RANCE
Jamais malade. Pas de signes de tuberculose ni de spécificité. il ya six ans, il fit une chute sur le genou droit. L’articulation augmenta légèrement de volume, mais la douleur n’était pas très vive et la mar— che restait possible. Il ne semblait pas y avoir eu d’hémarthrose. Après vingt jours dimmobilisation dans un plâtre, la guérison [ut complète. Quatre ans après, au début de 1911, le genou droit augmenta peu à peu de volume, sans douleurs, sans gêne des mouvements articulaires. Une ponction permit de retirer du liquide jaune citrin, c'est ce qui décida le malade à entrer à l'hôpital le 3 décembre 1912. À ce moment, on constate au-devant de la rotule droite une tumeur du volume du poing, non douloureuse, fluctuante, recouverte par une peau normale. A la palpation de la poche, pas de bruit de chaînon. On sent à l’union du tiers moyen et du tiérs inférieur de la rotule un ressaut transversal qui va d'un bord à l’autre et qui pourrait faire croire à une lésion osseuse. Sur le bord externe de la poche et à sa partie moyenne, on sent une petite nodosité dure du volume d’un pois, qui semble être une production fibreuse développée à ce niveau. L’articulation du genou” est absolument indemne; pas de ganglions, pas d’atrophie de la cuisse; bon état général.
Intervention le 7 décembre 1912. Après une dissection minutieuse de l’hygroma, on peut l'enlever en bloc sans ouvrir la poche. Suites opératoires normales.
La pièce présente un aspect bien particulier, A l'ouverture de la poche, il s'écoule un liquide jaunâtre conténant une grande quantité de petits grains tout à fait analogues comme aspect et consistance à des grains de riz très cuits. Les parois-sont lisses, mais montrent en deux ou trois endroits des sortes de ponts fibreux arrondis jetés entre deux points de la paroïi. Ce sont ces tractus. que l’on sentait sous forme de nodosités dures à la palpation de la poche,
Il s’agit, en somme, d’un hygroma à grains riziformes survenu chez un sujet qui ne semble pas tuberculeux, que sa profession n’obligeait pas à se tenir à genoux, mais qui avait subi un léger traumatisme du
genou droit quelques années auparavant,
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Osservarion IV (x Thèse ReGnauzr, 1870) ) Hygroma pré-rotulien à grains riziformes
RDA, cinquante-quatre ans, charpentier, entré le 1° mars 1869, à l'hôpital Beaujon, salle Saint-Félix n° 75, dans lle service du Professeur Delbeau. 4
D'une bonne santé habituelle, ce malade raconté que sa profession l’oblige à prendre souvent un point d'appui sur ses genoux. Il s’aperçut il y a huit mois que la peau du genou gauche était soulevée en avant. | Cette grosseur s’est développée, pour lui, sans eause appréciable, len- =.) tement, sans douleur. Aujourd'hui elle gêne les mouvements du genou re
et il veut en être débarrassé. RQ Mer NE 1° mars. État actuel. — Au-devant du genou existe une tumeur du
volume d’un très gros œuf faisant à l'avant de la rotule une saillie de
5 centimètres environ, fluctuante, transparente, piriforme. La grosse L
extrémité ne dépasse pas le bord antérieur de la rotule, mais elle s
envoie au dehors du ligament rotulien un petit prolongement. Elle est irréductible. Par le palper, on perçoit un froissement comparable à la sensation que donne l’amidon que l’on écrase entre les doigts, et on sent distinctement des corps mobiles.
Diagnostic. — Hygroma pré-rotulien chronique à grains riziformes.
| 4 mars. Ponction avec un trocart de calibre moyen qui donne issue
-à un liquide brun rosé, très fluide, un peu gommeux au toucher. Il ne sort pas de grains riziformes. On injecte par la canule une solution de teinture d'iode iodurée qui est laissée dans le kyste trois minutes environ. Douleur médiocre.
5 mars. Une vive inflammation s’est déclarée dans la poche. La peau qui la recouvre est rouge, tendue, douloureuse,
Pas d'accélération notable du pouls, pas de soif vive, cataplasmes émollients.
Le 6 et le 7, même état.
Le 12, la poche est presque aussi fluctuante et presque aussi tendue que le lendemain de l'opération; encore un peu de douleur à la-pression. Pas de perte de l'appétit. Compresses imbibées d’eau blanche.
Le 17 et jours suivants, la résolution se fait de plus en plus. Les mouvements de la jambe sur la cuisse peuvent s'effectuer sans douleurs. L'épiderme se desquame en certains points. Coloration du derme normale. : |
Compression avec une bande roulée.
Le 22, le malade qui n’a pas trace de sa tumeur demande sa sortie.
Le 27, le sujet se présente à la consultation. Plus trace d’épanchement ni de tumeur quoiqu'il ait repris son travail. Au-dessus du ligament rotulien, on Sent quelques points durs, immobiles qui semblent dus aux grains riziformes non évacués.
Ogservarion V de M. Duvernay (in Lyon médical, janvier 1902, p. 113)
Hygroma pré-rotulien à grains riziformes
Le malade est âgé de cinquante-trois ans. Il y à quatre ans, il eut une pleurésie droite. H en reste de l’obscurité respiratoire sur presque toute la hauteur du poumon. Les sommets sont pourtant normaux. Le
malade ne tousse pas, ne crache pas, il a toujours Conservé son embonpoint.
Pas d’autres antécédents rhumatismaux qu'une légère atteinte de douleurs rhumatoïdes dans une épaule il y a au moins quinze ans.
D'autre part, jamais de grand traumatisme ayant porté sur le genou ; mais depuis quarante ans P... est plâtrier-peintre, et, dans son mélier, il à la spécialité des ouvrages près de terre; les plinthes des portes, les soubassements des murs, les faux marbres, etc. Pour ce. travail il s’'agenouille, mais non des deux genoux, un seul touche terre, dans l’attitude de la génuflexion, position, paraît-il moins, pénible.
I y a deux ans, P... s’aperçut par hasard d’une légère tumeur audessus du genou droit : elle était molle, fluctuante, « douce », dit le malade. Getle tumeur augmente petit à petit sans occasionner grande gène. Dans le courant de l’année dernière, une nouvelle tumeur semblable à la première prit naissance autour d'elle, en bas de la rotule. Toutes deux augmentèrent insensiblement de volume, se rapprochèrent et finalement arrivèrent à communiquer, ce dont le malade s’aperçut en faisant refluer le contenu de l’une dans l’autre. Lorsqu'il se présente
à la visite, le 5 novembre, il est porteur d’une énorme masse bilobée, comme collée à fa face antérieure du genou.
Le lobe supérieur est arrondi, il siège exactement à la partie antérieure de la rotule et remonte très peu au-dessus; sa consistance est essentiellement fluctuante, pressé avec la paume de la main il s’affaisse, tandis que l’intérieur se gonfle et se tend. À ce moment, soit la main qui presse, soit l’autre main placée sur le lobe inférieur perçoit dans L'expression brusque; très nettement, /e bruit, ou plutôt la sensation de chaïînon telle qu'on la décrit dans les synoviles à grains du poignet. Nous disons « sensation », car l'auscultation même la plus minutieuse ne permet de saisir aucun bruit. D'autre part, et cela se conçoit, cette sensation n’est pas perçue dans les mouvements exécutés par le malade lui-même, comme on l’obtient dans les synovites à grains du poignet (Viannay). Déprimée et presque vidée la poche laisse sentir au doigt la face antérieure de la rotule : celle-ci est rugueuse; le doigt promené à la surface ressent des saillies et des creux irrégulièrement disséminés, de temps à autre on saisit sous le doigt des corps étrangers, petits, roulant comme des noyaux. ‘
Le lobe inférieur, beaucoup plus volumineux, est triangulaire, à sommet inférieur, à base légèrement excavée, son angle interne s’avance très haut jusqu'au condyle du fémur. Entre les deux poches, et les séparant très nettement, se trouve un sillon assez profond. L’articulation est absolument saine, tous les mouvements sont possibles, ils restent seulement un peu limilés par suite de l'énorme masse prérotulienne. Au-dessous du genou, les veines sont légèrement dilatées.
Quelques ganglions à l’aine, sans importance d’ailleurs; ils sont bilatéraux.
L'opération est pratiquée par M. Rollet le 7 novembre. Une incision faite à la partie médiane du lobe inférieur ouvre la poche; il en sort un jet de liquide jaune contenant une grande quantité de grains, petits, transparents, analogues à de la semoule ou à du sagou cuit. La poche est très épaisse, disséquée méthodiquement aux ciseaux, elle est excessivement adhérente aux tissus voisins, sans plans de clivage, sauf peut-être à sa face profonde, ce plan d’ailleurs pouvant être l’une des deux autres bourses pré-rotuliennes. La bourse ainsi
extirpée répond exactement à ce qu’en indiquait la palpation : deux
lobes, l’un supérieur plus petit, l'autre inférieur plus gros et poussant un prolongement en dedans. Entre les deux, le doïgt est pris dans un rétrécissement laissant passer l'index. Le rétrécissement est encore augmenté par la présence d’une bride traversant en diagonale son orifice supérieur. ; ‘
La paroi interne, presque lisse au bord supérieur, est, à l’autre lobe, parsemée de formations nouvelles, les unes à court pédicule, les autres complètement adhérentes. Quelques-unes ont la consistance cartilagineuse et sont blanchâtres; nulle part de fongosités; la paroi donne assez l'impression d’une vieille synovite à grains, dépolie et rugueuse . k
Une légère ouverture cutanée est faite au point déclive, en dedans, par précaution. Suture, pansement compressif, immobilisation. Le soir de l'opération, le malade a 37°5. C’est sa plus haute température.
Huit jours après, on fait le premier pansement; la réunion a été immédiate. Les fils sont ôtés : par la contre-ouverture il s’est écoulé de Ja sérosité sanguinolente.
Quinze jours après, le malade marche, va et vient dans la salle. I est présenté à la Société des sciences médicales, le 27 novembre 1901, complètement guéri, avec l'articulation du genou entièrement libre.
Osservarion VI (èn Thèse Favarnin)
Hygroma pré-rotulien à grains riziformes
G..., concierge, àgé de cinquante, ans, eutre le 24 janvier 1881 à l'Hôpital Cochin, salle Saint-Jacques, 20. IL y a un mois et demi, ce malade à fait une chute sur le genou droit. Tout s’est borné à un peu de douleur ressentie par le malade au niveau de la région contuse. Cette chute ne l’a pas empêché de continuer son travail. Mais peu de de temps après l'accident est survenu un épanchement pré-rotulien. Le palper fait reconnaître de la fluctuation et, de plus, la présence de petits corps roulant sous les doigts. Il s'agissait d'un hygroma à grains rizilormes.
4° février. On injecte quatre gouttes de chlorure de calcium.
2 février. Une légère inflammation s’est produite.
SE Die 3 février. On fait la compression ouatée.
10 février. La tumeur à disparu, plus de fluctuation, on ne sent plus les grains riziformes ; le malade quitte l'hôpital. e
Osservarion VIT (22 Thèse Gaurrann, Paris 1898-99) , Hygroma pré-rotulien à grains riziformes
Angèle C..., trente-six ans, entrée le 6 mars 1899, à la Pitié, salle Gerby. Ë ;
Antécédents héréditaires. — Une mère morte de tuberculose.
Antécédents personnels. — Rougeole à huit ans. Réglée à dix-neuf ans. Règles régulières et non douloureuses. Un enfant bien portant.
Elle fait remonter à un an le début de l'affection, par de l’enflure et de la douleur. La douleur a rapidement disparu. Depuis, la tumeur n’a point augmenté, mais de dure elle est devenue molle peu à peu.
Le palper fait reconnaître au-devant de la rotule une tumeur aussi grosse qu'une mandarine. Elle est fluctuante, irréductible. On sent la crépitation neigeuse produite par des corps étrangers.
Opération : le 13 mars. Incision longitudinale face antérieure du genou, longue de 6 centimètres. Dissection de la poche jusqu’à la face antérieure de la rotule à laquelle elle est très adhérente. À ce niveau, nécessité d'ouvrir la poche et de détacher peu à peu la paroi profonde de la tumeur. La poche kystique présente des parois blanchâtres et opaques assez épaisses. Le contenu est un liquide citrin renfermant des grains riziformes. Deux mois après l'opération, guérison complète.
Genou normal.
OsseryarioN VII de S, M. Cons (Résumée on Journ. de chir., juillet 1914) Hygroma pré-rotulien à type scléreux I s’agit d'un homme de vingt-quatre ans qui présente un genou
gauche volumineux, chaud et douloureux sur les côtés. On note une atrophie légère de la jambe et de la cuisse.