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n. profession médicale est üne de celles doë les caractères marquent avec le plus de relief la personnalité de ceux qui l’exercent. Le goût même, disons mieux, la vocation, s’en transmet héréditairement et il n’est pas rare que dans une famille on cr plusieurs gériérations de médécins.
La famille des médécins bretons, les Mareschal, illustre ce fait. Un de leurs descendants, M. le D'F. Léjeune, de Quintin (Côtes-du-Nord), à retracé leut biographie dans une intéressante et attachante étude de la Chronique Médicale (1° novembre 1935). Nous lui emprunterons quelques détails pour éclairer la physionomie de l’un de ces médecins bretons, Loüis- Auguste Mareschal, l'auteur des remarques sur l'hygiène infantile en Basse-Bretagne à la fin fi XVI siècle.
Lés Mareschal étaient originaires de Plancoët, bourgade du pays de Dinan, célèbre par le séjour
de Chateaubriand enfant. Là s’était retiré Pierre Mareschal, ancien officier du Royal-Croate, régiment dont on avait déformé le nom en celui de Royal- Cravatte.
Le militaire retraité à Plancoët eut trois enfants : une fille, Florianne, qui, en épousant le sieur Bienvenue, de Hédé (Ille-et-Vilaine), fut l’arrière-grand’ mère de Mme la Maréchale Foch, née Bienvenue, et du D’ Lejeune, — et deux fils qui, tous deux, furent médecins, Auguste-Louis-Nicolas et Marie-Auguste.
Le D' Lejeune a donné sur ces derniers, les renseignements suivants :
« Auguste-Louis-Nicolas naquit, à Plancoët, le 27 juin 1737. Il y devait exercer la profession médicale, ayant pris le bonnet de docteur en médecine à Reims, en 1767 (1). Il y réussit, du reste, à merveille,
(1) Le Dr Guelliot, de Paris, compléta les renseignements du Docteur Lejeune par la note suivante parue dans la Chronique Médicale du 1° janvier 1936 : Louis Auguste Mareschal. Ce médecin du diocèse de Saint-Brieuc a soutenu devant la Faculté de Médecine de Reims les thèses suivantes : a) An qui accuratior masticatio et perfectior digestio ? (Aïffirmative). —
18 août 1761, 4 pages in-4°. — b) An dysenteriae Ipecacantuaa ? (Affirmative). — 17 novembre 1761, 4 pages in-4°. — ©) Thesis generalis. — 19 novembre 1761. — C'est à cette
date qu'il fut reçu docteur sous la présidence de M. Mocquart.
Achille Chereau, dans son Parnasse Medical français (in-
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et se fit une excellente réputation à Plancoët d'abord et plus tard à Saint-Malo. Je possède de lui un manuscrit inédit, Opuscules de Médecine, où se rencontrent, à côté de superstitions et d'idées préconçuecs, des théories très scientifiques et en avance d’un siècle sur son temps. »
La fréquentation quotidienne de la maladie et de la mort n'avait pas fait de notre confrère un homme austère. À ses moments de loisirs, il taquinait volontiers la muse et aimait fort tourner un madrigal plus encore une chanson à boire. En 17809, il fit imprimer une comédie, Mesurer ou les Sots, et collabora à la Muse bretonne.
Marie-Auguste naquit à Plancoët, le 10 décembre 1739. Sur la page de garde d’un exemplaire de L'Armorique littéraire, son propriétaire, Arsène
12, A. Delahaye, Paris, 1874, p. 391), lui a consacré 10 lignes :
« Sous le pseudonyme de Pierre Bouline, il a flagellé Mesmer et son système, dans une espèce de petit drame, fort original, qui a été publié sous ce titre : Le magnétisme animal : Mesmer ou 65 sots, ouvrage posthume d’une mauvaise digestion. Saint-Malo, 1782.
Bienvenue, retarde d’une année la date de cette nais-
sance, et ajoute ce rensei gnement précieux que Marie-Auguste fut médecin à Lamballe. Une note de | Sue, chirurgien de l'Hôtel- Dieu de Paris et père du romancier Eugène Sue, confirme ce détail.
Dans ses Essais historiques littéraires et criliques sur l'art. des accouchemenis, il cite, en effet, une observation de Mareschal des Bougères « sur un accouchement qui avait été précédé de la chute presque complète de la matrice ». Or, à Lamballe, Marie-Auguste avait épousé Catherine Ferrand. Le jeune ménage eut un fils, en 1772, Louis-Auguste,
celui des Maréschal qui nous intéresse particuliè- = rement. | CE Il naquit à Lamballe le 9 janvier 1772.
Nous ne serons pas surpris de trouver en lui un esprit original, étant le fils et le neveu des deux médecins poètes, du moins petits poètes à la mode du. 4 xvin° siècle. nes | Louis-Auguste Mareschal fit ses études au Col- lège royal de Saint-Brieuc. À l’âge de dix-sept ans, il revint à Lamballe et fit partie, avec son père, du comité chargé de célébrer la prise de la Bastille. Deux jours après, il est de ceux qui signent le serment de fidélité et d’amour au roi. Le #1 août, il ee est nommé sergent dans la troisième compagnie de - - la milice, celle dont son père est capitaine.
dite es Ne ECTS
Louis-Auguste va embrasser non seulement les opinions, mais aussi la carrière paternelle. Et au
de début de 1791, muni c des passeports que lui vaut sans
Paris faire < ses études pa
Il fréquente les clubs, tantôt les Cordeliers, tantôt les Jacobins, mais c’est à tort que le D* Lejeune écrit que Louis-Auguste ML ne fut jamais docteur en médecine. |
Levot, dans la notice de la Bibliographie bretonne (1852), consacrée à Louis-Auguste Mareschal, indique qu'il avait été reçu docteur én 1792. Le fait est exact. Ses études médicales n'avaient pas été de longue durée, mais la Faculté de Reims, devant la- ;e quelle il soutint sa thèse, passait pour très complaisante à l'égard des candidats. D'autre part, il n’est pas douteux qu’à l’école de son père et dans le commerce de son onele, il aura acquis, jou jeune, une certaine culture médicale.
. Enrôlé dans les armées de la République, il fut nommé le 25 vendémiaire an IF (16 octobre 1793), « aide-major de 2° classe à la 106° demi-brigade », selon le D° Lejeune, — « chirurgien-major à la ro1° demi-brigade », selon le D' Cornilleau (1). Cette
(x) La Chronique Médicale:
Pi Dre seconde affectation semble plus vraisemblable, puisque Mareschal avait le titre de docteur en médecine.
En 1706, il vint à Quimperlé, où il épousa la fille d'un médecin de cette ville, Mile Le Moyne.
Le D’ Lejeune a publié une curieuse lettre du beau-père de Mareschal, datée de Chateaulin, 10 prairial an IV (29 mai 1796), sollicitant la nomination de son gendre comme « adjoint et successeur » au poste de médecin-chirurgien de l’hospice de Quimperlé. | Le D Lejeune se demande ce qu'il advint de cette requête. Il suppose que la mort de sa femme détermina Mareschal à abandonner la médecine.
Le D' Cornilleau dit qu'il s'établit médecin à Pont-l'Abbé où il résida jusqu’en 1815. Entre temps, Mareschal s'était remarié avec une demoiselle Gesnouin, fille d’un pharmacien en chef de la marine à Brest, personnage curieux qui fut membre du Conseil des Ginq-Cents et mourut sénateur de l'Empire.
D'après le D’ Lejeune, ce n’est pas la médecine que Mareschal exerça à Pont-l'Abbé ; il y aurait été nommé percepteur. Son père vint vivre avec lui. De là peut-être est née la confusion. Mareschal le fils étant percepteur, Mareschal le père faisait de la médecine. Mais tous deux mettaient sans doute en commun leurs connaissances et se communiquaient le fruit de leurs observations.