MARIAGES TROP PRÉCOCES
A Paris ( ^"*''® ^'^ ans 7 mois 18 jours
(et 14 — 5 — 17 —
À Montpellier 14 — 2 l
A Marseille 13 11 — H —
A Corfou 14 —
A Madère 14 — 3 —
A Calcutta 12 — G
En Egypte 10 —
A Sierra Leone 10 —
Ces chiffres varient encore avec les habitants
d'un même pays. Ainsi, chez les juives, les règles
apparaissent plus tôt que chez les chrétiennes; chez les enfants des villes que chez ceux de la campagne; enfin, sous ce rapport, les filles des classes
supérieures sont plus précoces que celles des artisans *.
Je crains de vous fatiguer par ces détails, messieurs, mais je désire cependant vous rappeler
que cette période qui marque le déôuC de l'activité
génitale, n'est nullement comparable à celle de sa maturité. La jeune fille qui voit ses règles pour la première fois est loin d'être apte au mariage. Physiologiquement parlant, il faut qu elle soit réglée au moins depuis deux années entières, et qu'elle ait fini de grandira
Pour quiconque a tiré son instruction de l'expé-
(1) Ploss. Loc, cit,, p. 222 et suivantes.
(2) Comparez Klencke. La femme épouse.
wi
28 L'HYGIÈrffe SEXUELLE
rience de la vie et de Tétude des sciences naturelles, la description suivante que donne Strindberg est bien peu vraisemblable : « C'était une fille âgée de quatorze ans. Ses seins étaient fortement
gonflés comme s'ils n'attendaient qu'une petite bouche gloutonne et de petites mains qui les saisissent. Sa démarche paraissait assurée, ses mollets tendus et élastiques ; ses hanches se balançaient doucement, comme si cette fille avait pu abriter plusieurs petits sous son cœur *. »
Personne n'aura l'idée de considérer ce fait comme exceptionnel; nous, médecins, nous sommes
mieux renseignés que d'autres sur ce sujet. Mais
le poète me paraît avoir autre chose à faire que de décrire des monstruosités, et l'auteur précité ne se lasse pas de suivre cette voie, si bien que la généralité de ses lecteurs ne peut s'empêcher de penser que l'auteur a poursuivi une idée fixe, une morale étroite, comme si sa profession de
foi se résumait en quelque sorte en un « fabula
docet ».
Les mariages dans lesquels les contractants n'ont
pas encore atteint un degré de développement suffisant présentent toujours des inconvénients pour les parents et les enfants.
(1) Giftas, I, p. 285.