‹ L'hygiène sexuelle et ses conséquences morales [microform]Chapitre 44 sur 65 · OPLMON DES AUTEURS MODERNES · texte numérisé non relu

OPLMON DES AUTEURS MODERNES

rastie passive un nouvel instrument de plaisirs*. » Un autre savant écrit à ce sujet : « Les vieux viveurs constituent une autre catégorie de pédérastes. Saturés de jouissances sexuelles normales,

ils cherchent dans ce vice le moyen d'exciter leur volupté. Ils arrivent par là à relever momentanément leur puissance psychique et génitale déchue... (( Ces sortes de pédérastes sont de beaucoup les plus dangereux, parce qu'ils ont généralement l'habitude de se servir de jeunes garçons qu'ils perdent corps et âme". »

Un fonctionnaire supérieur de la police de Paris a été conduit dans l'exercice de ses fonctions à formuler une opinion semblable ^

Il semble que tout homme sain devrait se détourner avec douleur et avec horreur de ces sombres quartiers de la vie où les infâmes débauchés se vautrent dans l'obscurité de la nuit. Et pourtant ce n'est malheureusement pas le cas. Le philosophe Schopenhauer, qui avait fait autrefois de la parenté de la pédérastie avec la vieillesse et la caducité, ses méditations ordinaires, ce philosophe ne peut s'habituer à laisser ces aberrations ce qu'elles sont, c'est-à-dire uq état maladif et une

(1) Tarnowsky. Lac. a7., p. G7-G8.

(2) Krafft-Ebinjî. Psychopathia sexualis, 1868, p. 106. "^

(3) Carlier. Les Djujc Prostitutions. Paris, 1887, p. 467. *...:

perversion des mœurs. Dans son système, il s'élève avec violence contre cette manière de voir. C'est pourquoi il prétend que la nature, beaucoup plus préoccupée de la conservation de l'espèce que de

'individu, aurait choisi elle-même la pédérastie comme moyen de dérivation; elle éviterait ainsi l'affaiblissement de l'espèce en empêchant que des pères trop vieux ne procréent des êtres débilités^ Les dommages dus à cette passion sont, à son avis, bien moins grands que ceux qu'elle évite. La réahté est assurément en opposition avec les idées de l'excentrique philosophe. Tout d'abord, il n'a aperçu qu'un côté de la question, la forme sénile, et encore n'a-t-ii pas vu que cette forme, comme l'autre, est une calamité pour le genre humain, parce que les êtres qui sont entachés de ce vice se servent de jeunes individus dont ils sacrifient la santé et la puissance virile à leurs instincts

inavouables.

Les auteurs de la nouvelle école n'ont naturellement pas laissé échapper ce sujet. ]\ous avons liléjà indiqué la description qu'en donne Strindberg dans l'histoire de Dygdem lôn. Le môme 'auteur a fait encore l'exposé de la pédérastie dans [la société moderne; et bien qu'il se perde dans

(vjtLe Monde comme volonté et comme représentation, trad fr. de A. Burdeau, Paris, Alcau, 1890, t. 111, p. 372 et suivantes.

If

L^HYGIÈNE SEXUEUE

des phrases souvent obscures, son ouvrage donne

cependant l'impression qu'il n'a aucune idée saine ni sur le côté physique ni sur le côté moral de la question *.

01a Hanson s'essaye aussi dans ce genre. Il veut bien reconnaître « qu'un accouplement de ce genre a, dans toute sa grossièreté sensuelle, quelque

chose de vulgaire, et que c'est une insanité » ; mais il fait ensuite une description qui tend à démontrer qu'un homme peut éprouver pour un autre un sentiment intime qui ne répond nullement à une idée sensuelle plus ou moins grossière, et qui cependant soit un sentiment tout autre et beaucoup plus profond que la simple amitié ^ Quand on lit en même temps, que l'objet de ce sentiment exalté est un jeune garçon de café, un homme un peu expert en la matière ne peut se soustraire à un sentiment de méfiance; il est tenté de conseiller sérieusement aux héros de Hanson de ne plus considérer ce sentiment comme un phénomène psychologique, mais de le combattre avec la plus

ferme énergie, comme le début d'un état psycho-

pathique.

Plusieurs auteurs, bien qu'ayant des idées

(1) Giftas. II. Histoire Den brottsliga naturen.

(2) Loc. cit.y p. 85, 88.

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