CHAPITRE I GÉNÉRALITÉS
Dans le chapitre précédent consacré à l’hygiène prophylactique, nous avons dû nous borner à indiquer les principes qui devraient régir, selon nous, l'éducation physique et morale des sujets héréditairement prédisposés à l’asthénie nerveuse. C’est en effet dans une bonne éducation que nous paraît résider la prophylaxie la plus sûre de l’épuisement nerveux. L’âge adulte, qui est celui de la lutte pour la vie, est fatalement exposé aux multiples et diverses influences productrices des états neurasthéniques : les soucis, les passions, les revers, les maladies sont autant de causes, que le meilleur code d’hygiène prophylactique ne saurait sup-
primer : les règles prohibitives qu'on pourrait formuler contre elles n'auraient aucune valeur pratique parce que ces éléments étiologiques font partie intégrante de la vie elle-même. Aussi le seul parti possible est-il de préparer les hommes, par une éducation forte, à en supporter victorieusement le choc.
Nous devons maintenant étudier les différents moyens d’ordre hygiénique que l'on peut mettre en œuvre lorsqu’on se propose d'obtenir la guérison des états neurasthéniques confirmés. L'expérience a montré que le meilleur traitement de la neurasthénie est celui qui consiste en une sage réglementation de l'hygiène du malade. C'est en effet à la mise en œuvre méthodiquement combinée des divers agents dont l’hygiène dispose, qu'il convient de recourir à peu près exclusivement dans la très grande majorité des cas; la médication pharmaceutique ne doit jouer ici qu’un rôle tout à fait secondaire. Nous montrerons d'ailleurs que l'emploi des substances médicamenteuses est souvent plus nuisible qu'utile, qu’il peut tout au moins contrarier l'action de la thérapeutique hygiénique, et nous rechercherons dans quelle mesure il est susceptible d’aider à l’influence curative de cette dernière, qui doit toujours constituer la partie essentielle cl fondamentale du traitement.
GÉNÉRALITÉS
Les causes de la neurasthénie et les modalités cliniques qu’elle peut revêtir sont, nous l’avons vu, extrêmement nombreuses et il est clair que la formule des prescriptions hygiéniques qui conviennent à chaque cas particulier est elle-même variable, qu'elle peu! différer sensiblement d’un sujet à un autre. C'est pourquoi, nous ne saurions trop le répéter, il est indispensable de préciser pour chaque malade, par une enquête approfondie, les causes réelles de son affection, les troubles fonctionnels par lesquels elle s’accuse el le degré d’importance de chacun d’eux. Cela étant dit, il est évident que nous ne saurions indiquer ici en détail toutes les variantes de traitement que la diversité des cas cliniques comporte. Aussi nous bornerons-nous à exposer : 1° l’hygiène générale des neurasthéniques, en ayant plus particulièrement en vue la neurasthénie cérébro-spinale qui répond en réalité au type le plus commun de la névrose, et 2° les indications thérapeutiques spéciales à quelquesunes de ses principales formes cliniques.
Dans les chapitres relatifs à l’hygiène générale des neurasthéniques, nous rechercherons successivement quelle doit être l’alimentation des malades, quels climats leur sont plus particulièrement favorables, quels avantages ils peuvent retirer de l’hydrothérapie, du massage et des exercices gym-
nastiques; enfin, el c’est par là que nous commencerons quelle doil être l’hygiène morale ou, si l'on peut ainsi dire, la diététique mentale de cette catégorie de sujets.