‹ L'hylozoïsmeChapitre 1 sur 4 · EN PRÉPA RA TI ON · texte numérisé non relu

EN PRÉPA RA TI ON

La Métallothérapie.

Comment on devient Alchimiste. {Essai sw l Ai t Spagirique et ! Hermétisme.)

Fr, JOLLIVET-CASTELOT

li’Hylozoïsme m-

li’fllehimie

Les Chimistes CnitaiFes

AVEC INTRODUCTION DE P. SEDIR Directeur-Adjoint du « Groupe Indépendant d'Etudes Esotériques »

Dans cette reviviscence de l’Esotérisme à laquelle assistent nos contemporains, et qui semble vouloir se développer jusqu’à jeter les bases d’une école philosophique importante, il faut, si l’on veut en concevoir la direction, déterminer ses caractères dans les systèmes particuliers de l’Occulte où les tendances modernes la poussent spécialement.

Dans riUuminisme comme dans la Gnose, les esprits d'avant-garde qui en ont entrepris à nouveau Tétude, y apportent les qualités — et les défauts — de l’intellect séculier ; pour l’un, la préoccupation d’une utilité applicable immédiatement, pour l’autre, la minutie exacte de l'expérimentalisme positiviste. C’est à l’élucidation d’une branche de la Gnose que sont

consacrées les substantielles études de M. Jollivet-Castelot, dont je vais essayer de préciser la portée.

L'Occulte est la connaissance intégrale, vers laquelle nous nous efforçons tous ; et de cette définition a priori, découlent des corollaires indispensables, que tous les livres d’initiation reproduisent, et que cependant les candidats ne se donnent pas le soin de comprendre tout d’abord. L’un de ces corollaires est connu comme loi des analogies universelles dont l’expi'ession schématique se retrouve dessinée ou écrite partout.

On ne doit donc point, en Occulte, étudier un sujet particulier sans y rattacher la série de ses correspondances, de façon à le concevoir au double point de vue de son individualité et de sa participation à la vie générale. Il ressort, par suite, que la connaissance peut être envisagée comme un aliment intellectuel, et pour profiter à celui qui la reçoit, il faut que, comme sur le plan inférieur, l’organisme qui s’en nourrit l'absorbe, la digère, l’assimile, pour la faire servir, dans le futur, à une repro-

duction, à la conception d un enfant intellectuel, à la génération d’une idée;' ce procès a été exprimé dans la phi'aséologieuindoue par la théorie de rUnion {Yoga) ou identification de ce qui perçoit, de ce qui est perceptible et de ce par quoi s’effectue la perception.

Ainsi donc, lorsque, dans la hiérarchie des sciences occultes, on assigne au système alchimique, le rôle d’étudier la biologie de la Nature minérale terrestre, deux autres objets se présentent dans le même temps à l’esprit du chercheur: la correspondance de ces procès biologiques avec les prOcès cosmogoniques d’une part et androgoniques de l’autre. De la sorte, se retrouvent les trois ciels principales, qui ouvrent la logosophie hermétique, et la Volonté peut concevoir le projet du Grand- Œuvre théurgique, psychurgique. et matériel.

C’est le dernier point de vue seul qu’a contemplé M. JoUivet-Castelot, avec cette préoccupation spéciale de diriger sa marche du dehors au dedans, de l’expérience à la loi, du patent à l’occulte. Le fondateur de la « Société hermétique de France », Albert Poisson, a vu

PRÏ^FACE

ses trpyaux arrêtés en ce monde, ses projets de réalisation fauchés en leur fleur; peut-être, à plusieurs, pourrons-nous ajouter quelques pierres au monument dont notre cher et regretté collaborateur avait déjà jeté les majestueuses assises. Et c’est en ayant sous les yeux ses livres d'^ùhe beauté forte et simple, et en me remémorant de longues et instructives causeries, que je vais essayer une brève esquisse de la théorie alchimique considérée dans son développement généi'ique

Les conceptions qui vont suivre seront exprimées dans un langage très analogue à celui des hermétistes ; le lecteur voudra bien nous pardonner l’emploi de cette phraséologie symbolique ; ceux qui en ont la clé connaissent sa force et son énergie vivante ; et aux autres, sera ainsi fourni un point de comparaison nouveau, quand ils prendront connaissance des belles théories de l’hylozoïsme, exprimées si clairement par M. Jollivet-Castelot.

Comme toute réalisation n est que le corps d’une idée, pour manier la Nature, il faut connaître son Principe. Cette conception primordiale est de toute importance dans les études occultes ; « elle renferjne la noble pierre des sages, estimée par ceux qui la possèdent comme supérieure à toutes les magnificences du monde externe » (i). Autant qu’on peut l’exprimer par des paroles, le Centre est le point de départ de toute manifestation, de tout développement, de toute différentiation ; c’est « le désir de la manifestation de l’informe en une forme, du rien en quelque chose, pour révéler le mystère profond de l’Etre éternel divin » (2).

Les Centres de toutes choses proviennent de trois, et ces trois proviennent de l’Un.

Toute chose, enseigne Paracelse (3), contient sa forme, sa nature, cause de la forme, et son germe qui est l’humide radical, le baume du ^ , contenu dans les quatre éléments.

Le germe d’une chose ou sa semence est

(i' Jac. Boshme. — Theosophische Briefe, XVI, 6-8.

(2) Id., Apol. contr. B, Tilken, 48g.

(3) Sentier chyntique.

lO PREFACE

appelé à cause de sa fluidité et de son adhérence : c’est une vapeur humide possédant une chaleur interne qui est évertuée au sein des quatre éléments par l’action du Centre de la Nature ou Archée.

La semence d’un corps n’est que le i/8oo« dé son poids.

Nous savons déjà ce qu’est le Centre de la Nature ; étudions avec un peu plus de détails la formation des quatre éléments ; nous verrons ensuite de quoi procède la semence mercurielle.

Ce principe d’individuation des choses est la force de concentration, d’astringence, qui resserre autour des centres les divers matériaux non informés qui nagent au sein des Eaux primordiales. Ces Eaux dont la conception est de la plus haute importance, sont le miroir où vient se refléter la grande Trinité divine (i) ; c’est en leur sein que sont contenues toutes les

i) Les symboles religieux de tous les temps retracent leur fonction au point de vue cosmique comme au point de vue humain. Çlles sont Marie, Maïa, Sophia, la Nature-Essence, Isis, etc.

potentialités de i’Univers. Leur base est l’élément ultime, la Quintessence des alchimistes, forme suprême de l’Espace, c’est-à-dire de la Substance (i).

Au sein de cette mer informe joue la force d’attraction à laquelle s’oppose la force d’expansion. Du tourbillon de leur lutte naissent, d’une façon analogue au procès physique, l’éclair ou le Feu produisant d’un côté, par sa chute, la sécheresse de l’élément Terre, et de l’autre, par son action sur la grande Matrice, une émanation aérienne, dont la résolution produit l’Eau élémentaire.

Passons maintenant -à l’étude de la Grande Trinité alchimique. . -

D’une manière générale, on appelle soufre^ l’âme lumineuse des choses, leur principe' interne, le premier temps de leur ternaire générateur. A la fois céleste et terrestre, père de toute spiritualité et de toute corporéité,

(i) Cf. Sri Sankaratcharya. Atma Bodh., passim.

Jacob Bœhmk — Trois Principes, XXII, 14, 24 à 27 ; Triple Vie, V, 53, 54, 105 ; Signatura rerum, III, XIV etc.

père des métaux et leur transmutateur, père des êtres, il contient l’Eau et l’Huile, les propriétés célestes et terrestres. C’est pourquoi il est nécessaire à la régénération, dans le cours de laquelle il découvre l’homme spirituel et le métal parfait (i).

Caché dans le centre de l’humide radical, il y est couvert d’une écorce dure qui détruit la putréfaction (2) ; les philosophes chimiques lui donnent la forme d’un aigle volant, et l’appellent ferveur sèche. Chaud inné -, il est la force animique, l’énergie intellectuelle (3).

Dans le langage hermétique la forme du corps est appelée Sel 0, mixte coagulé ou terre rouge ; il est leur aspect sensible, leur ipséité, le fixe, le pondérable, ce qui tend au repos central (4). Il correspond à l’élément Terre.

(1) Cf. J. Bæhme : Signatiira rerttm, ch. III, IV, V VIII, IX, X.

(2) Sentier chymique.

(3) St. de Guaita : Au seuil du Mystère. Passim.

(4) E. LeVI : Dogme et rituel de haute magie^ t. Il, P- ^ 35 -

^Kéface 1 3

Le Mercure dey alchimistes ^ semble être la force vibratoire universelle, ce que Louis- Michel de Figanières appelle le fluide sonique (i). Le point de génération du Mercure est la force astringente, et il se manifeste par le choc des mouvements rectilignes dans l’Eau universelle. La loi du Mercure est le Senairê, tant comme mesui’e du cercle que comme triple binaire ou double ternaire ; son schéma (le caducée) exprime toutes ces propriétés, ainsi que le moyen de sa fixation {2), par laquelle il se repose dans un quaternaire d’équilibre. On le retrouve dans tous les êtres dont il soutient la fonction spirituelle.

Il a été nommé Azoth, magnésie universelle, l’androgyne ailé et barbu, dissolvant universel, Aob, etc. (3),

Résumons ces brèves théories.

L’Univers — ce mot étant pris dans son

(1) Voyez Clé de la Vie^ Vie universelle,, passiin.

(2) Pour plus de détails, cf. Catéchisme des Philosophes inconnus dans VEtoile flamboyante, dubaron de Tschoudi ;

]. Bœhme : le Signàtura Rerum, passim, ch. II, III, IV, Vl, VIII, IX, XIII.

(3) Cf. E. Levi : Rituel de Haute Magie, p. 165, 295, etc ^

acceptation la plus large — dépend, pour les Hermétistes, de la réaction des principes absolus nommés Dieu par les religions. Au point de vue de l’ontologie des choses, ces principes, pour passer de puissance en acte, se réfléchissent dans leurs facultés universelles : ce plan d’indifférence, où roulent les germes de toutes choses, est la Nature naturante de Spinoza et l’école d’Avicenne ; elle est cette Vierge conçue sans péché, dans le sein de qui s'incarne le Fils de Dieu par la médiation du Mercure vivant.

Appliquant ces données générales au procès pai'ticulier qui nous occupe, l’on voit que l’alchimiste, voulant régir le régime des métaux, doit agir, non pas sur leur forme extérieure 0 qui est un caput mortuum inerte, non pas même sur leur principe interne, puisque ce principé est le même pour tous les corps, mais bien sur leur âme, sur leur régime serpentaire, sur leur faculté d’adaptation de l’interne à Fexterrie et de l’externe à l’interne, par laquelle ils vivent, et qui s’appelle le ^ des philosophes. > '

Ainsi donc que l’enseigne F.liphas Levi, « le problème résolu par la Magie d’Hermès est celui-ci :

« Accumuler et fixer dans un corps artificiel le calorique latent de manière à changer la position moléculaire de corps naturels par leur amalgame avec le corps artificiel. »

Le dit calorique est renfermé dans le Mer^ cure des philosophes ; une fois ce ferment indispensable trouvé, on le fait agir sur l’argent, puis sur l’pr ; ce qui donne deux autres ferments ; et la coction de ces trois ferments dans le fourneau alchimique, appelé athanor, produit, au bout d'un an, et après différents changements d’aspect (les couleurs de l’œuvre) la pierre dans son premier état (i).

Je terminerai ici cette rapide et trop imparfaite esquisse des principes de l’grt hermétique; l’obstacle principal qui empêche les savants modernes de s’intéresser à cette branche du

11 ) Papüs: Traité méthodique de Science occulte,^. 647.

savoir est l’obscurité de sa phraséologie. Seuls de patients et tenaces" chercheurs, au courant des incessantes découvertes de l’expérimentation, les répétant et les variant sans cesse, les classant à un point de vue métaphysique, et dirigés dans leurs travaux par le sentiment interne de la vie universelle, pourront vaincre cette répugnance — ou cette paresse — des esprits positifs. M. Jollivet-Castelot occupe, parmi ces chercheurs, un rang de science et d’enthousiasme ; c’est à cette oeuvre difficile qu’il a consacré sa vie tout entière. Je suis heureux de pouvoir lui présenter ici, au nom de ses collègues du Groupe inâfipen ïant d'Etudes ésotériques — parmi lesquels il s’est conquis une place fort distinguée — les plus vives félicitations pour son dévouement, et les vœux les plus sincères pour son succès.

Sédir

19 novembre 1895

LES CHIMISTES UNITAIRES

LES CHIMISTES UNITAIRES

August Strindberg et L. Emile Vial

Le XIX* siècle a vu surgir quelques chimistes ardents défenseurs de l’Unité de la Matière, et leurs travaux souvent dédaignés des pontifes officiels, ont pourtant révolutionné non seulement la Physique et la Chimie, mais encore les connaissances philosophiques de l’Humanité. L’Univers s’est transformé aux yeux étonnés des penseurs et du grand public ; un courant nouveau secoue le monde anxieux que le XX® siècle éclairera de lueurs magnifiques, car l’impulsion est violente, une Ecole moderne s’impose aujourd’hui, tout enthousiaste et indépendante...

Les noms de Cyliani, Louis Lucas, Titfereau, A. Poisson, sont trop présents à la mémoire des hommes, des intellectuels ; Thistoire de leurs travaux fut trop souvent tracée pour que nous en parlions à notre tour ; notre rôle est plus modeste ; nous voulons seulement attirer l’attention et la reconnaissance sur

LES CHIMISTES UNITAIRES

deux chimistes unitaires de ces dernières années dont les utiles travaux ne sont point assez connus : August Strindberget L.-Emile Vial,

August Strindberg! Personne n’ignore cet homme illustre, le premier littérateur de la Suède, dont la renommée en France grandit, à juste titre, de jour en jour.

Dramaturge remarquable, romancier puissant d’une intense psychologie scientifique, c’est une figure étrange que ce Scandinave dont l’esprit s’est porté en même temps sur les plus grands problèmes de la Science qu’il aborde avec une rare originalité.

Chimiste et littérateur, il brille d’un vif éclat dans ces deux branches, et nous nous étonnons que ces travaux sur TUnité de la Matière et la Transmutabilité des Corps ne soient pas connus davantage.

De ses œuvres littéraires, nous n’avons rien à dire ici ; qu’il nous suffise de rappeler ses principaux titres de gloire : Magda^ symbolique, jouée à la Renaissance de Paris, par Pincomparable Mme Sarah Bernhardt ; le Paîdoyer d'^un Fou, livre d’un bizarre réalisme où l’auteur nous conte des mésaventures d’amour très fouillées — mais que nous souhaiterions moins crues ; Sensations d'un Détraqué^ étonnantes

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peintures d’une profondeur de pensée toute spéciale, mélange de rêve et de science, que le Figaro s’est empressé de publier, car il en a pressenti l’immense saveur cl le succès.

Antibarbarus, tel est le titre du principal essai où A. Sirindberg a réuni ses expériences et ses méditations sur les métamorphoses de la Matière (i) ; un premier tome a paru, publié en allemand, et duquel nous parlerons un jour prochain, nous réservant d’en faire une étude complète que nous ne saurions aborder ici, car elle sortirait des cadres d’une esquisse générale.

Contentons-nous donc de présenter brièvement les grandes lignes des travaux que Strindberg exposa d’ailleurs dans le Figaro et où 'il voulut bien rappeler nos propres recherches sur ce sujet :

Il considère le soufre comme une combinaison ternaire en parenté avec les résines fossiles et dérivant des carbures d’hydrogène. Il réfute l’idée des corps simples et confesse sa croyance à la transmutabilité des substances, sans aucune restriction. Ses soins ne portèrent pas seulement sur les points théoriques de la chimie ; abordant les pénibles et difficultueuses expériences, M. Strindberg s’attacha à l’étude du

(i) Depuis, M. A. Strindberg a publié une très curieuse et fort intéressante : « Introduction à une Chimie Unitaire. >. i broch. 1895. - Edition du Mercure de France. 15 rue de l’Echaudè St-Germain.

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chlore qu'il croit proche parent du bioxyde d’hydrogène ; il donne une nouvelle formule de l’iode •

S’attaquant à l’azote, il le pense correspondre à l’oxyde de carbonne atténué de moitié.

Dissolvant « du cuivre pur en huile de lin », il ne retrouve plus le cuivre par analyse, mais du nickel. Ce serait donc une transmutation du cuivre en nickel.

Encouragé par ces premiers résultats, le savant se livre à la fabrication artificielle de l’or : sa méthode diffère de celle de Tiffereau et de la nôtre ; mais plusieurs méthodes conduisent souvent au même but et il est fort possible que M, Strindberg arrive à produire couramment de l’or en partant du plomb et du soufre.

Le soufre ! elles firent un bruit énorme, les recherches du chimiste suédois sur ce corps soi-disant pie et qu'il envisage très justement, à notre avis, comme un composé d’hydrogène, d’oxygène et de carbone à l’état de graphite.

Dans une lettre qu’il nous adressait, Auguste Strindberg nous faisait part qu’à plusieurs reprises il avait trouvé du charbon dans Je soufre; que, dès lors, il rangeait le soufre parmi les résines ; il nous engageait à tenter aussi des essais sur ce chapitre, ce que nous nous proposons d’exécuter^

Mentionnons, avant de terminer l’histoire des idées chimiques de M. Strindberg, sa loi des énergies an-

LES CHIMISTES UNITAIRES 2 3

cestrales ou mémoire inhérente à la matière considérée par lui comme vivante:

« En sa qualité d’étre vivant, elle subit la loi de l'hérédité, héritant des tendances des ancêtres comme nous héritons du vice et de la vertu de nos pères, » dit-il d’une remarquable façon.

On voit donc que, chimiste unitaire, M- Strindberg partage aùssî nos idées sur l’hylozoisme, accorde la mémoire, l’amour, la sensation au principe cosmique.

Les ouvrages de M. Vial, presque ignorés, offrent de remarquables chapitres et nous ne pouvons comprendre pour quelle raison ils demeurent dans l’obscurité. Nous regrettons de ne les point avoir connus plus tôt, car nous n’eussions pas omis d en parler dans notre livre: La Vie et VAme de la Matière^ et de leur rendre Justice,

Certes, beaucoup de critiques se pressent sous notre plume; nous ne partageons point les idées de cet auteur au sujet de la formation des éléments chimiques ; à vrai dire, M. Vial n’est pas un unitaire absolu ; ses préférences semblent vouloir scinder la matière en deux parties distinctes, si je puis m exprimer ainsi; c est souvent une matière double qui nous est presentye, Tune personnifiée par l’oxygène, l'autre par Thé-

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drogène; mais nous estimons qu’il ne s'agit là que d’un malentendu sur lequel reviendra M. Vial, car dans le courant de ses travaux, il envisage parfois aussi l’oxygène ou l’hydrogène comme le premier élément d’où découlent les autres, et c’est ce qui nous a engagé à qualifier l’auteur du nom de chimiste unitaire, puisque, somme toute, il aboutit à simplifier la chimie et à proclamer la transmutation.

La chaleur et le froid, éléments positif et négatif (+ et —) représentés par l’hydrogène et l’oxygène (i), tels sont, d’après lui, les agents universaux, causes de tous les phénomènes physiques et chimiques, entités distinctes et opposées.

Il consacre à cette étude ses trois mémoires: La Chaleur et le Froid', Attraction moléculaire ci le Positif et le Négatif [2).

Parcourons-les avec attention.

La chaleur et le froid ; ATTRACTION MOLECULAIRE

L’hydrogène et l’azote constituent bien le métal, d’après Vial ; l’eau est son père naturel. L’hydrogène ,

(1) Vial définit l’hydrogène positif et l'oxygène négatif; nous ferons remarquer que la plupart des savants, d’après leurs expériences, notamment A. de Rochas et Luys, considèrent l’H comme — et FO comme -f.

(2) J. Michelet, éditeur, 25, quai des Grands-Augustins, et Alphonse Lemerre, passage Choiseul, Paris.

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est ie divin principe de tout. Il se lui-même

en créant l’oxygène qui, plus condensé et double afin de pouvoir enfanter, devait être sa seconde moitié.

La lumière provient de l’embrasement de l’oxygène et de l’hydrogène primitifs ; de leur réunion aussi naquit l’eau. (Il est inutile de faire remarquer tout ce que présente de fantaisiste la première hypothèse...)

Qu’est-ce que la chaleur ? se demapde M. Vial.

y La quantité de fluide vital perdue par la matière, quand, pour mourir et par des combinaisons de température décroissante suivies de densités croissantes, elle se rend dans le chemin d'aller de Tétât gazeux à l’état solide, terme final de la création ».

Qu'est-ce que le froid ?

« La quantité de fluide vital reprise par la matière, quand, pour revivre et par des décompositions de température croissante suivies de densités décroissantes, elle va dans le chemin de retour de l’état solide à l’état gazeux, origine de la création ».

Il sautera aux yeux de tout le monde que ces définitions sont beaucoup trop radicales, vu Tétât actuel de la Science: elles ne cadrent pas du tout d’ailleurs avec les récents travaux des physiciens; on sait en effet qu’il n’y a point de Chaleur et de Froid absolus; en réalité absolue, il n’y a ni chaud ni froid, de même qu’en morale absolue, il n’y a ni bien ni mal." II existe seulement des degrés, dts variations ampli^ tilde, perçus de diverses manières suivant le tempe-

les chimistes unitaires

rament, l’échelle des individus; ce, qui est chaud pour l’un de nous n’est tiède que pour un autre et serait peut-être très froid pour un habitant de la planète Vénus. Ces états de la Matière sont causés par les vibrations moléculaires ou éthériques plus ou moins rapides, auxquelles correspondent (comme divers diapasons entre eux, ou imparfaitement) les sensations variées des êtres, dues à leur organisme s’harmonisant tout à fait, presquétout à fait, ou pas du tout avec les choses ambiantes et le milieu ; sensations dues aussi à leur éducation physique.

Quant au fluide vital, il ne saurait plus être mis en jeu, surtout en de semblables recherches, car c est un terme qui ne signifie absolument rien, qui entrave la marche. Cela ne nous explique point la Chaleur que de la définir la quantité de fluide vital perdue par la matière, et cela a le grand inconvénient d’introduire, dans le domaine positif et matériel des sciences, des agents abstraits, immatériels, c’est-à-dire métaphysiques ou impossibles.

Et il est surtout vain de vouloir faire deux entités de la Chaleur et du Froid ; nous voyons sans cesse qu’il n’y a point d’entités dans la Nature, point d'espèces immuables; tout change, tout évolue, tout se transforme, rien n’est stable. L’Uniyersestune chaîne dont tous les anneaux se relient, une chaîne infinie; nous n’avons pas le droit d’en proclamer davantage...

« Tant qu’il y aura une double matière composée

LES CHIMISTES UNITAIRES

d’hydrogène et d’oxygène..: » écrit l’auteur dans ce mémoire. Sans cesse il revient à l’hypothèse, parfaitement inutile, d’une double matière. Est-il unitaire ou dualiste, on se le demande parfois, et lui-même semble se le demander.

La Matière, absolument une, s’impose pourtant, l’Ether lui servant de protolasme et enfantant l’hydrogène protogéniteur, lequel se condense en d'autres éléments chimiques,, etc...

L’eau crée l’Azote, d’après Vial, c’est-à-dire que l’Azote découle de l’Eau. L’eau est le premier type double de l’Univers qui ait été créé par l’union de deux genres, l’un hydrogène, élément masculin, et l’autre oxygène, élément fémdnin,..

« L’eau, en se dédoublant, reproduira PAzote, second grand type double de la .l^ature, ^ui, en s’unissant lui-même avec seS^ïeux auteurs, Hydrogène et Oxygène, aura aussi deux genres.

cc Créé par l’eau, l’azote sera suivi du carbone, du fluor, du chlore, du brome, de l’iode, du phosphore, dernier type double, et enfin du soufre qui répétera le point de départ. » '

Ce que nous n’admettrons jamais, avant que l’auteur ne nous le prouve, c’est cette dualité de la . Matière qu’il prône sans cesse et sans aucune raison valable.

Cet Hydrogène, élément masculin et positif, opposé à l’Oxygène, élément féminin et négatif, nous semble

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une véritable monstruosité, tout ingénieuse que soit l’hypothèse. Ingénieuse peut-être, mais inutile» si Ton admet, ce qui est rationnel, que l’Ether, ce fluide universel, renferme les'deux électricités-f- et —, c’està-dire des particules polarisées^ et si Ton se rappelle que les atomes eux-mêmes, les atomes principaux ou chimiques, possèdent des pôles + et qualité d’où proviennent l’Attraction et la Répulsion.

De cette façon, l’unité de la Matière s’affirme ; nous n’avons point deux matières rivales^ l’une hydrogénée et positive ou masculine, l’autre oxygénée et négative ou fémini ne ; TEther, germe de goût, contient à l’état plus ou moins latent les diverses facultés directrices et les sexes.

Cette doctrine, basée sur les données scientifiques moderhes et expérimentales, semble d'ailleurs bien plus logique.

Puis, pourquoi l’Eau, en se dédoublant, reproduirait-elle Tazote ? Il nous paraît beaucoup plus vrai que l’Evolution ait lieu du moindre au plus, du simple au compliqué, et que l’azote en se condensant forme l’Eau.

Quant aux types doubles de ces éléments, nous les repoussons bien entendu aussi, n’admettant que la polarité de leurs atomes.

Et pour ce qui est du cycle présenté par Vial, azote, carbone, fluor, chlore, brome, etc., sur lequel nous allons revenir, nous avouons volontiers qu’il

les chimistes unitaires ' 29

peut être exact, quoique la Chimie ne semble point le prouver, mais que pour le moment il est purement hypothétique et que rien ne nous autorise à classer ainsi les corps, les poids atomiques trouvés jusqu ici indiquant des valeurs toutes différentes de celles nécessitées par la classification du Df Vial.

11 faut garder une très prudente réserve én ce chapitre de chimie. C’est pourquoi nous ne saurions reconnaître une réélis vcileur au tableau suivant des corps chimiques, présenté par l’auteur qui cherche à en prouver la possibilité.

lé 14

O Az C FI Cl Br I Ph

—î— Hydrogène sulfuré

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