VARIÉTÉS DES TYPES FÉMININS
^ Qua) cum ingemiscere debeam conimissis.
sus-
piro potius de amissis. Nec solum quœ egimus, sed
loca pariter et tempera, in qiiîbus hac egimus, îta tecum nostro infixa sunt animo, ut in ipsis omnia lecum agam, nec dormions etiam ab his quiescam.
Konnuuquam ex ipso motu corporis aiiimi mei cogitationes deprehenduntur nec a verbis tempérant improvisis ^ »
En lisant ces lignes où débordent d'une façon si
extraordinaire les effusions de son cœur, il ne faut
pas oublier qu'Héloïse était loin d'être une courtisane; elle était au contraire connue pour la fidélité qu'elle garda à son bien-aimé, et de plus elle était, par sa fortune et son éducation, d'un rang très élevé.
Laissez-moi vous citer maintenant, comme pendant, un exemple de source plus récente ;
« En 185., je fus consulté par un avocat âgé d'environ trente ans, qui venait chercher un conseil contre sa faiblesse génitale. En l'interrogeant, j'appris qu'il était marié depuis un an, que pendant cette période il avait tenté une seule fois le rapprochement sexuel, mais qu'il n'était pas bien sûr que cette unique tentative eût complètement abouti. Il in*amena sa femme parce que, disait-il, cette dernière voulait également me parler.
(1) Cité par Hwasser, om Âktenskapet. Upsal, 1841, p. 69.
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« Je trouvai dans sa femme une personne d'une haute culture et de sentiments particulièrement délicats. Elle me parla avec une franchise qui était tout aussi exempte d'effronterie que de fausse honte.
Elle considérait comme son devoir de s'expliquer avec moi. Elle me raconta son histoire sans rougir et sans hésitations et je regrette que les mots me manquent pour dire avec quelle élévation d'esprit elle me mit au courant de sa vie.
« Son mari et elle se connaissaient depuis leur enfance; ils avaient été élevés l'un à côté de
l'autre, plus tard ils s'étaient aimés et finalement mariés. Elle avait des raisons pour le croire faible au point de vue génital, mais elle était persuadée que cela ne tenait pas à des fréquentations illégitimes; elle considérait cette faiblesse comme tenant à sa constitution. Elle avait pour lui les plus délicates attentions et ne se serait pas résolue à consulter si elle n'avait tenu, pour lui, à être mère; car, disait-elle, cela ne pouvait qu'augmenter leur bonheur conjugal. Elle m'affirma en même temps n'avoir pas le moindre désir génésique, ou du moins que ces sentiments, s'ils existaient, étaient à coup sûr à l'état latent. Son amour pour son mari était purement platonique, et loin de s'efforcer de mettre
ses faibles sensations en activité, elle se demandait
jusqu'à quel point cette tentative serait légitime.
VARŒTÉS DES TYPES FEMININS
Elle aimait son mari tel qu'il était et n'eût rien désiré de plus si ce n'eût été dans l'espoir d'être mère *. »
Acton ajoute à cette anecdote : « Je considère
cette femme comme le modèle le plus parfait de la femme d'intérieur et de la mère anglaise, pleine d'attentions délicates, prête à tout sacrifice raisonnable et tellement pure de cœur que tout désir sexuel lui était inconnu et qu'elle éprouvait plutôt une répulsion à cet égard , mais elle était si dévouée à son mari bien-aimé qu'elle était toute disposée à lui sacrifier ses sentiments et ses désirs. »
Entre ces deux extrêmes, la vie sexuelle de la femme peut présenter tous les intermédiaires; au delà de ces limites on tombe dans les anomalies. Jusqu'à présent, nous nous sommes occupés surtout de l'élément négatif, si je puis m'exprimer ainsi, de Pabsence de désirs génésiques. L'expérience nous enseigne d'ailleurs qu'il y a des femmes aux natures froides qui, sous tous les autres rapports, sont des épouses et des ménagères modèles; mais elles ne cachent pas leur déplaisir, voire même leur véritable répulsion pour toute espèce de rapprochement sexuel qu'elles refusent quelquefois
(1) Acton. Loc. cit., p. 213-214.
L*nYGlÈNE SEXUELLfe;
forinellement. Ces cas coïncident presque toujours avec quelque trouble pathologique et peuvent souvent être modifiés par un traitement médical*. Si maintenant, laissant les exceptions de côté, nous envisageons la généralité des faits, nous voyons que l'homme qui dispose de son temps comme il veut a beaucoup plus de jouissance que la femme qui, par ses accouchements répétés, les maladies des organes génitaux et d'autres causes encore, devient plus ou moins insensible et indifférente aux sensations génitales.
D'ailleurs la façon dont une femme se comporte dans le lit conjugal dépend beaucoup de son époux. Si ce dernier estime la vie commune à sa juste valeur, et sait prendre dos ména^'emenlis iMivrrs .«ion épouse: s'il sail enfin aller auJcvnnl du cœur de sa femme, son ménage lui donnera une loiile autre satisfaction qu'à un homme égoïste qui n a pour but que sa satisfaction personnelle.
Mttnièro do vivre dea célibataires.
Citations sexuelles dans la littérature acluclle.
Kous arrivons maintenant à une question fort importante» la plus importante de tout<*t» au point
(I) Comyan*! Xdùn. Loc, cil., p. ÎU; Kra^Tt-EMi^r. /*#v^Aopatl^ ftx^r 1878, p. a»; IUal'Encfc(opjrdit ier wi/. WÙuv^t^ €ki9/tM, t. XX, p. 71.
de vue individuel. Que doit faire un homme avant son mariage? Doit-il avoir des maîtresses ou non? Voyons d'abord ce que nous apprend Texpi^rience et ce que nous disent les livres. Une bonne partie des auteurs modernes ont contribué à Tétude de ce sujet, et je voudrais commencer par analyser leurs
ouvrages.
Max Nordau, considère par beaucoup COIïime leur « leader » ne soutient pas directement la nécessité des unions polygames, mais ses arguments y tendent, dans bien des passages de ses œuvres. D'après cet auteur, les faits parlent un langage qui ne peut guère prêter à la confusion : * L'homme n'est pas, en réalité, un animal monogame. » € La fidélité
abfiolue nW pas dans la nature humaine, elle n'est
pas un attribut physiologique de l'amour. > m Uc6lihdtaÎTXi a reçu du lu aociélé ruutorisnticin tacite de se procui-er les agrément* des liaisons féminimes oh cl comme il peut an les procurer; clic appelle se» récrt'ations personnelles .ses « succtjs » et le» entoure d'une sorte d'auréole jioélique. 11 y a à peine un homme sur cent mille qui puisse jurer sur son lil de mort n'avoir jamais connu «lu'untj femme dans toute sa vie*.»
Dans Erik Qram, dans sa répons* à M. Vtv-
Pllfl. $
sonne \ enfin dans ses leçons « récemment publiées G. de Geijerstam soutient que pendant la vie de jeune homme les rapports sexuels sont nécessaires. L'héroïne d'Erik Grane s'est tellement pénétrée de ces principes qu'elle en arrive à ne s'inquiéter nullement de la pureté des mœurs de son époux. Elle n'éprouve « aucune jalousie pour ce qui est passé » et pense que oc tous les hommes ont dû agir de môme ^ ».
Presque à chaque ligne des derniers travaux
d'Aug. Strindberg, nous trouvons des protestations véhémentes contre toute doctrine qui exigerait la continence de la part des jeunes gens. Il cherche à démontrer que les rapports sexuels illégitimes sont indispensables à leur santé, à leur développement et à leur gaîté.
Un autre auteur moins renommé, tout jeune et à peine sorti des bancs de Técole, publie un ouvrage dont le personnage principal sur le point de se marier fait, entre autres confidences, celle-ci à sa fiancée : « Je ne me demande pas si un homme de vingt à trente ans peut ou doit vivre comme une jeune fille est obligée de le faire pour être esti-
(1) Ilvad loill Leklor Personne? Ett. gemmâle Stockli. 87, p. 24 et 2o. '
(2) Strids(ragor far dagen. Helsingsfors, 1888, p. 52 et suivantes. '^
(3) Loc. cit., p. 33i.
mée honnête femme ; je constate simplement qu'il n'y a guère de jeune homme qui le fasse, du moins de jeune homme qui ne présente aucune anomalie physique ou psychique ^ »
C^est ainsi que sonnent les cloches! Un jeune homme qui n'a encore acquis d'autres connaissances que celles que lui ont enseignées ses devoirs d'écolier, avance sans hésiter et déclare catégoriquement que tous les hommes ont une vie immorale. Mais s'ils vivent sans mœurs, il est fort douteux qu'ils aient raison de le faire. Comme cependant on ne peut pas renier ni passer sous silence des faits d'expérience, il faut bien avouer qu il y a des jeunes hommes purs ; alors on déclare simplement, comme argument sans réplique, que les jeunes gens de cette catégorie sont des anomalies physiques et psychiques, mais que tous les
Individus bien portants vivent autrement.
Les moindres notions historiques et ethnographique eussent appris à cet auteur que l'obligation à la continence se retrouve dans les religions, les mœurs, les caractères de certains peuples où elle est encore prêchée aujourd'hui; or cette loi a été suivie par un certain nombre d'adeptes. Il n'est pas
de page d^iisloire dans laquelle il soit fait allusion
<l) Alfred Lindkuist. Bagatelles, p. 67.
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à un peuple ou à une race perdus par la continence; l'histoire renferme au contraire de nombreux chapitres prouvant le contraire.
Il faut d'ailleurs reconnaître en faveur de Fauteur que nous venons de citer, que son héroïne est moins indifférente que celle d'Erik Grane. Bien qu'il ne nous dise pas si la jeune fille finit par agréer le jeune homme, l'aveu que celui-ci fait à sa fiancée la laisse soucieuse et triste.
Interrogeons maintenant l'expérience de quelques médecins. Le physiologiste Kraft-Ebing dit : « Un grand nombre d'hommes normalement constitués peuvent mettre un frein à leurs passions
sans que, par cette continence, leur santé souffre le moins du monde ^ »
Acton déclare, dans le livre que nous avons déjà cité plusieurs fois, qu'avant le mariage la continence absolue des jeunes gens peut et doit être observée ^
L'hygiéniste Oesterlen s'exprime ainsi : « La
possession de ses sens peut déjà éviter par ellemême bien des malheurs quand elle repose sur une morale élevée, sur la pudeur, la dignité de soi-même, enfin quand elle est soutenue par un
(i) Psychopathîasex., 1876, p. 104.
(2) Comparez le chapitre « Continence », p. 12 et « Incontinence », p. 33.
o-enre de vie approprié et un entourage pur qui en donne le salutaire exemple. Le jeune homme, comme la jeune fille, doit apprendre à se contenir jusqu'à ce que son temps soit venu. Or il sera d'autant plus capable de garder sa virginité qu'il se sera profondément pénétré de cette vérité, c'est que de cette période critique dépendra tout le bonheur de son avenir, surtout en ce qui concerne le mariage; il faut qu'il sache bien qu'il sera récompensé de cette mortification, de ce sacrifice volontaire par une santé florissante, une ardeur toujours nouvelle, et enfin par le plus
grand des biens, la tranquillité de sa conscience \ »
Pour expliquer les causes qui contribuent à exalter la vertu ou à la perdre, l'auteur ajoute : « Ceuxlà seuls pourront rester purs qui mèneront une vie sobre et régulière et joindront à la possession de leurs sens une grande simplicité dans leurs goûts. C'est pourquoi la vertu habite rarement les
palais et les endroits de ce genre où chacun peut
faire ce qu'il veut dès son enfance et où tous ses actes ne trouvent autour de lui que ravissements ou excuses. Mais elle est aussi incompatible avec le manque de culture intellectuelle, la. rudesse et l'indigence. »
(1) Handbuch der Hygiène. Tubingue, 1876, p. 728-729.
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°" tnïGIÈNB SEXUELLE
Lionel S. Beale, professeur au collège royal de Londres, écrit : „ Ceux qui soutiennent que, Jans les cas où le mariage est rendu impossible pour des causes diverses, il est indispensable pour des raisons physiologiques de le remplacer par dautres unions, ceux-là ne font reposer leur opinion sur aucun argument sérieux. On ne saurait trop répéter que l'abstinence et la pureté la phis absolues sont
parfaitement compatibles avec les lois physiologiques et morales, et que la satisfaction des désirs sexuels et des jouissances génitales n'est pas plus justifiée par la physiologie et la psychologie que par la morale et la religion '. »
« Il y a des milliers d'individus qui' naissent
vivent et meurent, ayant vu le mal autour d'eux
sans jamais en avoir été plus touchés que si le péché n'existait pas. Et puisque c'est le cas de quelques-uns, pourquoi ne serait-ce pas pour beaucoup ? Ce méfait (soi-disant nécessaire) ne le serait-il que pour une partie, une petite partie des hommes? S'il en était ainsi, il faudrait essayer d expliquer en quoi cette minorité se distingue si
profondément de la masse, pour qu'il tombe nécessairement sous le coup dune malédiction qui ne