure au résultat désiré. Quel que soit le procédé utilisé, enveloppement, lotion ou douche froide, il ne faut pas soumettre le patient à plus de deux applications quotidiennes. On se bornera dans la plupart des cas à un enveloppement ou à une douche administrée le matin aussitôt après le réveil : c’est l’heure la plus favorable. Telle est la méthode qui nous paraît devoir être suivie dans le traitement du plus grand nombre des neurasthéniques. Mais les susceptibilités indhdduelles des malades, la coexistence de certains états diathésiques en rendent parfois l’application malaisée, sinon impossible.

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Ce sont ces difficultés inhérentes à l’étal particulier de chaque sujet et les indications spéciales qui en découlent que nous allons maintenant examiner.

Lorsqu’on croit devoir soumettre à l’emploi de la douche froide un neurasthénique qui accuse une répugnance accentuée à l’égard de ce procédé hydrothérapique, il est nécessaire, avant de lui appliquer la douche froide à 8 ou 10 degrés, de l’entraîner en quelque sorte en usant tout d’abord de procédés moins rigoureux. Il serait en effet imprudent de ne tenir compte ni de sa pusillanimité, qui est souvent très grande, ni de son impressionnabilité physique qui est quelquefois très réelle. En le soumettant sans transition et sans ménagement à la douche très froide ou froide (15° et au-dessous) on s’exposerait à aggraver momentanément son état, à lui inspirer une aversion désormais insurmontable pour l'hydrothérapie et partant à le priver d’une action thérapeutique bienfaisante. On peut tâter la sensibilité du patient en se servant d’emblée de la douche froide, mais la durée devra en être très courte (2 à 5 secondes au plus). L’épreuve faite, on aura recours, pour acclimater les sujets que l’eau froide impressionne par trop vivement, soit à la douche chaude ou tiède dont on abaissera progressivement le degré thérapeutique, soit à la douche écossaise. Le premier de ces deux procédés a été l'objet de

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