LA FIÈVRE TYPHOÏDE
proche à, une méthode qui éloigne : c'est la paix sociale au lieu de la tyrannie du nombre*
Il va sans dire maintenant que tout ce que noqs venons de dire ne s'applique pas seulement à la ville de Paris, et que la solution est tout à fait générale. Partout où une dérivation d'eaux de boisson froisserai ou lésera des intérêts particuliers, il y aura deux arrangements à prendre, qui correspondent Fun au premier établissement, Pautre à l'entretien et à la durée. Ces deux arrangements sont de ,nature distincte, et ne sont séparés que pour la forme. En réalité, ils devront faire l'objet d'un traité qui liera à perpétuité les contractants, et établira entre eux ce lien de solidarité qui a trop manqué jusqu^ici aux conventions faites sur ces matières.
Résumons maintenant en quelques lignes les notions principales qui ressortent de cet exposé.
La fièvre typhoïde a pour origine principale, non unique, l'eau de boisson.
Avec des caractères qui la rapprochent de la variole, et dont le principal est que celui qui l'a «ue ne l'a pas d'ordinaire une seconde fois, elle en diffère parce qu'on ne lui connaît pas de vaccin préservateur, et qu'on est par suite constamment -exposé à la contracter : elle en diffère aussi, au point de vue social, en ce que, malgré l'absence du vaccin, elle ne frappe pas tout le monde comme le ferait la variole s'il n'y avait pas la vaccine.
^9 i'HYGIÉNE SOCIALE
Je vais ici plaider une thèse qu'on s'étonnera peut- ^tre de trouver dans ma bouche, mais qui me semble tellement juste et tellement dans mon programme <i'études que je dois en dire un mot. Elle est relative aux droits de la science.
Il est certain qu'ils sont fort mal définis. S'il faut en croire quelques savants, ils sont de ceux devant lesquels tout le monde doit s'incliner. Cette prétention rencontre naturellement de la résistance dans d'autres prétentions rivales, qui accusent la science d'avoir failli à toutes ses promesses. On pourra peut- ^tre songer à régler ce procès le jour où la philosophie sera responsable de tous les philosophes, la littérature de tous les lettrés, l'histoire de tous les historiens et l'épicerie de tous les épiciers. Pour le moment, le savant doit être considéré comme un .-diplomate envoyé dans une cour étrangère dont il a mission de découvrir les secrets, et qui, n'en connaissant pas la langue, ne communique avec elle que par un interprète, l'expérience. Comme tous les interprètes, celui-ci ne comprend pas toujours bien la <juestion, ne traduit pas toujours bien la réponse, qui parfois subit une nouvelle déformation en passant par la bouche du savant et Toreille de Tauditeur. C'est à proprement parler, et sauf l'obscurité, <jui n'est jamais voulue, une visite chez la sybille.
L'histoire des eaux potables fournit d'étonnants exemples de ces déformations. Les dépêches ordi-