CHAPITRE II
Notions embryologiques
Les nombreux auteurs qui ont étudié la question du développement de l’hymen sont loin d’être d'accord. On peut en somme ramener à trois les théories soutenues jusqu'ici, nous ne ferons que les rappeler brièvement.
La théorie la plus habituellement admise et qu’en particulier BUDIN avait adoplée, considère l’hymen comme provenant de la saillie déterminée dans le sinus uro-génital par l’abouehement des canaux de Wozrr et de MüLLer ou tubercule de MüLLer. Le développement ultérieur du vagin, refoulant excentriquement cette saillie, donnerait lieu à la formation de l’hymen. Ceci revient à considérer à l’hymen une origine Müllérienne ou à la fois Müllérienne et Wolffienne suivant que l’on admet ou non la participation des canaux de MüLLER ou de Wozrr à l'édification de l'extrémité inférieure du vagin.
RaTKke et LiLtENFELD font provenir l’hymen de deux replis membraniformes, émanés des parois latérales du sinus uro-génital et qui se rejoignent ultérieurement
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en avant et en arrière de l’orifice du canal vaginal. Alors que la précédente théorie fait dériver l’hymen directement du vagin Müllérien, celle-ci lui attribue une origine vestibulaire. C'était aussi là l’opinion de Pozzr et RETTE- RER qui l’ont développée de manières très différentes.
D’autres enfin, parmi lesquels FÉLIX et BÜHLER, se sont rattachés à une théorie mixte : l’hymen se développerait aux dépens d’un repli annulaire entourant l'extrémité inférieure des canaux de MüLLER, l'axe de ce repli est constitué par du tissu conjonctif, sa face supérieure est tapissée par l'épithélium vaginal, sa face inférieure par l’épithélium du sinus uro-génital.
Dans leur rapport au Congrès de Médecine légale de 1924, MM. les Professeurs Pierre PARISOT et LUCIEN ont insisté sur le fait qu'il ne faut pas considérer l’hymen comme une dépendance propre des voies génitales de la femme, mais que le méat urinaire et la papille uréthrale prennent à sa formation une part importante. Pozzt l’avait entrevu le premier, puisqu'il avait décrit sous le nom d'appareil hyménal un ensemble de formations génitales et urinaires: l'hymen, le bourrelet du méat, la bride masculine du vestibule, sorte de trait d'union
entre le bourrelet du méat et la base du gland clitoridien.
Nous ne ferons que rapporter ici la théorie émise par les Professeurs P. PARISOT et LÜUGIEN, et à laquelle nous nous rallions complètement :
t Chez le fœtus féminin de 15 à 20 centimètres, la première ébauche de l’hymen apparaît sous forme de deux saillies latérales du sinus uro-génital, se développant
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de part et d'autre du méat urinaire en avant, du point d’abouchement des canaux de Wozrr et de MüLLER, en arrière. Ces deux saillies latérales se rejoignent en haut et en bas sous forme d’une crête saillante qui, en avant, se bifurque en deux crêtes secondaires se perdant de chaque côté du gland clitoridien et, en arrière, se prolonge jusqu’au fond du sinus uro-génital. À ce moment, on peut considérer à l’hymen une portion uréthrale en rapport avec le méat urinaire, une portion vaginale ou hymen proprement dit, en arrière de la première. La portion vaginale est alors la: plus développée, mais, par suite de l'accroissement progressif du vagin, l'hymen vaginal devient de beaucoup le plus important : chez l'adulte, l'hymen uréthral n’est plus représenté que par la saillie plus ou moins marquée entourant le méat urinaire et désignée sous le nom de papille uréthrale.
L'appareil hyménal est essentiellement une formation conjonctive qui, au cours de son développement, repousse devant elle en s’en coiffant les revêtements épithéliaux qui la recouvrent: l’hymen uréthral sera tapissé en dehors par l’épithélium vestibulaire, en dedans par l’épithélium de l’urèthre, l'hymen vaginal sera recouvert par l’épithélium tapissant le sinus uro-génital. En somme, l’hymen proprement dit, l’'hymen vaginal, ne représente qu’une partie d’un dispositif complexe annexé plus particulièrement au canal de l’urèthre et ceci rend vraisemblable l’opinion de nombreux analomistes, que l’'hymen représenterait une partie du corps spongieux de l’urèthre masculin.
En résumé, aux premiers stades du développement, l'hymen se compose de deux lèvres séparées par une
fente antéro-postérieure, limitée en avant et en arrière par une commissure : la forme labiée serait donc la forme initiale de la membrane; c’est aussi l'opinion de DacLa-VoLra.
Dans la suite de l’évolution des parties génitales de la femme, le vagin prend une importance considérable, se développant dans tous les sens, mais surtout vers le rectum, donnant lieu à une sorte d’ampoule vaginale débordant la membrane en arrière ; la commissure postérieure de l’hymen s’en trouve augmentée d’autant, ce qui donne à la membrane la forme dite en carène, fréquente chez le fœtus: les lèvres hyménales vont en s’élargissant vers la commissure postérieure à laquelle leur réunion donne une ampleur considérable, l’orifice hyménal est encore une fente antéro-postérieure. On peut en somme comparer l’hymen à un entonnoir aplati transversalement, dont l’orifice inférieur est plus rétréci que l’orifice supérieur, répondant à la zone d'insertion au vagin.
Nous avons admis jusqu'ici que les lèvres de l’hymen se développent avec une régularité parfaite, mais il n’en est pas toujours ainsi. Les bourrelets hyménaux étant en somme une formation conjonctive-vasculaire, ils présentent fréquemment des zones d’accroissement inégal qui $e traduisent par la formation au niveau des lèvres de bourgeons séparés par des sillons plus ou moins profonds, le plus souvent disposés de façon irrégulière. Ces incisures congénitales se rencontrent fréquemment sur les hymens des fœtus et des nouveaunés, elles persistent apparemment toute la vie et nous verrons quelle importance revêt leur étude quand il