‹ L'Hygiène Infantile en Basse-Bretagne au commencement du XIXe siècleChapitre 9 sur 14 · EE · texte numérisé non relu

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To ‘Non loin de Quimper-Corentin, : au milieu de ces JUS des Celtes que Rome antique dési- | gna sous le nom de Corisopiti, et la France féodale sous celui de Cornouaillais, une jeune et robuste | paysanne vient de mettre au monde, en présence de son mari et de quelques parentes ou voisines, un gros garçon, premier fruit de son mariage. La nou- velle mère a été replacée sur son lit. Un linge blanc lui est apporté par la servante, qui vient d'entrer, car, jusqu’après la délivrance, nul n'est admis dans le sanctuaire de la maternité, excepté le père, la

__ (à) Texte breton.

sage-femme et les commères privilégiées : celles-ci se

garderaient bien de ne pas user de leurs droits. L'une d'elles, d’un air capable, et comme certaine de l'in- faillibilité du remède, présente à l’accouchée un verre de vin chaud pour réparer ses forces. Une autre, que ses souvenirs paraissent vivement animer, l’étourdit du récit de ses propres couches, et sollicite, du geste ainsi que de la voix, l'attention qui lui est refusée. Debout comme elle sur le banc, qui, entre autres usages, sert de degrés aux lits armoricains, une troisième apostrophe en souriant le père du nouveau-né, et, avec cette autorité qui n'appartient aux Bretonnes qu'en pareille occasion, l’engage à presser sa toilette pour aller remplir les devoirs que lui impose sa récente paternité. Du côté opposé, un autre groupe de commères s’entretient à l'écart, et, en femmes qui ont passé par là, elles échangent gravement les remarques médicales ou autres que leur inspire la circonstance, et dont elles brülent déjà de faire retentir le village.

Une seule, parmi toutes ces femmes, paraît être sous l'influence d’un sentiment qui ne soit pas de la curiosité ou le besoin de se mêler des affaires d’autrui : c’est la grand'mère du nouveau-né, cette bonne vieille, à la coiffe de laine large et pendante, qui, à genoux au bord du lit, interroge d’un œil attentif la physionomie de l’accouchée et cherche à y démèêler

les heureux signes d'un prompt rétablissement. L'excepter seule pourtant, c’est faire injure à l’important personnage que nous voyons assis sur la pierre du foyer, et qui y a reçu en dépôt le nouveauné : car ce personnage, c’est la sage-femme, et elle aussi s'intéresse véritablement à un drame où elle joue au moins le second rôle. Pendant tout le temps que durent ses fonctions, elle exerce dans la maison une large part de l'autorité domestique : rien ne se décide, rien ne se fait de ce qui touche de près ou de loin au grand événement dont elle est plus fière que personne, avant qu'elle ait été consultée et qu'elle ait rendu ses oracles, qui sont écoutés comme autrefois ceux de la Sybille ou des prêtresses de la Gaule. Faut-il s’en étonner ? Les sages-femmes ne sont pas seulement pour le paysan de l’Armorique des êtres supérieurs par le savoir qu'il leur suppose; elles passent même à ses yeux pour être un peu sorcières. Bien loin cependant de mériter une pareille réputation, ces ignorantes matrones exercent, au sein des plus épaisses ténèbres et sans même chercher la lumière, un art qui ne consiste pour elles que dans un peu de pratique sans théorie, et, ce qui est pire encore, dans quelques vieilles et barbares coutumes.

Ici, nous voyons la sage-femme, premier fléau

que rencontre notre jeune Bas-Breton à son entrée

ar le monde, “aceupée à

de il une incorrection de la FR ee se ee du danger, ou tout au moins de l’inutilité de ses ef- forts, la prétendue sorcière s ’obstine à É arrondir, St) . pâr sa stupide brutalité, arrache des cris de douleur si cette frêle créature à à peine âgée de quelques mi- nutes. Cédant à la première émotion maternelle,

l’accouchée, insensible au caquetage dont on la fatigue, se penche avec anxiété sur le bord du lit pour apercevoir son malheureux enfant qu'on torture, et ne sait si elle doit s'inquiéter ou se réjouir de ces derniers cris, de ces premiérs signes de vie qui font battre son cœur dé mère. »

Cette analyse du premier dessin d'Olivier Perrin révèle chez le commentateur des qualités incontestables. C’est un bon observateur auquel n'échappe aucun détail. Il s'exprime en un style clair et précis. Cela ne fait aucun doute, pour quiconque est médecin, que ces lignes ont été écrites par un home de l’art, par quelqu'un qui sait ce que c’est qu'un accouchement, au courant des différentes pratiques

après à 4° vagues a nl fallait « au ie eut une cerane ie médicale. Let)

umes ». des matrones de village ue s intitulaient .

Roi

de te us de « pétrir » le petit crâne du nouveau né, dont la « forme momentanément allongée » est prise ». pour une incorrection de la nature. Tout cela a été vu, même très bien vu. Et l'écrivain a «rendu» ‘avec un incontestable talent les Dh NACRE du mé- decin.

F ouai -on affirmer que la scène, prise sur le … vif par Mareschal, il y a près d’un siècle et demi, n’a plus jamais d'analogies, maintenant encore, dans

certaines campagnes P

En tout cas, les « matrones » n’ont pas complè-

F . tement disparu, et il ne manque pas de villages où,

s' RENE faute de médecin et de sage-femme, les jeunes ac-

” couchées font appel aux complaisants offices d'empi-

riques qui ont certes une expérience, mais malheureusement aussi, très souvent, de déplorables préju-

gés quant à la conduite à tenir en présence de l’en-

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