Combe, Arch. de Mëdcc. des enfants, janv. el fev
REGIME ALIMENTAIRE
séparer, en les alternant, les repas solides et les repas liquides. C’est ainsi qu’on peut conseiller
6 repas par jour : 3 repas solides (7 h. 1/2, 12 h. 1/2,
7 h. 1/2 du soir), et 3 repas liquides (10 h., 3 h. 1/2, 4 heures du soir).
Enfin, quand on associe aux farineux les aliments azotés autres que le lait et les œufs, c’est-à-dire la Mande, on doit avoir soin de prendre environ cinq fois autant d’hydrocarbures que d’albuminoïdes.
Ce régime, qui réussit bien dans les entérites des entants et des adultes, donne aussi de bons résultats dans les cas d entérite muco-membraneuse accompagnée de fermentations putrides. Mais dans son administration on se bute assez souvent, chez les neurasthéniques, à des objections qui tiennent à la dilficulté qu a l’estomac à digérer les féculents . les malades se plaignent souvent que les aliments de cette nature les « gonflent », les « étouffent », et on est obligé de composer avec eux. D’autre part, quand l’estomac est atone, ce (pii est fréquent, la digestion étant très lente, il faut laisser entre les repas des intervalles assez longs, ce qui exclut la possibilité des repas m ultiples.
Je formule d’ordinaire de la façon suivante le régime chez les neurasthéniques atteints de colite membraneuse avec phénomènes de fermentations intestinales :
l’hygiène du neu k asthénique
1° Dans les cas où l’état saburral de la langue est très accusé, où il y a perle d’appétit, ballonnement du ventre, crises douloureuses vives et fréquentes, débâcles intestinales avec fausses membranes abondantes et selles putrides, régime lacté exclusif, le lait étant pris au gré du malade, soit par petites doses souvent répétées, soit par doses plus fortes et plus rares; ou mieux régime exclusif du képhir n° 2, dont on donne de 4 à 6 verres par jour. Peu de malades en tolèrent davantage.
Si le lait ou le képhir sont mal supportés, ce qui arrive, on peut les remplacer par des potages à l’eau et aux farines additionnés ou non d’un peu de lait et dont on donne de 2 à 4 dans la journée. Ce régime suppose le repos au lit, ou au moins à la chambre.
2° Quand les douleurs sont moins vives, les débâcles moins pénibles, le ventre moins tendu, que le malade ait été mis ou non antérieurement au régime précédent, on prescrit le régime lactofarineux de la façon suivante :
a) l1'1' déjeuner à 8 heures. — Képhir ou lait, pur ou additionné d’un peu de café ou de thé; gâteau sec ou biscotte, ou croûte de pain grillée avec un peu de beurre frais, ou bouillie épaisse aux farines.
b) Midi. — Déjeuner composé de deux plats et d’un dessert, choisis parmi les aliments sui-
RÉGIME ALIMENTAIRE
vants : bouillies épaisses aux farines, purées de pommes de terre, de pois secs, de lentilles à l’eau, avec beurre frais; pomme de terre au four, riz, macaroni, nouilles, pudding, fromage frais, compotes de fruits peu sucrées.
A la rigueur, deux jaunes d'œuf.
Pain grillé ou biscottes.
c) A 4 heures. — Képhir, ou lait (avec café ou thé), ou cacao à l’eau.
d) A 7 heures. — Même repas qu’à midi.
Pas de boisson aux repas du midi et du soir, mais latitude de prendre, à 10 heures et le soir en se couchant, un verre d’eau d’Alet, d’Évian ou d’une bonne eau de source légère.
4° A la phase où les phénomènes de fermentation intestinale sont encore plus atténués, on permet, au repas de midi d’abord, puis de midi et du soir, l’adjonction d'un peu de viande (mouton ou bœuf grillés, jambon maigre, poulet chaud ou froid, bœuf à la mode froid), mais en recommandant que le plat de viande soit accompagné d'un plat copieux (4 ou 5 fois aussi copieux) de purées de légumes, de riz ou de macaroni.
Ces régimes ne constituent d’ailleurs que des indications modifiables suivant les circonstances. En pareille matière il faut avoir des notions directrices auxquelles on doit se conformer le plus pos-
sible sans jamais perdre de vue que 1 organisme vivant n’est pas une cornue et que, chez les neurasthéniques surtout, on aura à compter avec des questions de goût, de répugnance, d’appétit, de réactions gastriques vis-à-vis des aliments, qui obligent de conformer ses prescriptions aux particularités et aux indications spéciales de chaque cas. Savoir le faire, c’est là ce qui distingue le bon médecin.
Pour terminer, je dois dire quelques mots des moyens qui, en dehors du régime, permettent, chez les malades affectés de colite membraneuse douloureuse, de calmer les souffrances. On aura fréquemment à s'y employer, car outre que ces souffrances sont souvent fort vives, elles déterminent chez les malades, d’ordinaire déjà fort impressionnables, des réactions qui se traduisent par de l'insomnie, de la désespérance, des idées noires. Les applications de compresses chaudes ou chloroformées sur le ventre, quelquefois la glace, les bains chauds surtout seront, à ce point de vue, très précieux. Enfin, à l'intérieur, on prescrira la belladone, en pilules de 1 centig. d'extrait, qu’on peut associer à 5 à 10 centig. d’extrait de valériane et dont on administre de 1 à A ou à dans la journée, ou la codéine en sirop donné dans un peu d’infusion de feuilles d’oranger, ou en pilules de 1 centig. dont on pourra permettre 1 à à dans la journée.