‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 78 sur 111 · Partie spéciale · texte numérisé non relu

Partie spéciale

Je donne en terminant quelques exemples de diverses formes de mastite puerpérale traitées avec la cloche à aspiration ; je commence par deux cas, dans lesquels le procédé produisit la régression d’une mastite au début.

85. Une domestique de 36 ans se présenta, le 2 mars 1905, pour se faire traiter. Elle déclara qu’elle avait accouché le 23 juin 1904 et qu’elle avait allaité depuis son enfant avec le sein gauche. Dans la nuit du 1er au 2 mars, de fortes douleurs se déclarèrent dans le sein gauche ; ces douleurs l’empêchèrent de dormir. Ces souffrances augmentèrent le jour suivant et il se produisit de la fièvre avec de la céphalalgie. Le sein gauche était fortement augmenté de volume et très douloureux partout; sa moitié inférieure était infiltrée ; la peau était rouge.

Le traitement par l’aspiration fut commencé le 3 mars. Il s’écoula 39 ccm. de lait ; les douleurs se calmèrent, mais reparurent de nouveau à

4 heures de l’après-midi, après qu’elle eut recommencé à travailler sur l’ordre de sa maîtresse ; elle avait nettoyé des fenêtres.

Elle entra pour cette raison le 4 mars à la clinique, où le traitement par l’aspiration fut continué. On employa simultanément la téterelle dont on se sert habituellement, et il s’écoula une grande quantité de lait. La douleur se calma ensuite beaucoup, la glande mammaire diminua de volume et il n’existait plus qu’une petite région qui était encore infiltrée. Le

5 mars, le sein gauche était complètement souple, il n’était plus du tout sensible à la pression et son volume était égal à celui du sein droit. Le traitement par l’aspiration fut encore continué pendant quelques jours.

86. Une malade de la clinique gynécologique de Bonn, se présenta le 9 février 1905. Elle avait accouché 9 jours auparavant et les suites de couches avaient été normales jusque-là. La veille au soir, elle avait ressenti de fortes douleurs dans le sein gauche. La moitié inférieure de celui-ci était fortement infiltrée et très sensible à la pression. Le traitement par l’aspiration, entrepris immédiatement, fit disparaître en 2 jours tous les symptômes de la maladie. Le il février, la malade sortait entièrement guérie.

Dans la plupart des cas que nous avons observés, il existait déjà des abcès ou il s’en développa pendant le traitement.

87. Une jeune femme de 23 ans fut atteinte d’une mastite aiguë gauche immédiatement après un accouchement. Elle fut admise le 9 mai 1905. Le sein gauche était à peu près deux fois plus volumineux que le droit et très induré. On percevait une fluctuation peu accentuée à la partie inférieure et interne de la glande. Le traitement par l’aspiration fut appliqué ; le lendemain, la fluctuation était devenue très évidente. Une incision, de 1 cm. de longueur, pratiquée au niveau de la partie la plus fluctuante, fit jaillir un Ilot de pus, environ i/i de litre. Après l’application de la cloche d’aspiration, il s’écoula encore une grande quantité de pus mêlée de sang. L’orifice de la ponction fut obstrué plusieurs fois par du sang coagulé et des croûtes,

de sorte qu’on était habituellement obligé de commencer par l’ouvrir en introduisant une pince à pansement. Le il mai, un second abcès fut encore incisé ; le 17 mai, l’aspiration ne faisait plus sortir de pus ; la glande était molle et la pression n’était nulle part douloureuse. La patiente fut traitée à la policlinique. Le 19 mai, il s’était encore collecté du pus au-dessous de l’incision qui n’était pas encore cicatrisée. On dut encore introduire une pince pour déboucher l’orifice.

La cloche fit sortir du pus peu consistant. Le 28 mai, la malade sortit guérie ; le sein était souple; elle ne ressentait plus aucune douleur.

88. Une servante de 25 ans fut atteinte, pendant ses couches, d’une mastite gauche aiguë. Elle fut admise, le 3 mai 1905, à la clinique chirurgicale. La moitié inférieure du sein gauche était fortement tuméfiée, rouge, douloureuse et indurée. La jeune fille faisait l’impression d’être gravement malade; la température était très élevée, le pouls à 120. Le traitement par l’aspiration fut néanmoins appliqué; la malade fut soulagée; l’état général s’améliora et la température baissa. Mais, le 6 mai, une forte élévation de température se produisit et l’on percevait une fluctuation très nette. L’abcès fut ponctionné ; il sortit une grande quantité de pus épais. Le traitement par l’aspiration fut continué comme dans le cas précédent ; l’orifice de la ponction fut de temps en temps obstrué, de sorte qu’on dut le déboucher avec la sonde boutonnée. Le 24 mai, la malade sortit guérie. Il n’existait plus aucune induration, ni aucune sensibilité à la pression. La cicatrice provenant de l’incision était à peine visible.

La figure 31 donne la courbe de température.

On peut traiter aussi avec succès, par la cloche d’aspiration, des cas anciens qui traînent depuis longtemps ; l’observation suivante en est la preuve.

89. Une femme fut atteinte d’une mastite droite, peu de jours après l’accouchement. Après des onctions d’huile, un abcès s’ouvrit sur la partie interne du mamelon. Pendant 4 semaines, on pratiqua des incisions du sein dans un hôpital ; la malade en sortit, non guérie, après 3 semaines de séjour.

Le 6 mars 1905, elle se présenta à la policlinique. Le sein droit présentait l’aspect suivant: la partie supérieure et externe du sein est fortement bombée ; à la palpation, la consistance est dure, analogue à celle d’une tumeur maligne. Il existe trois plaies opératoires, granulant mal, de 8 cm. de longueur et de 3 cm. de largeur. La peau, autour du mamelon, est fortement amincie, celui-ci est même presque effacé. La malade ressent de vives douleurs et n’a pas d’appétit.

L’affection s’améliora, très rapidement sous l’influence du traitement par l’aspiration. Les douleurs disparurent déjà après la première séance ;

Fig. 31

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