‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 14 sur 111 · PARTIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE SPÉCIALE

inflammatoires, mais je ne m’en sers plus du tout en cas d’inflammations vraiment aiguës. Si l’on veut les traiter par la chaleur, il vaut mieux se servir de la compresse de Priessnitz, de sacs à eau chaude, thermophores, cataplasmes, car tous ces moyens ne suscitent qu'une faible hyperémie active. J’ai du reste traité cette question dans la partie générale.

Une longue expérience m’a en effet démontré que l’hyperémie par stase agit, en fin de compte, infiniment mieux et plus énergiquement sur toutes les infections microbiennes, surtout sur celles qui sont aiguës. On peut donc énoncer la règle suivante : II faut employer en général V hyperémie passive contre les affections microbiennes et V hyperémie active contre les affections non microbiennes.

Il va sans dire, qu'une séparation exacte ne peut être faite ; quelques maladies microbiennes peuvent être traitées avec de bons résultats par l’hyperémie active mais surtout on peut utiliser l’hyperémie passive pour de nombreuses affections non microbiennes. Il faut ajouter que nous ne savons pas toujours si les affections que nous traitons par l’hyperémie, sont réellement des maladies infectieuses, comme par exemple le rhumatisme articulaire chronique. En tout cas, il faut faire une distinction absolue entre les infections aiguës et leurs conséquences. C'est, ainsi que l’on peut très bien traiter par l'air chaud une nécrose résultant d’une ostéomyélite ou d’un phlegmon, ou des raideurs articulaires consécutives à l'infection blennorrhagique, aussitôt que les symptômes aigus ont disparu. Dans ce cas, ce traitement accélère la démarcation et fait disparaître les raideurs d’une manière remarquable.

TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE

Je commencerai par la description de la tuberculose articulaire, car c’est la première affection que j’ai traitée par l’hyperémie. J'estime qu’il faut utiliser seulement l'hyperémie passsive dans ce cas. Je considère que l’hyperémie active peut être directement nuisible, comme je l’ai déjà dit plusieurs fois ; en général je n'ai observé que des aggravations avec ce dernier traitement.

Ce sont les observations d’anciens médecins qui m’ont fait penser à employer l’hyperémie contre la tuberculose. En 1815

TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE

Faire et Travers, en 1826 Louis attiraient l'attention sur la fréquence de l’apparition simultanée de la sténose de l’artère pulmonaire et de la tuberculose pulmonaire; ils l'expliquaient par la grande anémie des poumons produite par cette lésion du cœur. Les observations de ces médecins ont été confirmées sans exception, de sorte que Frerichs 1 pouvait énoncer cette loi : « La tuberculose pulmonaire est la terminaison habituelle des maladies de l’artère pulmonaire, quelles que soient du reste les relations de cette affection avec la tuberculose. »

Inversement, Rokitansky 2 affirmait que les affections organiques du cœur, avec congestion pulmonaire consécutive, confèrent l'immunité contre la tuberculose. Je cite du reste ses propres termes : « Le résultat de nombreuses observations montre l’influence de l’hypertrophie du cœur sur la tuberculose. Sur centquarante-trois cas d’affections cardiaques (hypertrophie simple et excentrique ou hypertrophie concentrique), je trouve dans quinze cas une tuberculose pulmonaire tout a fait éteinte ; dans tous les autres cas il n'existait pas la moindre trace de tubercule ; il s’agissait d'individus des deux sexes, d’àge différent et de professions diverses. On en peut conclure que ces deux sortes d’affections ne peuvent pas exister en même temps chez un même individu, et, surtout, qu’il ne peut pas se développer de tuberculose avec la dite maladie du cœur, surtout pas de tuberculose pulmonaire. »

Rokitansky constata la même immunité contre la tuberculose chez des sujets atteints de déviations de la colonne vertébrale. Je cite encore Rokitansky3 : « Au commencement nous avons été frappés de l’absence complète de la tuberculose pulmonaire présumée, sur les cadavres d’individus atteints de déviation de la colonne vertébrale ; après avoir fait des observations sur ce point spécial dans un grand nombre de cas, nous avons constaté le fait remarquable par sa constance, qu’il n'y a pas de tuberculose et surtout pas de tuberculose pulmonaire dans les cas de déviations de la colonne vertébrale. »

Voici la statistique que donne Rokitansky : dans ses protocoles d’autopsie il ne trouve, dans les cas qui nous occupent, que trois cas sur cinquante, où il existait en même temps de la

1 Uebersicht über die Ergebnisse d. med. Klinik zu Breslau. Wiener med. Wochenschrift, 1853, n° 53, p. 635.

2 Medizinische Jahrbücher des h. h. Österreichischen Staates, Wien, 1838, t. xxvi, oder der neuesten Folge, t. xvii, p. 417.

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