CLIMAT0THÉRAP1E. CHOIX D’UNE STATION
niques convalescents dont la guérison, encore récente, demande pour ainsi dire à être consolidée.
Par contre, il faut se garder d’envoyer dans les stations dont l’altitude est égale ou supérieure à l 000 mètres, les neurasthéniques dont la nutrition a déjà subi une atteinte sérieuse, ceux qui souffrent de la forme grave de l'atonie gastro-intestinale, ceux qui par suite de la longue durée et de l’intensité de leurs malaises ou par le fait d’une alimentation insuffisante, sont tombés dans un état de faiblesse et d’anémie qui les rend incapables de toute activité musculaire, ceux qui présentent des symptômes d’excitation cérébrale très prononcés, ceux encore chez lesquels l’éréthisme cardiaque a acquis une grande intensité et qui souffrent soit de palpitations violentes, soit de tachycardie permanente. Les hautes altitudes sont également peu favorables aux neurasthéniques rhumatisants, à ceux que tourmentent les obsessions anxieuses, l’agoraphobie notamment, ou qui sont sujets à de fréquents accès de vertige. Ces diverses catégories de malades devront s’installer, durant l'été, soit dans les plaines, soit dans les stations subalpines d’une altitude de 400 à 000 mètres, bien abritées des grands courants atmosphériques. Encore est-il nécessaire que la station qu’ils auront choisie pré-
Ballet. — Hyg. du neurasth
sente tous les éléments du traitement qui leur est prescriL-(eoni'ortaMe, surveillance médicale, hydrothérapie, etc.). .11 y a en France, dans les Alpes dé Saivoieétle Dauphinéy plusieurs vallées admirablement situées et tout à fait propres au séjounde6 neurasthéniques. Mais les -établissements qu'on \ trouve -sont généralement d’une, installation delco tdeusè. Aussi la plupart de ces malades se dirigentils bêrè la Suisse.
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Climats de plaine. Les climats de plaine n’ont phs d’abtijon spéciale sur les états neurasthéniques. Ils nragissen t (bu ne^ façon favorable sur les malades atteints d’épuisement nerveux que d'une manière indirectes S’ils aident à l’efticacité,:du traitement dirigé contre l’asthénie nerveuse, c'est surtout parce que les sujetsqui s'eu vontséjuurnerdansuuestatiou de' choixiiy! trouvent, en même temps qu'ils s'éloignedt de leur milieudiahituel et des causes qui ont suscité ^développement de leur névrose, un climat plus doux en hiver et moins chaud en été, leur permettant de séjourner au plein air durant la majeure parlie> du jour, des sites plus agréables, en un mot tout un ensemble de sensations nouvelles qui exercent une influence! favorable à la fois sur leur état mental et leur état physique, U va lieu cepenpanl de conseiller de préférence aux nourasthéT
fil*
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niques1, pour lesquels- le clamât de imoteteg-né et le climfit'marititne sant‘G0nU'é*-ifi'diquéb, de s'installer au bord dos lacs de la Suisse» du do l’ItfilieJduuNürd, ou tout simplement à -la campagne, loin du -bpuitiet du môorvement des villes;;' c’est dà' seulement qü ite trouveront le calmé parfait et le repos qüi leuesoni nécessaire^. Toute action elifnàtérique mése^ part, le séjour d la- campagne exerce une influence on ne peut plus- -salutaire' sur la plupartldes symptômes de -la neurasthénie. 11 doit être surtout recommandé aux neurasthéniques qui habitent les . villesinMoud bavons1 (mainte lois observé; i une; Iqillégiature de quçlquessemainos suffit à produire; chez éedsujaft^ ime amélioration que- plusieurs mdisl de, traitement àda ville il-’ afvdient pu leur donneru ii r. .b in u Ce 'sont du rtouf les neurasthéniques càez lesquels prédominent les symptômes diexcitation qui sont appelés) fi bénéficier-d'un séjdünà la campagne sulô fisam ment prolongé et de. l'isolement relatif qu'il réalise. - La céphalée, l'insomnie, l'excitabilité des sens, l’émotivité, LelsiSont les troubles qui nous ont paru- s’amender plus particulièrement.
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Climats maritimes.. irr- Le. séjour au bord delà mer doit-il être conseillé ou interdit, aux neueasthé-j niques? Cette question est très controversée! ReaUn coup de neurasthéniques ise .dirigent spontanément
372 l’hygiène du neurasthénique
vers les stations de l'Océan en été, et vers les stations côtières de la Méditerranée en hiver (Riviera di Ponente, Hyères, Cannes, Nice, etc.). Il est certain que ces malades n'ont pas toujours à se louer de leur séjour, malgré qu'ils y aient vécu dans le calme et l'observance des règles d'une hygiène appropriée à leur état. C'est qu'en effet le climat maritime ne convient pas à tous les neurasthéniques. Sur les côtes, l'air est frais et vif et toujours en mouvement; les coups de vent y sont fréquents, les bains de mer, même très courts, ont une action tonique des plus énergiques; c’est pourquoi, en général, l’eau de mer et l'air marin n'agissent pas favorablement dans les cas où dominent les symptômes d’excitation : ils aggravent plutôt ces symptômes et quelquefois même provoquent l'apparition de nouveaux troubles. Certains malades sont pris d’insomnie ou s’éveillent fréquemment durant la nuit, qui jusqu’alors dormaient d'un bon sommeil : d’autres se plaignent plus particulièrement vers le soir d'une sorte de vague malaise fait de surexcitation mentale, d’énervement accompagné d'accélération notable du pouls et de sensation de chaleur à la peau; il en est qui sont tourmentés par des palpitations cardiaques. Les neurasthéniques arthritiques hyperesthésiques, ceux dont l'épuisement nerveux se complique de manifestations
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hystériques, ceux qui sont sujets à des crises d’anxiété, ceux encore qui sont sous le coup d’une dépression morale intense et qui, habituellement tristes, présentent une grande tendance à la mélancolie, se trouvent généralement fort mal d’un séjour au bord de la mer. De même les neurasthéniques qui souffrent ordinairement de douleurs rhumatoïdes accusent fréquemment une aggravation de leurs souffrances. A tous ces malades les climats maritimes, même très secs, doivent être déconseillés.
Par contre le séjour au bord de la mer donne souvent de bons résultats chez les sujets frappés d’épuisement nerveux à la suite de fatigues physiques excessives ou de travaux intellectuels exagérés, et, d’une manière générale, dans tous les cas où les phénomènes d’éréthisme et d’excitation font à peu près défaut et où prédominent les symptômes de langueur et de faiblesse, tels que l'asthénie musculaire, l’inaptitude au travail, la paresse des fonctions digestives. 11 va sans dire que les neurasthéniques qui se rendent pour y séjourner dans une station de bains de mer doivent s’installer près d’une plage tranquille, loin des villes d’eau à la mode, se tenir à l’écart de la vie mondaine qu’on y mène et des mille causes de fatigue ou d’excitation qui s’y trouvent généra-
lement réunies. On comprend qu'une pareille villégiature ne. sérail guère plus hygiénique ni pluprofitable fi ù patient que le séjour dans une grande ville quelconquéi
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Voyages, s-h .Doit-on. conseiller les voyages aux neurasthéniques? On ne saurait tracer à cet égard db règle absolue;! H On est des voyages comme de tous lès autres moyens employés dans le traitement de< l’asthénie nerveüse : ils peuvent produire des effets heureux ou nuisibles, suivant qu'ils sont pnesorils bieh .oui mal à propos. C'est, pour le métlechr, iaft'aire de jugement et de tact.
J1 ; est certain; que beaucoup de praticiens invitent d’une nmnièrei quelque peu banalo tous leurs névropathes fi voyager. Or il arrive fréquemment que les 'neurasthéniques* ainsi transformés en touriste,s par ordre médical, voient leur état s'aggrateriaprèh (pielqu.es semaines de pérégrinations: la plupart, leur exode, étant accompli, constatent amèrement qu’ils sont tout aussi malades qu'ils l’étaient au jour du départ. Beard et Charcot ont adressé de fortes et ironiques critiques à ces confrères qui prescrivent invariablement de longs voyages fi leurs, clients neurasthéniques, sans en mesurer ni les indications ni les. , contre-indications. Pour ,apprécier , à sa juste valeur une sem-
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blable méthode, il suffit de se représenter ceis voyageurs neurasthéniques soufîrdnt d’asihénie musculaire, toujohurs fatigués:, qu’une simple promenade épuise, s’embarquant pour des pays lointains, quittant le bateau pour prendre le train, allant de ville en ville, passant dés jours entiers à visiter les i monuments et les : musées,: exoursionnant toujours, et dyspeptiques, .condamnés : à changer sans cessa d'alimentation et dè régime). Il est clair qulun pàroil1 getire de ivie esit pen fait pour! restaurer l'équilibre eti l’énergie d© ileujusiy$tëme nerveux épuisé. On sait que tous lés sujets atteints de neurasthénie grave, les déhiliitésy cpuît qui souffrent d'atonie: gastro-intestinale doivent garder le repos.: Il leur faut une vie éalme eLrégin lière. H est éyidenl que les, voyages ne leur con-r vienQjepii nullenaent| «eb aotit qu’ils restent chez eux. soit qu’ils aillent à la campagne, à la montagne, ou au bord de la mer, une fois! installés dans leur nouveau séjour, ils devront s'abstenir des dépla-r cements et des excursions qui les fatigueraient sans profit. Seuls les cérébrasthéniques, qui ont conservé toute leur force musculaire., qui sont capables de marcher, d'accomplir de&.promenadefs un peu longues sans en éprouver trop de.J'atigue, pourront tirer avantage d'un voyage prudemment conduit.. La diversité des images. qui se déroulent
devant leurs yeux; les impressions nouvelles et agréables qu'ils éprouvent au cours de leurs déplacements, agissent favorablement sur leur esprit en modifiant leurs dispositions morales. Mais encore faut-il que ces malades n'abusent pas des excursions, qu'ils évitent tout excès de fatigue physique et surtout qu'ils n’emportent pas avec eux, en quittant leur domicile, les préoccupations et les soucis dont il faudrait précisément les distraire. Malheureusement cette dernière condition, si importante, est souvent bien difficile à réaliser. A quoi bon conseiller un voyage lointain et de longue durée, par exemple, à un commerçant, à un industriel, s’il abandonne à contre-cœur « sa maison », si l’inquiétude et la crainte d'une mauvaise gestion de ses affaires l’accompagnent?
Par contre, voici un sujet qui a été frappé de neurasthénie cérébrale à la suite d'excès, de surmenage ou de quelque deuil se rattachant à un événement définitif et sur lequel il n'y a plus à revenir; s’il part sans regret, ne laissant derrière lui aucun sujet d'inquiétude, emportant en quelque sorte toute sa peine morale, ce malade ne pourra que bénéficier d’un voyage à long cours, qui l’éloignera pour longtemps du milieu dans lequel sa maladie s’est développée. Mais, dans la majorité des cas, ce sont plutôt les petits voyages qui sont
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indiqués; Beard, Ziemssen recommandent aussi les déplacements de courte durée dans un site bien choisi et pas trop éloigné
« A tous ces cérébrasthéniques dont le cerveau souffre d’un travail intensif et de vives préoccupations, écrit Bouveret, je prescris d’aller passer quelques jours ou quelques semaines dans les montagnes de la Suisse ou du Dauphiné pendant l’été, au bord de la Méditerranée pendant l’hiver. Ils n'abandonnent pas complètement leurs affaires; ils les quittent volontiers pour quelques jours. Ils vont se reposer sans emporter avec eux le souci de sentir leurs entreprises péricliter pendant une longue absence. Arrivés au but du voyage, ils y passent quelques jours dans le calme et le repos du corps et de l’esprit. » Ce conseil nous paraît excellent, car un voyage de ce genre peut être effectué deux ou plusieurs fois chaque année sans grand-dommage pour les occupations professionnel! es. Mais il faut interdire aux malades de se livrer durant leurs villégiatures à des marches trop prolongées, à des excursions trop fréquentes. Ils doivent absolument éviter toute fatigue phy-
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