HISTOIRE DES EMPEREURS ROMAINS
choisirai à cet effet le temps des empereurs romains. Mais je ne vous les représenterai pas en
statues de marbre, telles que les ont sculptées nos grands artistes. Leur puissant génie a légué à la postérité, par des prodiges d'art et de souplesse, des œuvres aussi remarquables parleur réalisme vivant que par les ornements qui les idéalisent : ce sont les hommes faits de chair et de sang que je veux vous peindre.
(( On trouve là les formes d'anomalies sexuelles les plus complexes, développées dans les conditions les plus favorables. Les prédispositions congénitales, leur éducation vicieuse, la démoralisation de leur entourage, en un mot, tout favorisait Téclosion des formes les plus bizarres d'anomalies génitales, souvent mêlées les unes aux autres. Pourtant, en lisant attentivement les portraits des personnages
marquants que nous ont tracés avec tant de talent les écrivains de leur époque, on arrive à distinguer dans l'ensemble de leurs traits les caractères particuliers qui répondent aux types principaux de perversité sexuelle que nous avons établis.
« De Jules César à Dioclétien, Thistoire nous dépeint une série de sujets pathologiques aussi
intéressants qu'instructifs au point de vue génital'.
(1) Tarnowsky. Les manifestations morbides du sens génital. Berlin, 1866, p. 93.
Jules César était lié à Marius, le vainqueur des Cimbres et des Teutons, qui succomba des suites (le ralcoolisme. On sait que César était atteint d'épilepsie et que ses instincts génitaux étaient fortement développés; ses nombreuses aventures galantes en sont la preuve*. »
<( Il était si bien connu sous ce rapport, que ses soldats chantaient des chansons satiriques à son sujet et que Cicéron composa des épigrammes qui
étaient répandues partout. Quand, plus vieiix, il fut devenu impuissant, il se transforma en pédéraste passif; c'est pourquoi « Curio pater quœdam eum orationc omnium mulienim viriim et omnium vironnn midierem appellat , » Auguste eut de nombreuses relations illicites et fut longtemps séparé de sa femme ; mais ses amis Texcusaient en disant que ce n'était pas par passion qu'il menait
cette conduite, mais parce qu'il pouvait mieux connaître par les femmes les plans de ses ennemis. Il n'en eut pas moins le front, sur son lit de mort, de faire ses adieux à sa femme en ces termes : « Souviens-toi toujours de notre heureuse union ! » '
(l) On trouvera les sources auxquelles nous avons puisé ces renseifrnements et ceux qui vont suivre touchant l'histoire romaine tlans : C. Suetonii TranquiUi quœ supersunt omnia rec. (C. H. Both. Lips. 1862). Pelronii arbitri salyrarum reliquiœ en recens. Francisi Buccheleri. Berolini 1872 ; les Annales de Tacite; les écrits de Juvénal, de Martial^ etc..
Tibère était buveur; de là son surnom de Biberius. Sa vie montre en lui le véritable type de rhomme dégénéré au point de vue moral, qui se termine dans lannihilement des facultés mentales. Pendant son séjour à Capri, il se distingua par des traits de cruauté qui sont si souvent la conséquence de la perversité sexuelle. C'est par monceaux que l'on sortait de la maison de ce fou tyrannique, pour les porter aussi loin que possible, des cadavres de jeunes filles et de garçons que l'on avait martyrisés jusqu a la mort.
Galigula se rapprochait du précédent par sa nature. Les troubles de son système nerveux l'entraînent dans les aberrations sexuelles. Les mariages succèdent rapidement aux séparations; nnalement il tombe dans la pédérastie.
Claude était ivrogne et pouvait invoquer, comme circonstance atténuante de ses extravagances sexuelles, son mariage malheureux. Néanmoins on
reconnaît dans les cruels supplices qu'il imagina lui-même pour les criminels, et dans les combats mortels qu'il fît livrer aux gladiateurs, les traits
pathologiques qui rappellent sa race et ses prédécesseurs.
Néron était atteint d une disposition nerveuse héréditaire. Il réunissait des passions sexuelles innées a une éducation vicieuse et un certain degré