‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 59 sur 111 · AUTOUR DU COU · texte numérisé non relu

AUTOUR DU COU

La stase céphalique est employée, dans la règle, pendant 18 à 22 heures par jour. Dans cette occasion aussi, il faut individualiser les cas et faire des exceptions par ci, par là. S'il survient des œdèmes trop forts, ou si la compression est un peu désagréable au sujet, il faut prolonger la période de repos. On peut estimer que la bande est, appliquée comme il faut lorsque le visage parait légèrement tuméfié et bouffi. On voit, ici aussi, survenir un œdème rouge ardent dans les régions enflammées, mais il reste limité à la place malade et à son voisinage immédiat, tandis que, pour les membres, cette rougeur progresse souvent jusqu’à la bande. Il ne survient de symptômes inflammatoires étendus que lorsqu’il existe simultanément des adénites aiguës du cou.

En général, dans le cas de stase veineuse de la tête, on doit voir survenir rapidement un certain gonflement œdémateux qui s’étend jusqu’au bord de la bande ; mais il y a de très grandes différences d’intensité de l’œdème. On voit des cas où il y a des

1 On trouvera des détails sur les modifications de la pression cérébrale, causées par la stase hyperémique, dans mon article, accompagné de graphiques : Bier, Ueber den Einfluss künstlich erzeugter Hyperämie des Gehirns u. künstlich erhöhten Hirndrucks auf Epilepsie, Chorea und gewisse Formen von Kopfschmerzen. Mitteilungen aus den Grenzgebieten, 1900, t. vu, 2e et 3e fase,

bourrelets formés par les parties molles œdématiées, qui retombent comme des sacs sur la bande. D’autres, où l’on ne remarque que la légère bouffissure du visage mentionnée plus haut. Cet œdème disparait beaucoup plus rapidement qu’aux membres, grâce à l’intensité de la circulation céphalique. Déjà peu d’heures après qu’on a enlevé la bande, les patients ont repris leur physionomie habituelle.

A mesure que l’affection s’améliore, on diminue progressivement la durée des séances de stase ; mais il ne faut pas commencer à le faire trop tôt, sans cela les récidives surviennent facilement.

A première vue, on doit trouver que c’est, une entreprise très hasardeuse que de provoquer une forte hyperémie passive dans la tête au moyen d’une bande qu’on laisse 20 à 22 heures en place. 11 n’est pas aisé de changer le lien de place, car il doit toujours siéger au-dessous du larynx : en effet, on ne peut guère l’appliquer au-dessus et, sur le larynx même, il exerce une pression pénible. Mais nous rappelions ici qu’il suffît d’une simple bande de tissu de coton élastique qui ne fait qu’un tour et qu’on double d’une bande de mousseline (voir page 58). S’il y a, malgré ces précautions, des menaces de nécrose légère, quand la peau est délicate, on la durcira par des lavages à l’alcool simple ou à l’alcool camphré. Par ci, par là, nous avons vu des excoriations sans aucune importance ; un peu de poudre d’oxyde de zinc, un peu d’ouate pour recouvrir, et nous continuions tranquillement à placer la bande élastique. On peut remplacer la bande élastique par quelques tours bien serrés d’une bande de flanelle ; mais celle-ci n’est pas commode, parce qu’elle prend trop de place et qu’elle donne une sensation de chaleur désagréable. La bande élastique a l’avantage d’être étroite, ce qui permet de la placer à la partie inférieure du cou ; cette situation est généralement rendue nécessaire par le gonflement ganglionaire secondaire qui accompagne l’affection primitive.

On constate sur la tête, comme ailleurs, et de la façon la plus remarquable, une action calmante sur les douleurs qui peuvent exister.

La stase hyperémique a fait ses preuves comme méthode calmante et hypnagogue dans les affections douloureuses. En outre, nous avons vu, à diverses reprises, que la position vicieuse de la tête, causée par l’inflammation, et la raideur du

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