‹ L'hygiène du neurasthéniqueChapitre 25 sur 76 · Cilé par M. Guyau, loco cil., p · texte numérisé non relu

Cilé par M. Guyau, loco cil., p

quand, tenant un compte suffisant de l'intelligence humaine, on cherche à découvrir les causes physiques des défauts et des vices dans les enfants qui à certains moments de leur développement, sont si près des animaux, je suis persuadé qu'on peut arriver à des conséquences pratiques d'un haut intérêt.... En général, toutes les fois qu'on rassemble et qu’on fait vivre en domesticité restreinte des animaux d’un même sexe et surtout du sexe masculin, on remarque d'abord une grande excitation des instincts de reproduction et ensuite une perversion redoutable de ces mêmes instinct-. Mettez-vous au contraire soit en troupeaux, soit en liberté complète, ces animaux destinés à vivre en société, vous voyez tout de suite dominer les caractères normaux de l’animal.... Ce qui se passe dans un troupeau se passe également dans une réunion d’enfants mâles, quelle qu’elle soit, élevée par qui que ce soit, défendue par les règles de la surveillance la plus étroite, fùt-elle de jour et de nuit. L’inconvénient le plus grave de ces vices, pour la société, c’est le développement exagéré, entre vingt et trente ans, des facultés génésiques, d'où naissent la débauche et la lubricité.... »

Il est évident que tous ces défauts, tous ces péchés d'hygiène inhérents pour ainsi dire à la vie des collèges, ne sauraient être compensés par

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l’avantage du « redressement mutuel des caractères » dont parlent les partisans de l'internat. Le pensionnat dans les lycées et collèges, l’internat en un mot, devrait donc être interdit aux enfants issus de nerveux, et c’est l’externat qu’il faudrait surtout recommander. Malheureusement, si l’internat est un mal, il est un mal nécessaire, parce qu’il est pour beaucoup de parents, fixés loin des grandes villes, le seul moyen de faire instruire leurs enfants. Il faudrait donc le perfectionner. On pourrait encore avoir recours, pour l’instruction des enfants prédisposés au nervosisme héréditaire, au système familial depuis longtemps en pratique dans quelques écoles d’Angleterre et dans la plupart des villes d’Allemagne. « Actuellement, dit Michel Bréal, qui a fait de ces questions d'organisation scolaire une étude des plus intéressantes, sur mille élèves fréquentant les gymnases allemands, il n’y en a pas cent qui soient placés hors de la famille. » Les enfants sont confiés à quelque famille honorable qui, moyennant une rétribution souvent modeste, leur assure le vivre et le couvert. Ils ont leur place à la table et au foyer familial et ne se rendent au gymnase que pour y recevoir l’instruction, aux heures de classe. Ce système existait aussi en France autrefois : dans ses souvenirs d’enfance et de jeunesse, Renan raconte que le

collège où il reçut ses premières leçons « donnait l’éducation à toute la jeunesse de la petite ville et des campagnes dans un rayon de six ou huit lieues à la ronde. Il comptait très peu d'internes, écrit-il. Les jeunes gens, quand ils n'avaient pas leurs parents dans la ville, demeuraient chez les habitants, dont plusieurs trouvaient dans l'exercice de l’hospitalité, de petits bénéfices.... Ce système était celui du moyen âge. C’est encore celui de l'Angleterre et de l'Allemagne, pays si avancés pour tout ce qui louche aux questions d’éducation. »

II. Exercices physiques. Gymnastique. — Quelle est la meilleure gymnastique pour les enfants et les écoliers? — Les jeunes enfants élevés à la campagne, mis en liberté après les heures d'études, trouvent toujours dans le milieu où ils sont placés de l’espace pour s’ébattre et des motifs attrayants de course, de jeux on ne peut plus variés. Les longues promenades en terrain accidenté, les poursuites, les mille jeux enfin auxquels ils se livrent, constituent une gymnastique naturelle, parfaite, et qui au point de vue hygiénique ne laisse rien à désirer. Mais quels son! les exercices physiques qu'il convient de prescrire aux écoliers des villes que la surcharge des programmes d’étude condamne à une sédentarité excessive et parfois au

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surmenage cérébral? C’est là une question d’hygiène du plus haut intérêt.

En 1887, au cours de la campagne qui fut menée contre le surmenage scolaire, l’Académie de médecine fut invitée officiellement à donner son avis sur l'étendue du mal et sur la nature des remèdes qu’il conviendrait d’y apporter. Elle formula à ce sujet une série de conclusions, dont l’une vise spécialement les exercices du corps : « Nécessité impérieuse de soumettre tous les élèves à des exercices quotidiens d’entraînement physique proportionnés à leur âge (marches, course, saut, formations, développements, mouvements réglés et prescrits, gymnastique avec appareils, exercices de tout genre, jeux de force, etc.). » Or, ces différents exercices, que l’Académie recommande en bloc, n’ont pas une valeur hygiénique uniforme; ils sont susceptibles de produire des effets physiologiques fort dissemblables et l’on ne saurait, sans de sérieux inconvénients, prescrire indifféremment tel ou tel de ces genres d'exercices aux enfants débiles ou particulièrement excitables dont nous nous occupons ici. La nécessité d’un choix raisonné s’impose. Fernand Lagrange1, dont la compétence pour tout ce qui touche à la physiologie des exercices

1. Fernand Lagrange, Physiologie cle? exçrcice? du corps. Paria, 1888,

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du corps est universellement reconnue, a fait à ce propos une série de remarques d’une originalité el d’une justesse incontestables. Il est certain que personne, avant lui, ne s’était demandé si les méthodes de gymnastique les plus en honneur aujourd'hui, et notamment celles préconisées par l’Académie de médecine, « mouvements réglés et prescrits, gymnastique avec appareils, exercices de tout genre », étaient bien les plus capables de donner aux muscles des écoliers l’activité qui leur manque, sans imposer un surcroît de fatigue à leur cerveau déjà plus ou moins surmené. Les études auxquelles F. Lagrange s’est livré à ce sujet, l’ont conduit précisément à reconnaître que dans la plupart des modes d’exercices en usage dans les lycées et collèges, le cerveau est obligé d’entrer en jeu et de travailler autant que les muscles. Le jeu des armes est le type des exercices qui fatiguent bien plus les centres nerveux que la musculature des membres. Durant l’assaut le tireur se tient constamment aux aguets. Alors même qu’il semble être au repos, son cerveau et ses nerfs sont sous le coup d'une tension excessive. L’esprit toujours en éveil, dans un effort d’attention soutenue, guette le moment de l’attaque ou de la rispolc. Tous les muscles sont maintenus dans un état d’excitation latente, qui n’est plus le repos cl qui n'est pas encore le mou-

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vement. On conçoit aisément que ce travail de coordination préalable exige une grande dépense de force nerveuse, et « celte dépense acquiert quelquefois des proportions plus grandes encore dans certaines phases du jeu où l’on doit exécuter non plus un mouvement simple, tel que l’extension du bras en droite ligne, mais une série d’actes musculaires combinés, tels qu’une parade composée, suivie d’une riposte. Dans ce cas il faut qu’à un moment donné plusieurs mouvements compliqués se succèden-t rapidement et se confondent en un seul acte musculaire aussi précis que soudain. L'exécution d'une phase d’escrime prend alors tout à fait le caractère d’une opération intellectuelle ». C’est, en d'autres termes, un travail « de tète » que le tireur accomplit et ceux qui connaissent, pour l’avoir éprouvée, la sensation de fatigue nerveuse qui succède aux séances d’escrime, conviendront qu’elle ressemble non pas à l’accablement qu’on ressent après une grosse dépense de force matérielle, mais à l'épuisement qui suit, dans l'ordre moral, tout effort soutenu de la volonté, « quand, par exemple, on a lutté longtemps pour repousser la pression d’une volonté étrangère, ou bien quand on a tenu l’esprit énergiquement tendu sur la solution d’un problème difficile ». Lorsqu'elle est poussée trop loin, cette fatigue ner-

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veuse peut se traduire encore par une surexcitation passagère s’accompagnant parfois d’insomnie. C’est pourquoi l’escrime au fleuret, le jeu du bâton, la boxe et tous les exercices de même ordre qui impliquent une lutte, ne sauraient convenir aux enfants dont le cerveau travaille et notamment à ceux qui, doués d’un tempérament nerveux, sont facilement excitables. Ils s'opposent, il est vrai, aux effets de la sédentarité, mais ils ébranlent trop vivement le système nerveux et, au lieu de reposer l’esprit, aident au surmenage cérébral.

La gymnastique d'agrès, c'est-à-dire les exercices qui se pratiquent au trapèze, à la barre fixe, aux anneaux, aux barres parallèles, présente aussi de sérieux inconvénients. Elle est en général peu attrayanLe. Elle ne met guère enjeu que la musculature des bras; elle peut donner lieu à des déformations (développement excessif des muscles de l’épaule et des bras, déviations de la colonne vertébrale, voussure du dos). Les mouvements qu’elle exige sont surtout des mouvements difficiles, de véritables tours de force. Or les effets généraux d’un exercice sont proportionnels à la dépense de force que nécessite cet exercice et non aux difficultés que présentent les détails de son exécution. La plupart des mouvements que les élèves des lycées s’efforcent d’exécuter pendant « la classe

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de gymnastique », sous l’œil de leurs moniteurs, demandent en effet plus de science que de travail musculaire, et leur difficulté consiste surtout à trouver par tâtonnements ou par méthode les muscles qu'il faut faire agir. On ne doit donc pas, en se plaçant au point de vue hygiénique, donner la préférence à ces exercices qui ne sont que savants, et délaisser, comme on le fait, les exercices véritablement violents mais dans lesquels la force musculaire se dépense sans qu’il soit besoin d’en calculer laborieusement l’emploi; la gymnastique telle qu’elle s 'enseigne aujourd’hui en France dans nos établissements d’éducation, demande à celui qui s’y livre un véritable travail d’esprit et met en jeu bien plus ses facultés psychiques que sa force musculaire. Les sujets dont le cerveau subit déjà d’assez fortes dépenses par le fait du travail intellectuel, ne sont donc pas ceux auxquels conviennent les exercices difficiles. Nous venons de voir quels sont les exercices du corps qu’il faut éliminer du programme d’éducation physique. Voyons maintenant quels sont ceux qu’il faut recommander aux enfants et aux jeunes gens entachés de nervosisme ou d’arthritisme et que nous avons surtout en vue. Ces exercices doivent réunir les différents caractères que voici : a. Ils doivent être faciles, en d'autres termes, ne

Ballet. — Ilyg. du ncurasth.

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