‹ L'hygiène du neurasthénique (volume 2)Chapitre 47 sur 55 · CLIMATOTHÉRAPIE. — CHOIX L)’UNE STATION · texte numérisé non relu

CLIMATOTHÉRAPIE. — CHOIX L)’UNE STATION

sions qui les fatigueraient sans profit. Seuls, les cérébrasthéniques, qui ont conservé toute leur force musculaire, qui sont capables de marcher, d’accomplir des promenades un peu longues sans en éprouver trop de fatigue, pourront tirer avantage d’un voyage prudemment conduit. La diversité des images qui se déroulent devant leurs yeux, les impressions nouvelles et agréables qu’ils éprouvent au cours de leurs déplacements agissent favorablement sur leur esprit en modifiant leurs dispositions morales. Mais encore faut-il que ces malades n’abusent pas des excursions, qu’ils évitent tout excès de fatigue physique et surtout qu’ils n’emportent pas avec eux, en quittant leur domicile, les préoccupations et les soucis dont il faudrait précisément les distraire. Malheureusement cette dernière condition, si importante, est souvent bien difficile à réaliser. A quoi bon conseiller un voyage lointain et de longue durée, par exemple, à un commercant, à un industriel, s'il abandonne à contrecœur u sa maison », si l’inquiétude et la crainte d'une mauvaise gestion de ses affaires l’accompagnent? Par contre voici un sujet qui a été frappé de neurasthénie cérébrale à la suite d’excès, de surmenage ou de quelque deuil se rattachant à un événement définitif et sur lequel il n’y a plus à revenir; s’il part sans regret, ne laissant derrière lui aucun sujet d’inquiétude, emportant en

i/iiygiène du neurasthénique

quelque sorte toute sa peine morale, ce malade ne pourra que bénéficier d'un voyage à long cours, qui l’éloignera pour longtemps du milieu dans lequel sa maladie s’est développée. Mais dans la majorité des cas ce sont plutôt les petits voyages qui sont indiqués. Beard, Ziemssen recommandent aussi les déplacements de courte durée dans un site bien choisi et pas trop éloigné. « A tous ces cérébrasthéniques dont le cerveau souffre d’un travail intensif et de vives préoccupations, écrit M. Bouveret, je prescris d’aller passer quelques jours ou quelques semaines dans les montagnes de la Suisse ou du Dauphiné pendant l’été, au bord de la Méditerranée pendant l’hiver. Us n’abandonnent pas complètement leurs affaires; ils les quittent volontiers pour quelques jours. Ils vont se reposer sans emporter avec eux le souci de sentir leurs entreprises péricliter pendant une longue absence. Arrivés au but du voyage, ils y passent quelques jours dans le calme et le repos du corps et de l’esprit. » Ce conseil nous paraît excellent, car un voyage de ce genre peut être effectué deux ou plusieurs fois chaque année sans grand dommage pour les occupations professionnelles. Mais il faut interdire aux malades de se livrer durant leurs villégiatures à des marches trop prolongées, à des excursions trop fréquentes. Ils doivent absolument éviter toute fatigue physique.

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