‹ L'Hyperémie PassiveChapitre 6 sur 18 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Indications de la méthode. — Technique spéciale

Observations.

Nous venons de voir en quoi consiste la technique générale de la méthode ; il nous reste à passer en revue les cas où on peut l’appliquer avec succès, en indiquant la technique spéciale à chacun de ces cas. Mais nous ne voulons pas parler de toutes les affections qui peuvent se présenter en clinique et pour lesquelles on a employé la stase veineuse, car il en est peu à l’heure actuelle pour lesquelles on ne puisse entrevoir l’application de la méthode. Nous nous bornerons simplement aux cas que nous avons traités nous-même ou vu traiter; cepeñdant chemin faisant, nous pourrons indiquer pour certaines maladies que l’on peut reneontrer souvent dans la pratique, les résultats obtenus par Bier lui-même ou d’autres praticiens.

Pour rendre notre exposé plus clair, nous emprunterons à l’article du D: Delagenière paru dans le

Delon 3

Journal de Médecine et de Chirurgie pratiques, sa classification des affections pour lesquelles la méthode de Bier peut et doit être employée.

Nous passerons donc successivement en revue : :

1° Les affections de la peau (furoncle, anthrax, acné, inoculations) : Fe ds

» Les affections du tissu cellulaire et des lymphatiques (abcès, gangrènes, panaris, phlegmons) ;

3° Les affections des ganglions ; RE

4° Les affections des tendons ;

5° Les affections traumatiques ;

6 Les affections des artères et des veines ;

7° Les affections des os ;

8° Les affections des articulations ;

9° Des affections diverses qui n'ont pas pu être rangées dans les catégories précédentes. ;

1° Affections de la peau. — Le furoncle et l'anthrax sont des lésions pour lesquelles l'hyperémie peut rendre les plus grands services tant pour les faire avorter que pour les guérir rapidement et radicalement une fois la suppuration établie.

Pour les furoncles isolés on se servira d’une ventouse du diamètre d’une pièce de 5 francs et on l’appliquera suivant la technique générale, c’est-àdire que s’il y a du pus on fera une ponction, si il n'y a pas de pus on appliquera simplement la ventouse pendant une heure en interrompant de cinq en cinq minutes. On fera deux applications par jour ; mais il est plus que probable que le premier jour le furoncle aura en partie disparu et que

tout au moins la our aura nes cessé.

HASwon’ avait affaire à de la furonculose généralisée d'un membre, on appliquerait la bande pendant

__ vingt à vingt-deux heures suivant la technique indi-

quée.

È . Dans certains fonts phle»moneux J'applica- Fe. tion de la ventouse étant assez douloureuse, il fau- ' ÿ dra avoir recours, si c’est possible, à la bande élasti-

que ou si cela est impossible, comme par exemple “sur le dos ou sur l'abdomen, à des ventouses très larges, dont les bords dépassent de beaucoup la zone “enflammée.

Pour l’anthrax la technique est la même que pour le furoncle, à condition toutefois de prendre une ventouse plus vaste. En cas de suppuration, il peut être nécessaire de faire plusieurs ponctions 4 au bistouri dans les différents points où l’on voit saillir des bourbillons. x

Dans le furoncle, comme dans l’anthrax, le ou les bourbillons sont en général expulsés dès la première séance de ventouses.

M. Delagenière cite un cas d’acné rosacé de la pommelte, qu'il soigna par l'hyperémie. Les premières applications de ventouses avaient donné à la peau un aspect violacé presque ecchymotique. Après quelques jours d'interruption, la peau ayant repris un aspect à peu près normal, le traitement fut repris et après six séances nouvelles la guérison était obtenue.

Les piqûres d'insectes seront aussi traitées avec succès par la méthode de Bier et cela se conçoit

re IS na AN

À facilement blisene c'est le principe même dé Ja + 20 méthode de favoriser l'inflammation au lieu de l'attas ‘ae | quer pour la supprimer. C’est en effet une réaction utile qui a pour but de détruire un principe patho- \ gène ; or, comme le fait remarquer Bier, il est indifférent que ce principe soit une toxine microbienne, le venin d’un moustique ou l'acide urique d’un \ goutteux. |

Les morsures de serpent ont été aussi favorablement traités par l’hyperémie et à l’hôpital du Mans dans son service d’enfants, M. Delagenière et notre prédécesseur, le D' Delacour, eurent à traiter un cas de morsure grave de vipère qui fut rapidement guéri par l'emploi des ventouses. Depuis lors quelques observations similaires ont paru, et l’on peut | dire que l’on a aujourd’hui dans la méthode de Bier un procédé simple et commode pour soigner les

piqûres de serpents.

OBSERVATION I (personnelle)

Anthrax du cou. — Application de ventouses.

Guérison en cinq jours.

V... Maurice, vingt ans, domestique à Aigné, entre à l’hôpi= tal du Mans, salle Velpeau, le 18. mars 1907, à 4 heures du soir, pour anthrax. Le malade présente dans la région droite de la nuque une tuméfaction rouge et douloureuse. A la palpation on ne sent pas de fluctuation.

Dès son arrivée nous faisons une application de ventouses

de cinq en cinq minutes pendant une heure. Les deux pre-

à trième application il ne sort plus rien ; on continue le séance

| neux ee une certaine quantité de pus et de sang. À la nu

dant une heure. Pansement aseptique. Eau Le soir nouvelle application ; la première ventouse seule amène un liquide purulent, en petite quantité.

Éd : g Les 20, 21, 22, séance d'une heure le matin seulement.

.— Le 23 le malade sort guéri

OBSERVATION IX (inédite)

(Communiquée par M. le Dr Drouin du Mans)

Anthrazx du cou. — Ventouses. — Guérison.

V... Victor, vingt-deux ans, garçon de café au Mans, vient à la consultation de l’hôpital le 12 mars 1907 pour un anthrax

j du cou.

Le malade présente dans la région de la nuque une plaque indurée et douloureuse d'environ 5 centimètres de diamètre avec deux ou trois points ramollis au centre. On pratique au

bistouri une ponction cruciale et on applique immédiatement

la ventouse de Bier. On fait quatre applications de cinq en,

cinq minutes, et l’on retire trois ou quatre bourbillons nageant

dans la valeur d'un verre à madère de pus et de sang. La région,

se ge —

très douloureuse au début, devientJ peu | à peu indolore et le

malade fait son service toute la journée. 14

Le 13, nouvelle application ; après avoir débridé les lèvres de la petite plaie il ne sort que quelques gouttes de sérosité san

guinolente.

Le LUE l’anthrax peut être considéré comme guéri ; on fait

par mesure de précaution une nouvelle application de ven-

touse et le malade ne revient plus à la consultation.

Page 1