‹ L'hygiène du neurasthéniqueChapitre 50 sur 76 · I. Fritz Egger, in Handbuch der Neurasthénie von Fr. Müller · texte numérisé non relu

I. Fritz Egger, in Handbuch der Neurasthénie von Fr. Müller

présentent beaucoup de sujets normaux dans les premiers jours qui suivent leur arrivée à des altitudes de 2 000 mètres et au-dessus. Ces troubles, d’ailleurs peu accentués, consistent en léger éréthisme de l'appareil circulatoire, avec tendance à l’essoufflement et un certain état de dépression mentale. Ils rappellent assez exactement les symptômes accusés par les anémiques. C’est donc à une sorte d ' oligocxytêvnxe relative qu'il faudrait imputer les troubles de la respiration et de la circulation qu’on observe chez les individus nouvellement venus dans les hautes montagnes Chez les personnes jouissant d’une bonne santé, l'adaptation physiologique aux conditions nouvelles s'accomplit rapidement et les troubles de la période d'acclimatement durent peu. Il s’ensuit que les neurasthéniques en étal d’anémie profonde, ceux dont la nutrition est gravement atteinte, ou bien encore ceux qui par suite de l àge ou de maladies constitutionnelles concomitantes, ne sont pas en état de faire les frais de cette adaption, ne devront pas se rendre dans les stations climatériques très élevées. Les grandes altitudes, celles qui atteignent ou dépassent 2 000 mètres, leur seront peu favorables et parfois même ne seront pas tolérées, l’ne altitude moyenne de 1000 h I 600 mètres est généralement suffisante. Seuls les neurasthéniques qui ont con-

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serve un bon état général, ceux qui sont atteints d’une forme légère de l’épuisement nerveux et surtout les convalescents pourront séjourner avec profit, durant les mois d’été, à des altitudes supérieures. C'est avec raison que Ziemssen conseille deux séjours à la montagne, le premier vers le milieu du printemps, à une altitude moindre (de 500 à 1 000 mètres), pendant lequel le patient se repose des fatigues de l’hiver et s’acclimate au climat d’altitude, l’autre durant l’été, à une altitude plus élevée.

Outre l’altitude convenable, une bonne station de montagne doit réunir d’autres conditions hygiéniques; il faut qu’elle soit suffisamment abritée des vents; que le site eu soit pittoresque et tel que la vue puisse embrasser de vastes horizons. Il faut enfin que, sans fatigue, les malades puissent trouver dans les environs des promenades et des excursions faciles. Enfin l'installation matérielle doit être confortable.

Lorsque toutes ces conditions sont réunies, le climat de montagne, l’expérience l’a prouvé, exerce sur l’ensemble des fonctions organiques et sur le système nerveux des sujets anormaux une action éminemment favorable, à la fois sédative et fortifiante. Sous l’influence de la vie active en plein air, des excursions en terrain accidenté, de l’excitation

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générale que déterminent la fraîcheur de l'air et la radiation solaire, les échanges nutritifs sont activés, l’appétit augmente et par conséquent une plus grande quantité d’aliments est ingérée, de telle sorte que si l'on n’abuse pas des longues marches, des ascensions, le poids du corps s’accroît notablement. Grâce à l’activité déployée chaque jour, les muscles qui concourent à la respiration acquièrent une plus grande énergie et les inspirations se font sinon plus fréquentes, du moins plus profondes; l'énergie contractile du cœur et des vaisseaux s’accroît pareillement. L’hématopoïèse se fait plus complètement, le sommeil est meilleur. L'air frais et sec favorise l’élimination d'une plus grande quantité de vapeur d’eau. En somme, la nutrition des centres nerveux et des autres organes se trouve améliorée. Tels sont les cITets physiologiques du climat de montagne. Voyons maintenant quelle est sou action sur les neurasthéniques.

11 est certain que la plupart de ces malades bénéficient de cet accroissement d'activité vitale que le séjour en montagne imprime à l’organisme tout entier. Quelques neurasthéniques éprouvent au début de leur séjour, alors même que l’altitude du lieu est égale ou inférieure à 1 000 mètres, de l’essoufflement, des palpitations cardiaques, eu un mot les divers troubles qui peuvent se manifester, nous

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l'avons vu, chez les sujets normaux passant sans transition à 2 000 mètres et au-dessus. Il faut recommander à ces malades de se tenir au repos, durant les premiers jours de leur acclimatement.

Les premières courses à pied doivent être très courtes et entrecoupées de haltes fréquentes. Mais, au bout de huit ou dix jours, les malaises du début se dissipent complètement; une activité musculaire plus grande sera alors permise : il importe toutefois de toujours régler par doses progressives les promenades et les excursions. Les patients ne doivent en éprouver qu’une sensation de fatigue légère, agréable, mais nullement douloureuse. La céphalalgie, la rachialgie, les troubles digestifs dépendant de l’atonie gastro-intestinale dans sa forme légère, l’asthénie musculaire, tels sont les symptômes neurasthéniques qui s’atténuent le plus rapidement et le plus régulièrement sous l’influence du climat de montagne. Par contre, l’insomnie est là comme toujours le trouble tenace par excellence : rarement elle disparaît d’une manière complète. Les malades qui dorment bien d’habitude, éprouvent quelquefois de l'insomnie durant les premières nuits de leur séjour : mais ce trouble disparaît bientôt comme tous les autres malaises de la période d’acclimatement; il y a des neurasthéniques dont le sommeil reste irrégulier et insuffisant pen-

dant toute la durée de la cure et qui ne se reprennent à dormir d'un sommeil paisible que lorsqu’ils ont réintégré leur domicile. Il en est enfin, mais ces cas sont exceptionnels, qui, dés leur arrivée à la montagne, sont tourmentés par une insomnie telle qu’ils doivent interrompre leur cure. On observe à cet égard des idiosyncrasies, des susceptibilités individuelles qu’il est impossible de prévoir.

Ces données générales nous permettent d'établir les indications du climat de montagne dans le traitement de la neurasthénie. Ce climat exerce incontestablement une action stimulante et tonique sur les centres nerveux, sur les grandes fonctions de l’économie, la circulation, la respiration et la digestion; c’est pourquoi il peut être conseillé à la plupart des sujets atteints d’épuisement nerveux. Il est particulièrement indiqué dans les cas de cérébrasthénie, où prédominent les symptômes de dépression cérébrale, lorsque l’asthénie cérébrale, l’inaptitude au travail et la céphalée se sont développées sous l’influence du surmenage intellectuel ou de chagrins prolongés; dans les cas de neurasthénie cérébro-spinale peu grave qui s'accompagnent seulement d’atonie des voies digestives ou d’un léger degré d'anémie; enfin un séjour à la montagne est tout à fait favorable aux neurasthé-

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