RÈGLES DE LA VIE DE MÉNAGE
LUYGÎENE SEXUELLE
gens robustes qui n'avaient pas d'occupations spéciales devaient à leurs femmes des rapports quotidiens; les ouvriers pouvaient ne les voir qu'une fois par semaine; enfin les hommes dont les professions étaient plus ou moins fatigantes pouvaient intercaler un ou plusieurs mois entre leurs nuits d'amour.
Parmi les préceptes de ce genre qui sont les mieux connus, il faut citer ceux de Luther qui recommandait de remplir les devoirs conjugaux
deux fois par semaine. 11 n'est pas douteux que par ce précepte, comme d'ailleurs par beaucoup d'autres encore qu'il a tracés au sujet du mariage, Luther ait acquis un mérite indiscutable dans les progrès de la morale sexuelle. La rudesse du moyen âge, comme les ardentes passions de la renaissance ont trouvé, dans les enseignements et le puissant exemple de Luther, la modération dont <3lles avaient besoin. Plus d'un ménage ne se comporterait que mieux s'il voulait mettre ces conseils
en pratique. Dans des conditions parfaitement normales, un homme n'avait pas besoin de se restreindre à cette proposition, mais il avait le droit de voir sa femme de trois à quatre fois par semaine
«ntre les époques où des empêchements naturels devaient y mettre obstacle. Mais il importe de xlire avant tout qu'on ne saurait fixer aucune indi-
cation précise s'adaptant à tous les individus. Le rapprochement des sexes est une institution, en quelque sorte une loi de la nature vers laquelle
nous pousse un instinct naturel. Celui qui garde SCS sens intacts, qui a appris au milieu des plus exquises jouissances à ménager sa compagne,
celui-là court le moins de risques de faire fausse route. Contrairement à plusieurs observations qui m'ont été adressées, je pense qu'il est parfaitement correct et légitime que des époux aient des
rapports sexuels toutes les fois que leurs sens et leur esprit les poussent Tun vers l'autre. Je ne vois donc aucune raison pour que des jeunes époux s'abstiennent de jouir de leur bonheur dans les premiers temps de leur mariage. Les circonstances que nous avons indiquées interrompent d'ailleurs naturellement ces rapports et ne leur laissent que
de courtes périodes pendant lesquelles ils peuvent en profiter. Ils n'ont besoin, sous prétexte de se conformera une doctrine quelconque, de se poser d autres freins que ceux commandés par leur santé corporelle et spirituelle i.
La pierre de touche dans les rapports sexuels,
(1) « Nous pouvons déguster à noire gré ce nectar; la nature
se charge elle-même de le verser, et de tenir la coupe sur nos
lèvres; si nous en buvons de trop, elle y verse de l'eau, plus tard de la bile, quelquefois enfin un mortel poison ».Pomeroy, Elhics of marriage. New- York et London, 1888, p. 80.
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c'est qu'au jour qui suit leurs embrassements. les époux se trouvent Tun et l'autre frais, dispos et alertes de corps et d'esprit, plus encore s'il est possible qu'après les autres nuits. Quand ces signes font défaut, c'est qu'il y a eu excès. Il sem-
Liera peut-être dur à bien des gens d^entendre
parler d'excès dans le lit conjugal, et pourtant c'est ce qui arrive souvent, non seulement pendant la lune de miel, mais encore après de longues années de vie commune. Des troubles physiques et psychiques survenus chez l'un ou l'autre des époux ont souvent pris naissance de la sorte, et fréquemment aussi la cause passe inaperçue du médecin
quand il n'a pas soin, dans son interrogatoire, de s'informer sur ce chapitre.
A notre époque de nervosisme, ce point mérite d'être mis tout particulièrement en lumière, et c'est, ce me semble, avec grande raison qu'Acton rappelle que les hommes occupés à des travaux intellectuels et habitant nos grandes villes ont
besoin de ménagements particuliers, et ne devraient pas voir leurs femmes plus d'une fois tous les sept ou dix jours*.
(1) Loc. cil., p. 188.