DÉFINITION ET NATURE
dilatoire, digestif et génito-urinaire. Il est aisé de comprendre par là combien grande est la diversité des troubles fonctionnels qu’on observe chez les neurasthéniques. Comme les symptômes peuvent s’associer chez les différents sujets de manières fort dissemblables, il s’ensuit que la maladie se présente en clinique sous des formes variées et nombreuses. Et cependant quelle que soit la multiplicité des syndromes et des causes qui les engendrent, il y a entre tous ces états d’asthénie nerveuse des relations et des analogies de caractères qui assurent et légitiment l’autonomie de la névrose. Les symptômes fondamentaux de cette affection sont multiples : une céphalée d’un caractère spécial, l'insomnie, l'asthénie musculaire, la rachialgie, un état mental particulier et enfin la dyspepsie par atonie gastro-intestinale. Ces signes cardinaux réunis en plus ou moins grand nombre caractérisent l’état nerveux décrit par Beard, qui ne se peut confondre avec aucun autre complexus névropathique; telle est à peu près la formule générale de la neurasthénie telle qu’on la conçoit aujourd'hui.
Cette conception, qui subordonne à un état spécial de faiblesse et d’irritabilité des éléments nerveux l'ensemble des troubles constitutifs de l’affection n’a pas été acceptée par tous les cliniciens : on a cherché à mettre sous la dépendance de certains troubles viscéraux les divers symptômes
l’hygiène du neurasthénique
de la maladie. C’est ainsi qu’on a voulu voir dans le trouble des fonctions digestives le point de départ de l’état névropathique et l’on a pensé que la dyspepsie, parla perturbation quelle jette dans la nutrition, pouvait être la cause première et fondamentale de l’épuisement nerveux. D’autres ont incriminé les lésions de l’appareil génitourinaire, les excès génésiques. Enfin on a soutenu que la faiblesse des centres nerveux pouvait être la conséquence d’un état d’appauvrissement du sang, comme si l’asthénie nerveuse était nécessairement associée à l’anémie. Nous aurons à discuter ultérieurement ces diverses théories qui visent à élucider la pathogénie encore obscure de la névrose : nous verrons alors quelle est la part de vérité qu’elles peuvent contenir. Mais nous devons dire dès maintenant que dans la plupart des cas ces systèmes pathogéniques se trouvent contredits par l’observation directe des faits. Il Semble bien que l’atonie gastro-intestinale et les troubles génito-urinaires soient plus souvent l’effet que la cause de l’affection. En ce qui concerne l’anémie, la neurasthénie assurément en est indépendante : combien de neurasthéniques ont le teint coloré, un sang normal et tous les attributs extérieurs d’une santé florissante. Aussi bien tous les troubles fonctionnels observés chez ces malades paraissent-ils' commandés le plus souvent par l’altération primordiale des éléments nerveux