QU'ENTEND-ON PAR POUSSÉES ÉVOLUTIVES
M. le Professeur Bezançon et son ancien interne De Serbonnes ont bien mis au point la notion des poussées évolutives de la tuberculose pulmonaire chronique ; ils ont montré que par leur allure cyclique, ces poussées se rapprochaient des maladies infectieuses aiguës, tout en s’en séparant par un ensemble de caractères particuliers. Puisque nous nous sommes proposés comme but l’étude de la déminéralisation chlorurée par les urines au cours de ces poussées, nous devons, tout d’abord, les définir, savoir ce que nous voudrons dire lorsque nous emploierons cette expression, enfin quels sont les signes généraux, fonctionnels, physiques ou autres qui nous permettront de dire que le malade examiné fait une poussée aiguë de tuberculose pulmonaire.
Déjà Laënnec avait cette notion de trèves et de poussées que les auteurs qui lui ont succédé n’ont pas, du reste, tous admise. Mais c’est De Serbonnes qui a désigné sous le nom ‘de poussées évolutives de la tuberculose pulmonaire chronique, l’ensemble de tous les phénomènes qui viennent interrompre la marche chronique de la tuberculose et lui font revêtir, à certains moments, l'allure d’une
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maladie infectieuse aiguë. Parmi ces phénomènes, le plus saillant est la fièvre. L’élévation de température est, en effet, presque constante. Mais nous ne voulons pas parler des petites élévations transitoires se produisant sous l’influence d’une fatigue inusitée ou d’un léger refroidissement ; nous avons seulement en vue «les élévations thermiques persistantes, d’allure cyclique, dont les graphiques présentent une période d’ascension, une période d’aemé, et une période de défervescence, chacune de ces périodes pouvant être, d’ailleurs, de durée très variable. » (Bezançon et De Serbonnes). L'aspect général des courbes thermiques des poussées évolutives est caractérisé par une allure oscillante, une défervescence essentiellement chronique ; elles sont nettements cycliques.
À côté de la fièvre, signalons l’amaigrissement ; puis l’état de ia tension artérielle qui, d’après les résultats de De Serbonnes, subit le plus habituellement un abaissement notable. L’expectoration, elle aussi, est modifiée au cours de la poussée, tant au point de vue quantitatif, qu’au point de vue qualitatif. D’abord il y a augmentation de la quantité des crachats ou bien commencement de Pexpectoration qui était restée nulle jusqu'alors ; d’autre part, les crachats deviennent purulents ou muco-purulents, visqueux ou rouillés, leur composition histo-chimique est modifiée, enfin ils contiennent un plus grand nombre de bacilles de Koch. Les hémoptysies sont très fréquentes au moment des poussées et, avec leur cortège de signes généraux, elles confirment le diagnostic.
Des autres signes, nous dirons peu de chose ; ils sont infiniment variables suivant le degré de ramollissement du parenchyme pulmonaire et la localisation de la lésion au poumon, à la plèvre ou tout à la fois à la plèvre et au poumon.
Enfin, nous citerons la modification de la formule
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leucocytaire (leucocytose et polynucléose avec persistance des éosinophiles) au cours de la poussée, et seulement à la fin, une augmentation des agglutinines et des précipitines spécifiques, ainsi qu’une plus grande intensité de la cuti-réaction.
L’élimination urinaire des chlorures subirait une phase de rétention pendant la poussée, suivie d’une phase de décharge prolongée. (Claret, de Serbonnes). Mais, comme avec Micheleau, nous considérons que la rétention chlorurée est un moyen de défense de l’organisme, il paraît invraisemblable, à priori, qu’un organisme tuberculeux en poussée évolutive, donc qui se défend mal, fasse de la rétention et non pas au contraire de la débâcle, de Phyperélimination : c’est ce que nous avons recherché.