‹ L'hygiène sexuelle et ses conséquences morales [microform]Chapitre 39 sur 65 · POLLUTIONS · texte numérisé non relu

POLLUTIONS

le premier la parole, et s'ils voulaient y associer leur influence en apportant à ceux qui nous demandent conseils, des arguments spirituels capables de les fortifier dans la lutte contre leur dangereux

adversaire, une telle collaboration serait assurément la meilleure chose à souhaiter pour le bien de la jeunesse.

Nous serions tentés maintenant d'exposer longuement tous les remèdes et toutes les règles de conduite à suivre pour sauver la jeunesse de la masturbation; mais cet exposé serait beaucoup

trop long"; je me contente donc de dire, d'une façon générale, tout ce qu'exige la santé du corps et do l'âme des jeunes gens, pour contribuer à combattre ce vice. Une vie alerte, hygiénique, avec beaucoup d'exercices de corps * ; ne pas rester trop longtemps assis, nourriture tonique, mais pas échauflante; être sobre de plaisirs qui excitent l'imagination ; lit assez

dur (pas d'oreiller?!); couvertures fraîches; lever

matinal ; ablutions froides et autres moyens de ce môme genre, tels sont les grands traits d'un traitement préventif ou curatif.

Sous le rapport psychique, l'élément le plus

(1) Un médecin américain raconte que les enfants des Indiens ne se masturbent pour ainsi dire jamais (Beard et Rockwells Sexuelle neurasthénie. Vienne 1885, p. 65); et le docteur lI.AVeber, dans un rapport sur les Écoles anglaises, fait observer que ce vice

est beaucoup plus rare que sur le continent; il attribue ce fait à

a prépoiiUtJrance des exercices physiques en Angleterre.

important est la conflance des jeunes gens en leurs parents; et, de la part de ceux-ci, des éclaircissements raisonnables, progressifs, sur les or- <yanes génitaux, leur but et leur hygiène.

Pollutions.

Le jeune homme pubère et Thomme mûr qui n'ont pas de rapports sexuels réguliers, ne seront que bien rarement exempts de pertes séminales involontaires pendant la nuit (pollutions). Quand celles-ci ne se répètent pas trop souvent, elles ne doivent pas être considérées comme dangereuses ni même comme malsaines. On doit plutôt voir en elles une voie naturelle par laquelle l'organisme se dégage d'un trop-plein incommode.

Il est bien difficile de fixer dans quelles limites ces pollutions peuvent se répéter sans inconvénients pour la santé. Quand elles ne reviennent pas plus

souvent que tous les dix ou quatorze jours, on n'a pas à s'en préoccuper. Même s'il arrivait que le lendemain, le sujet se trouvât fatigué, un peu plus endormi, plus paresseux qu'à l'ordinaire, cela n'aurait aucune importance. La nature sait rétablir Rapidement l'équilibre momentanément rompu par ces pertes séminales.

Ces dernières peuvent survenir d'une façon

absolument involontaire. L'influx nerveux néces-

S. RIBBING

UWri

LnYGIÈNE SEXUELLE

saire à cet acte peut partir de la moelle et y revenir par un mécanisme purement réflexe, sans que les centres de représentation ou de la volition y prennent la moindre part. En ce sens, elles sont donc absolument indépendantes de la volonté des personnes qui en sontFobjet et elles peuvent même

se produire contre leur volonté. Il faut pourtant se

rappeler que celui-là seul sera complètement innocent qui se sera appliqué sans relâche à dominer ses pensées sexuelles. Quand, dans la journée, on se complaît dans des idées erotiques, et que Ton se meuble l'esprit d'images sexuelles suscitées par une littérature immorale, on doit en grande partie s'en prendre à soi-même si ces pollutions reviennent

assez fréquemment pour altérer la santé et les forces. Sous ce rapport, la jeunesse studieuse est plus mal partagée que celle qui travaille de corps. Chez les premiers il est impossible, malgré l'hygiène la mieux comprise et le sacrifice personnel des jeunes gens à leurs convictions morales, d'abaisser le taux des pollutions nocturnes à celui des jeunes gens des

classes ouvrières. Les soins physiques et moraux nécessaires à la régularisation de ce phénomène naturel ressortent clairement de ce qui a été dit plus haut. Les cas particuliers sont naturellement réservés à l'appréciation personnelle du médecin.

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