PARIS
C'est dans la forme ataxo-adynamique que les plus fortes rétentions ont été relevées (3.001). Elle revient toujours à la normale avec la température.
Dans le Typhus Exanthématique (MANET, BENHAMOL, JAHIER et BARTHÉLEMY) le taux de l'urée est en rapport avec la gravité de l’affection.Les taux élevés accompagnent toujours les phénomènes nerveux graves, l'ataxo-adynamie, les crises convulsives, le méningisme.
Elle n’a été dans le Paludisme, signalée que d'une facon accidentelle.
En 1915, chez un paludéen en pleine crise avec aceidents cérébraux, RATHERY et VANSTENBEERGIIE rencontrent un taux d’urée sanguine de 1 gr. 27 pour 1.000. GILBERT, CHABROL et BÉNARD, en 1917, trouvent 6g,45. d'urée par litre dans le sang d’un malade atteint d'une bilieuse hémoglobinurique survenue à Paris chez un homme, âgé de 31 ans, impaludé en Orient en 1916 et rapatrié de Salonique. AMEUILLE, SOURDEL et MARCO- RELLE rapportent en 1918, à la Société médicale des Hôpitaux de Paris, l’histoire détaillée d’un malade qui présentait une fièvre bilieuse hémoglobinurique avec une hyperazotémie de 6 g. 57 la veille de sa mort.
Tels sont succintement indiqués les résultats fournis par la recherche de la rétention azotée dans les maladies infectieuses.
Nous avons voulu — à notre tour — étudier cette hyperazotémie dans le paludisme et aller plus avant dans l'étude de ce problème si intéressant sur lequel BENHAMOU et JAHIER ont, dans un travail récent, attiré l'attention.
Pour ce faire, nous grouperons dans un premier chapitre les observations de malades que nos Maîtres, avec leur obligeance coutumière, ont bien voulu nous communiquer et nous envisagerons d’abord quelle peut être
MAÉ
la physio-pathologie de l'hyperazotémie dans le paludisme ; les rapports étroits qu’elle présente avec les formes graves nous amèneront ensuite à passer brièvement en revue les différents accidents pernicieux ainsi que leur pathogénie. Nous verrons que cet élément de gravité qui paraît conditionner l’éclosion des accidents - comateux et soporeux doit venir s'ajouter aujourd'hui aux divers facteurs pathogéniques décrits par les auteurs classiques.
Des faits cliniques, nous tâcherons de dégager, à la fois, la symptomatologie et le diagnostic de l'hyperazotémie, de même que nous essayerons de déduire, d'après le taux de l’urée sanguine, ses règles pronostiques dans le paludisme.
Ces règles nous ont paru suffisament importantes pour que nous décrivions, dans un deuxième chapitre, à l'usage du praticien éloigné de tout laboratoire les techniques du dosage de l’urée et de la réaction de Hay qui lui fourniront les éléments indispensables à l'établissement du pronostic.
Quelques considérations thérapeutiques viendront enfin terminer notre modeste travail et nous montrerons que la quinine « remède spécifique » du paludisme est le médicament de choix dont l'administration précoce suffit à réduire l'hyperazotémie, cette compagne dangereuse des manifestations palustres.