PARTIE SPÉCIALE
cou, disparaissaient déjà au bout de 24 heures, en même temps que la mobilité se rétablissait.
Gomme on peut le supposer, la bande élastique n’a rien d’agréable au premier moment. Elle donne la sensation d’un étranglement du cou, mais les gens s’y habituent bientôt. On ne doit jamais arriver à des souffrances réelles ; aussitôt que les malades se plaignent de pression et de poids dans la tête, il faut relâcher un peu la bande. Je conseille au débutant de faire ses premières expériences sur des adultes, pour pouvoir tenir compte de leurs indications. Il ne passera au traitement des enfants que lorsqu’il se sera ainsi rendu maître du procédé et qu’il aura appris à en connaître les effets matériels.
La bande élastique agit, dans les suppurations de la tête, de la même façon que dans celles des membres ; il en sera question plus tard avec tous les détails voulus. Il suffira, pour le moment, de dire que les phénomènes décrits pour les membres se retrouvent ici avec plus d’ampleur. Les tuméfactions inflammatoires augmentent ici presque du double et reviennent ensuite à la normale, malgré la continuation de l’emploi de la bande, aussitôt que la maladie s’améliore et guérit. De même, pour les suppurations, où il est rare de voir les abcès chauds devenir chroniques et disparaître, il suffit de petites incisions pour en venir à bout.
Je saisis l’occasion de mentionner que, dans la pratique, l’on ne doit pas attribuer une importance exagérée à la grandeur de l’incision et qu'il ne s’agit pas, là, d’une question de principe. On ne doit pas refuser d’inciser en se basant sur des conceptions théoriques ; par contre, il est important, pour les abcès de la tête comme pour les autres, de s’abstenir de tamponner et de drainer. On enlève le pus simplement en l’exprimant et en faisant des lavages. Nous avons eu aussi de très bons résultats en nous servant de l’aspiration par les ventouses, que nous décrirons plus tard.
J’ai employé la stase céphalique dès le début de mes essais. D’abord, je n’ai traité, en fait d’affections inflammatoires, que les cas de méningite cérébro-spinale et d’érysipèle. Mais, depuis trois ans, j’ai employé la méthode systématiquement dans presque tous les cas d’inflammation et de suppuration du crâne, du visage ét de la partie supérieure du cou, à la clinique de Bonn
et au Johannishospital 1. Je dois décrire le procédé avec détails pour ces affections si importantes qui sont les
Suppurations aiguës de l’Oreille moyenne et leurs Complications2
Nous avons traité par la stase hyperémique tous les cas de suppuration des oreilles que nous avons eus à notre disposition, sans nous inquiéter de faire des différences entre cas chroniques et aigus, entre cas compliqués ou non. Ce sont naturellement ces derniers qui arrivent le plus souvent dans nos services de chirurgie. C’est ainsi que nous n’avons eu qu’un cas d’otite moyenne sans complications. Mais ces complications du côté de l’os temporal nous offraient un matériel qui devait être très favorable au traitement, d’après ce que nous savions des processus pathologiques analogues des membres. Puisque nous avions guéri des ostéomyélites aiguës et chroniques par la stase, nous devions nous attendre à des résultats encore meilleurs sur le temporal, qui n’offre que des surfaces osseuses peu considérables et qui a bien moins de tendance à former des séquestres ; l’irrigation sanguine abondante de la tête, permettant de produire une forte hyperémie, était également une bonne condition de succès.
En ce qui concerne spécialement le traitement de la suppuration de l’oreille moyenne, voici ma manière de faire. S’il y a déjà une perforation du tympan qui permette suffisamment l’écoulement du pus, il n’y a pas lieu d’intervenir activement. Si l’ouverture est insuffisante, il faut l’agrandir ou en faire une autre. Si, par contre, il n’y a pas encore perforation, on pratique la paracentèse aussitôt qu’on soupçonne qu’il y a une collection purulente trahie par une voussure ou une coloration anormale du tympan. Ce que nous venons de dire s’applique également aux abcès de l’apophyse mastoïde ; on incisera s’il y a soupçon de suppuration. Nous ne nous sommes écartés de ces règles que dans un but d’expérimentation. Mais le fait que nous n’avons pas eu de mauvais résultats dans ces cas non plus, ne
1 Voir Keppler, Die Behandlung entzündlicher Erkrankungen von Kopf und Gesicht mit Stauungshyperämie. Münchner med. Wochenschrift, 1905, n0ä 45, 46, 47.
* M. Bschweiler a bien voulu suivre avec nous tous les cas traités et les .soumettre à un examen spécial très attentif: