‹ L'hygiène du neurasthénique (volume 2)Chapitre 50 sur 55 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Traitement hygiénique de la neurasthénie

génitale.

Le traitement de celte forme doit tendre plus particulièrement à améliorer l’élat physiologique de l’appareil génital et surtout à modifier l’état mental toujours profondément troublé du patient. Le traitement local a ici une grande importance. Beard, dans sa monographie sur la neurasthénie génitale, insiste longuement sur ce point. Il convient en effet de tarir l'écoulement urétral lorsqu’une blennorrhée chronique a été le point de départ des troubles nerveux, de traiter le catarrhe prostatique, de combattre suivant les cas soit l’hyperexcitabilité des centres de l’érection ou de l'éjaculation, soit l’atonie de ces organes. Mais il nous paraît indispensable d’instituer dès la première heure le traitement psychique du sujet. Il faut agir aussi énergiquement que possible sur son état mental, parce que cet état mental tient sous sa dépendance et régit une bonne part des troubles fonc-

traitement de la neurasthénie génitale

tionnels clés organes génitaux. Le traitement psychique du malade doit selon nous précéder l’application des divers procédés destinés à agir sur l'état local; sans cela il arrivera fréquemment que tous les soins qui seront prescrits dans le but d'atténuer l'irritabilité ou d’accroître la tonicité de l’appareil génital ne feront qu’aggraver l’inquié- (ude du patient en accentuant sa croyance dans la gravité ou l’incurabilité de ses troubles fonctionnels. Si l'on ne prend pas soin de préparer l’esprit du malade avant de le soumettre aux manœuvres locales hydrothérapiques ou électrothérapiques indiquées en pareil cas, on court le risque de cultiver au lieu de les combattre ses préoccupations hypocondriaques, d’augmenter son impuissance génitale, en un mot d’aboutir à un résultat précisément inverse de celui qu’on se proposait d’obtenir.

Les malades dont il s'agit ici sont constamment abattus; leur esprit est dominé par un sentiment d'infériorité humiliante, et leur tristesse est mêlée de quelque honte. Masturbateurs, ils se croient incapables de renoncer désormais à leurs fâcheuses habitudes; ceux qui ont versé dans la neurasthénie pour avoir abusé des plaisirs sexuels , ceux qui sont atteints d'impuissance relative se croient menacés de la perte irrémédiable de leur virilité, ou bien encore d’une maladie incurable de la moelle épinière; les pertes séminales, les

écoulements de liquide prostatique auxquels ils sont fréquemment sujets, les affectent vivement; les uns s’imaginent que ces évacuations les épuisent; d’autres qu’elles ont pour origine quelque grave lésion des organes profonds, et quand ces syndromes se développent chez des jeunes gens qui sont à même de se marier plus ou moins prochainement, le désarroi moral qui s’ensuit est. complet. Le médecin doit s’efforcer de rassurer ces malades; leur expliquer que les troubles fonctionnels dont ils souffrent sont parfaitement curables, leur faire comprendre la part que prenaient leur disposition d’esprit, leurs préoccupations mentales dans le développement et l’entretien de ces troubles. L’impuissance relative qui accompagne parfois les phénomènes d’excitation de la période initiale est d’ordre psychique ; il faut rassurer les sujets qui en sont atteints, en leur rappelant qu’ils sont capables, lorsqu’ils sont seuls, d’entrer en érection, et que la cause de leur impuissance, au moment du coït, réside surtout dans la crainte et l’agitation morales avec lesquelles ils abordent l’acte génital. Quant aux neurasthéniques frappés d’atonie génitale réelle et d’impuissance absolue, il nous paraît indiqué, afin de combattre les vives préoccupations hypocondriaques dont cette impuissance est la source, de leur prouver, comme le conseille M. Ullzmann, qu’ils sont encore capables de fortes érections. On

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