‹ L'Hygroma Suppuré de la Bourse Séreuse de BoyerChapitre 8 sur 22 · ETUDE ANATOMIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE ANATOMIQUE

La Bourse séreuse de Boyer est située dans la loge sous-hyoïdienne. Située, comme son nom l'indique, au-dessous de los hyoïde, la région sous-hyoïdienne, est une région impaire et médiane, occupant la partie antérieure et inférieure du cou. Cette région renferme, au nombre de ses parties constituantes, une portion des deux grands appareils digestif et respiratoire. Ces formations viscérales (larynx, trachée, corps thyroïde, œsophage), ici comme au thorax et à l’abdomen, s’abritent en arrière d’un plan musculo-aponévrotique. La région sous-hyoïdienne comprend : 1° la région sous-hyoïdienne proprement dite, entendant par là les différents plans qui s’étagent en avant des formations viscérales précitées ; 2° le larynx qui occupe la partie moyenne de la région ; 3° la trachée viscérale qui fait suite au larynx ; 4° le corps thyroïde qui s’étend en avant et

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sur les côtés du conduit laryngo-trachéal ; 5° l’œsophage cervical qui descend en arrière de la trachée.

Nous étudierons seulement la région qui nous inté-

resse : la région sous-hyoïdienne proprement dite.

RÉGION SOUS-HYOIDIENNE

C’est l’ensemble des parties molles qui se disposent en avant du plan viscéral de la région sous-hyoidienne, c’est-à-dire en avant du corps thyroïde et du conduit laryngo-trachéal.

1° Limites.

Elle a pour limites : a) en haut, une ligne horizontale passant par le corps de l’os hyoïde et se terminant, à droite et à gauche, au muscle sterno-cléidomastoidien ; b) en bas, la fourchette sternale ; €) latéralement, le bord antérieur des deux muscles sterno-cléido-mastoïdiens., Ainsi délimitée, notre région sous-hyoïdienne proprement dite confine aux régions suivantes : en haut, à la région sus-hyoïdienne ; en bas, à la région sternale, ainsi qu’au médiastin antérieur ; à droite et à gauche, aux deux régions sterno-cléido-mastoïdiennes ; profondément, à la région thyroïdienne et au conduit laryngo-trachéal.

D EAYA RSR 2° Forme extérieure et exploration.

Ainsi délimitée, nous allons explorer rapidement avec l'œil et le doigt cette région sous-hyoïdienne, pour nous permettre de mieux préciser notre diagnostic, quand elle sera le siège d’un phlegmon, en particulier d’un phlegmon cirsconserit.

Elle affecte la forme d’un triangle isocèle, dont la base dirigée en haut, répond à l’os hyoïde et dont le sommet, légèrement tronqué, repose sur la fourchette sternale.

Si nous palpons le triangle sous-hyoïdien, nous rencontrons successivement : 1° sur les côtés et à la limite latérale de la région, la saillie en corde des sterno-cléido-mastoïdiens ; 2° sur la ligne médiane, le conduit laryngo-trachéal et une gouttière plus ou moins accusée, au fond de laquelle on sent battre

la carotide.

Si, maintenant, nous suivons de haut en bas le conduit laryngo-trachéal et ses annexes, nous rencontrons teut d’abord la saillie dure et résistante que forme l’os hyoïde; puis, au-dessous de l’hyoïde, une gouttière transversale, la gouttière sous-hyoïdienne, formée par la membrane thyro-hyoïdienne, présentant un centimètre de hauteur, dans la position ordinaire de la tête, mais pouvant atteindre deux centimètres et même deux centimètres et demi, lorsque

la tête est fortement renversée en arrière.

ADR rec

C’est précisément sur cet espace membraneux que doit se fixer dès maintenant notre attention, puisque, comme nous le verrons dans la suite, la bourse séreuse de Boyer est située dans l’espace compris entre l’aponévrose cervicale moyenne en avant et la membrane thyro-hyoïdienne en arrière. Vient ensuite la pomme d'Adam, saillie bien connue, développée surtout chez l’homme, déterminée par l’arrête antérieure du cartilage thyroïde ; elle est verticale et médiane et se termine, en haut, par une petite échancrure à concavité supérieure. Au-dessous de la pomme d'Adam, le doigt sent encore la saillie transversale du cartilage cricoïde, et, enfin, la trachée.

Ajoutons qu'il existe une position, tête et cou en flexion, dans laquelle les muscles étant mis dans le relachement, l'exploration de la région sous-hyoïdienne se trouve, de ce fait, rendue plus facile : c’est la position d'exploration clinique. Dans la position inverse, tête et cou en extension, les tissus sont tendus et forment un plan résistant qui gêne l’exploration des organes sous-jacents, mais qui, par contre, rend les manœuvres opératoires plus aisées : c’est la position opératoire, celle que le chirurgien doit donner au malade, lorsqu'il intervient sur la région.

Nous n’insisterons pas sur les modifications pathologiques de la forme normale de la région soushyoïdienne qui peut être déformée, soit dans sa tota> lité par des phlegmons diffus, par de l’emphysème,

des lipomes, etc., soit partiellement par des phlegmons circonscrits ou des tumeurs qui, sur les côtés, proviennent, d'ordinaire, de la région carotidienne (adénites, anévrysme) qui, sur la ligne médiane, ont pour point de départ la glande thyroïdienne le plus souvent (goîtres).

3° Aponévroses.

Les nombreux points de contact que présentent entre eux les phlegmons du cou, s’ils justifient une étude d'ensemble, il est bfen difficile d’en donner une classification parfaite ; on est obligé de se baser sur la disposition des loges aponévrotiques. Or, l’anatomie les délimite mal, en certaines régions, et, d'autre part, la progression du pus est loin de suivre d’une façon constante, comme l’a bien montré Malgaigne, les limites tracées par les aponévroses. Seul, l’hygroma suppuré de la bourse séreuse de Boyer offre une symptomatologie et une évolution particulière, sauf, peut-être, quand elle existe, celui de la bourse préthyroïdienne de Béclard qui se trouve le plus souvent au-dessous de l’aponévrose.

Quels sont donc les rapports de la bourse séreuse de Boyer avec les aponévroses cervicales ?

L'aponévrose cervicale superficielle forme au cou une gaine complète. Dans la région cervicale antérieure qui nous intéresse, elle recouvre, en avant, la

région sous-hyoïdienne et s'étend au-dessus de

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