‹ L'hygiène socialeChapitre 4 sur 80 · PRÉFACE III · texte numérisé non relu

PRÉFACE III

essayé de raffirrrier, et il m'a semblé qu'on en avait surtout visé le côté autoritaire. C'est un tort partout : c'est surtout un tort dans un pays où l'Etat est faible, et remet si facilement ses lois au fourreau quand il voit que les citoyens n'en veulent pas. Les exemples en sont nombreux en hygiène. Voyez ce qu'est devenue la loi contre l'alcoolisme. Il semble que les citoyens aient dit à l'Etat : « Tu ne veux pas qu'on boive : Eh bien, tu vas voir où va monter, à ta grande joie, le chiffre de l'impôt sur les alcools ! »

Déplus, ce droit nouveau n'existe qu'en principe c\ propos de beaucoup de maladies ; il n'est défini que dans un petit nombre ; au-delà il devient arbitraire, et ramène à des pratiques analogues à celles de l'ancienne hygiène, qui ne parlait guère qu'au nom de la peur et parfois de l'effarement. On n'a évidemment pas le droit de mettre au même plan des droits si divers, et untravail de coordination et de classement s'impose.

J'ai essayé de débrouiller cet écheveau compliqué, dans lequel tant de bons esprits me semblent se perdre, et pour cela j'ai dû souvent parler de ce qui a été fait avec une liberté qu'on retrouvera dans ce livre. Gomme je n'ai jamais visé que les opinions, j'espère n'avoir jamais blessé personne. La critique des idées est d'ailleurs un des droits de la science, qui n'avancerait pas si elle se forçait à tout approuver.

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