L'ONANISME. — SON INFLUENCE NÉFASTE
gens. Elles ne les égarent pas seulement pour les soustraire à l'onanisme; mais le libertin qui sent la moindre indisposition s'imagine qu'elle est due à la masturbation et s'empresse d'aller chercher le remède dans des fréquentations illégitimes.
J'ajouterai que, d'après ce que m^a appris mon expérience personnelle, il est exceptionnel qu'un onaniste qui s'est jeté dans les bras de prostituées reprenne plus tard une vie morale. Quand une fois il a eu la sottise de recourir au ^( remède » indiqué, il s'imagine le plus souvent que son état exige qu'il en continue l'application. Dans les pag^'es précédentes, j'ai cité textuellement les paroles
d'un médecin français qui abondaient dans le même sens, et qui étaient comme une demi-concession; mais je m'empresse de reconnaître que c'est le seul exemple que j\iie trouvé dans la littérature médicale actuelle. Je puis lui opposer une citation de Sir James Pajet :
« Beaucoup de malades viendront vous demander conseil au sujet des rapports sexuels, S attendant à ce que vous leur recommandiez la vie
l^i^cTQ La chasteté ne nuit
pas plus à l'àme qu'au corps. Sa discipline est préférable à toutes les autres. L'attente est possible quand on se console avec le respect de soimême. Parmi les nombreux névropathes et hypo-
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condriaques qui se sont entretenus avec moi sur
les relations immorales, je n'en n'ai pas entendu un seul dire qu'il s'en fût trouvé mieux portant et plus heureux *. »
Mon expérience personnelle concorde absolument avec celle de Paget. Autant je me garderais de conseiller à un don Juan de s'adonner à l'onanisme, autant je me garderai d'essayer de guérir la masturbation par des relations impures. Sous ce rapport, G. de Geijerstam est beaucoup trop instruit pour se permettre de donner des conseils à des précepteurs et à des pédagogues.
Il tombe lui-môme dans l'erreur qu'il reproche à Personne, c'est-à-dire d'établir une sorte de hiérarchie dans le vice, bien qu'il le fasse dans un sens
opposé. Si Ton compare en gros les inconvénients
sociaux, nationaux et personnels de Tonanisme à ceux qui résultent du coït et des maladies qu'il entraîne, on voit que la balance penche beaucoup plus de ce dernier côté. M. Personne a compris bien mieux que Geijerstam l'important devoir qui incombe aux éducateurs, car le premier agit conformément aux principes de la morale actuelle et commande la domination de soi-même; le second n'a en vue que la satisfaction des jouissances naturelles.
(1) Cité par Beale. Loc. cit., p. 99.
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En conséquence, il me paraît logique d'émettre
le vœu que tous les vices et toutes les aberrations dont nous avons parlé plus haut, soient laissés à l'appréciation du médecin et du pédagogue. Certes, je ne veux pas amoindrir l'admirable mission du pasteur; je sais qu'il n'est pas de plus puissants ressorts que ceux de la religion; je crois que, pour le triomphe de la moralité, il n'est pas de plus
puissantes armes qu'un ardent désir religieux de
rester pur selon les lois du Seigneur et que la prière sincère demandant à Dieu de lui en donner la force. Mais la collaboration de l'Église me paraît cependant limitée dans cette question. Vous savez qu'actuellement l'instruction et l'éducation des pasteurs ne comportent aucune notion pratique de
physiologie leur permettant de comprendre une foule d'anomalies psychologiques. Dans ces conditions peut-il être possible au clergé d'examiner celte question sous toutes ses faces ? Il arrivera par exemple facilement qu'un pasteur, auquel un jeune homme demandera conseil pour une des choses dont nous avons parlé plus haut, considérera déjà comme un gros péché un fait qui s'est
produit absolument contre la volonté du malade. Si tous les ministres spirituels pouvaient reconnaître, comme l'ont fait quelques-uns d'entre eux,
que, dans ces questions, c'est au médecin à prendre
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L UyGIÈ^'E SEXUELLE