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CHAPITRE III

| L'hymen considéré à un point de vue purement anatomique

Sous ce titre, nous avons voulu mettre en relief les particularités morphologiques de la membrane dans leur rapport avec le développement, essayer d’en faire les bases d’une classification anatomique pure. Nous verrons plus loin que les médecins légistes sont rarement d'accord sur la façon de grouper les hymens. C’est qu'ils sont dans des conditions très peu favorables pour étudier la membrane; chaque expert, pour ainsi dire, a une technique d'examen différente, comment alors comparer les résultats obtenus ? L’anatomiste, au contraire, se trouve dans des conditions plus propices et certains artifices lui permettent une étude plus rationnelle : nous voulons parler de la fixation des pièces (par congélation, par fixateurs et durcissants à compositions chimiques diverses) et des coupes.

Ce sont les coupes transversales qui sont, au point de vue de l’hymen, les plus intéressantes : elles nous mon-

trent, bordant de chaque côté le canal vulvo-vaginal et de haut en bas, trois replis ou lèvres représentant la surface de section de l'hymen, des petites lèvres, des grandes lèvres. Les lèvres hyménales répondent en hauteur au bulbe vulvaire. Et ceci est en rapport avec ce que nous savons de l’embryologie de la membrane, l’hymen étant réalisé par le développement de deux bourgeons latéraux émanés des parois latérales du sinus urogénital. Fait en apparence paradoxal, l’hymen est donc toujours un hymen labié, puisqu’en coupe transversale il se présente toujours sous l'aspect de deux lèvres. Mais ce n’est que rarement un hymen labié pur: il faudrait pour cela que les deux lèvres restent indépendantes l’une de l’autre.

Le plus souvent ces deux lèvres sont réunies à leurs extrémités par une commissure. Si la commissure siège vers la fourchette, on a l’hymen labié à eommissure postérieure (correspondant à l’hymen en carène). Sièget-elle en avant, on a l’hymen à commissure antérieure, très rare d’ailleurs. Y a-t-il une commissure en avant et en arrière, l’hymen annulaire est réalisé. Enfin les deux lèvres peuvent opérer sur la ligne médiane une soudure complète, ne se traduisant que par un raphé médian de la membrane. Il convient à ce propos de distinguer cette anomalie de celle, au moins aussi rare, qui consiste en l’obturation du canal vulvo-vaginal par suite de l'imperforation du vagin. Alors que la première résulte d'un excès de développement, celle-ci est le fait d’un défaut de développement.

Tout ce qui précède montre qu’anatomistes et médecins experts ne peuvent guère être d'accord. Ne dispo-

sant pas des mêmes moyens d'étude, ils ne poursuivent pas le même but, les uns étudient dans l’hymen la constitution des bords, les autres l'aspect de la membrane et surtout la forme de l’orifice qu'elle limite. Auatomistes et experts ne causent pas la même langue : les premiers disent hymen labié, voulant dire hymen à deux lèvres, les autres, par analogie avec la bouche, simplement membrane rappelant la forme des lèvres, avec orifice allongé en forme de fente.

Il nous reste à signaler une particularité intéressante, surtout au point de vue morphologique: alors que les petites lèvres voient décroître leur ampleur de haut en bas, au contraire, les lèvres hyménales sont d’autant plus amples qu'on les étudie plus près de la fourchette.

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