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ON CONSTATE L’HYPERÉMIE DANS TOUS LES PROCESSUS VITAUX IMPORTANTS

Tout organe qui travaille est hyperémié pendant la durée de son activité.

Il y a hyperémie locale dans tous les cas de croissance ou de régénération, et l’afflux de sang est proportionnel à la rapidité et à l’intensité de la croissance. On l'observe, par exemple, lors de la croissance des bois des cervidés et de la mue des oiseaux.

Une hyperémie très intense se manifeste à l’occasion de tout acte de génération et de reproduction ; on connaît ce qui se passe lors du rut et de la grossesse.

Si nous considérons au point de vue le plus général les réactions d'un organisme vis-à-vis de substances étrangères, nous pouvons dire que l’hyperémie n’y fait jamais défaut, qu'il s'agisse d’une réaction de défense contre des corps étrangers relativement volumineux, ou contre des bactéries qui ne sont plus même révélées par nos plus forts grossissements, des substances chimiques impondérables ou des particules mortifiées de l'organisme lui-même (par exemple du sang extravasé dans les tissus).

Je me crois donc autorisé à affirmer qu'on ne voit jamais se produire de l’anémie dans un organisme qui s’efforce d’éliminer un foyer morbide ou de le rendre inoffensif et qui y parvient. Ce foyer se trouve toujours pénétré ou environné de vaisseaux hyperémiés.

Aussi, si nous admettons que les réactions de l’organisme sont des manifestations utiles, des efforts naturels vers la guérison, nous devons dire que de tous les processus curatifs spontanés, l’hyperémie est le plus répandu.

C’est une opinion profondément ancrée dans la croyance populaire, que ce sont le sang et les « humeurs » qui guérissent les maladies : quand on a du mauvais sang, des humeurs malsaines, les maladies peuvent prendre naissance et se donner libre carrière. La médecine scientifique partage cette manière de voir et admet que la bonne santé d’un organe dépend en grande partie de l’abondance de l’irrigation sanguine. Mais j’estime qu elle n’a pas considéré la question de haut et je me propose de montrer au cours de ce travail qu elle ne l’a pas embrassée d'une façon assez générale. Le but qu elle se propose est d’améliorer la circulation, de supprimer les stases sanguines nuisibles, de relever la nutrition en augmentant la circulation sanguine des organes ; et elle emploie pour cela les moyens appropriés. Mais si nous étudions la manière dont agit la nature, nous remarquons qu’en effet, dans tous les processus vitaux importants, elle provoque une hyperémie locale dans les organes intéressés, mais que cette hyperémie peut être liée aussi fréquemment à un ralentissement qu’à une accélération du courant sanguin.

Nous verrons que cette accélération existe dans l’hyperémie fonctionnelle qui accompagne l’activité des organes, tandis que le ralentissement du courant sanguin se retrouve partout où il s’agit de supprimer des substances nuisibles ou de produire rapidement des tissus jeunes pour restaurer l’organe détruit.

Si donc, dans un but thérapeutique, nous voulons utiliser cette activité curative et favoriser l’hyperémie utile, il nous faut imiter les procédés de la nature et, dans un cas accélérer, dans l’autre ralentir la vitesse du courant sanguin. En agissant autrement, nous risquons non seulement d’échouer, mais même de nuire en troublant des processus curatifs utiles. C’est pourquoi nous devrons étudier les processus de l’organisme dans les diverses maladies et nous les prendrons comme modèles pour nos interventions. Car si, dans certain cas, on peut admettre que toutes les formes d’hyperémie ont la même action, dans d’autres, il faut les distinguer, il y a hyperémie et hyperémie. On connaît les différences frappantes que présentent entre eux, au point de vue des propriétés physiques, le torrent artériel rapide et le courant paresseux du sang veineux ; les différences chimiques sont tout aussi grandes. Tout incomplètes que soient encore nos connaissances à ce sujet, nous savons pourtant que celui-là est

DE LA. PRODUCTION ARTIFICIELLE DE l’hYPERÉMIE

riche en oxygène, pauvre en acide carbonique et en alcali libre, tandis que le sang veineux offre des propriétés inverses ; celui-là -est un liquide relativement fluide, celui-ci est plus visqueux. Nous savons aussi que le sang qui circule en courant rapide- ■entraîne avec lui sa partie liquide et ses élément figurés ; au •contraire le sang qui circule lentement, d’une façon languissante, les laisse diffuser et s’infiltrer dans les tissus, où ils peuvent ■exercer une action. Et tout cela n’est encore, sans doute, qu'une faible partie des différences qui existent entre les deux espèces •de sang.

Nous devons nous rappeler ces différences quand nous produisons des hyperémies de diverses natures, car elles peuvent provoquer des modifications physiques et chimiques très variées.

Notons bien en outre qu’il n'y a pas de limites très nettes «entre ces diverses formes d’hyperémie, d'autant plus, et nous reviendrons sur ce fait, que l'organisme est capable de transformer un courant sanguin primitivement rapide en un courant lent ; cela se rencontre dans l’inflammation sous l'influence de ■certaines irritations inconnues dans leur essence.

Si l'on me reproche de m’en tenir à la conception de l hyper- •émie, sans chercher à analyser l’action curative et favorable de •certains éléments isolés, nettemement déterminés du sang, je •dirai que les théories sur lesquelles on s’est basé pour établir «cette action favorisante ne me paraissent pas suffisamment «établies.

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