‹ L'Hyperostose Frontale Interne et le Syndrome de Morgagni-MorelChapitre 8 sur 21 · STEWART · texte numérisé non relu

STEWART

En 1928, STEWART publie une description anatomo-clinique de trois cas personnels d’hyperostose frontale interne. 11 s’agit d'observations faites les 15 années précédentes, auxquelles l’auteur ajoute deux autres cas qu'il a découverts dans des collections et dont il a encore pu retrouver quelques notes documentaires.

STEWART, en somme, constate la fréquence de l’hyperostose frontale interne chez les aliénés ; il relève son association presque constante avec l'obésité et sa limitation presqu'absolue au sexe féminin. Comme étiologie, l’auteur invoque des troubles endocriniens et plus spécialement des troubles hypophysaires. Les trois cas personnels de STEWART n'ont pu être diagnostiqués qu'à l’autopsie.

Ils sont extrêmement démonstratifs, écrivait MOREL en 1929, et l’auteur anglais n’a pas manqué d'être frappé par l'association de l'obésité et de l’hyperostose crânienne localisée, association qui lui parut trop fréquente pour être accidentelle (Morel).

Le premier cas de STEWART est particulièrement typique: Il s'agit d'une femme admise à l’âge de 48 ans dans un asile pour mélancolie. La première crise remonte à l’âge de 21 ans. À l'admission on ne constatait aucun signe physique important. La malade présentait des idées délirantes de persécution. Elle devint très rapidement apathique, avec diminution considérable de la mémoire. Après deux ans d'hospitalisation, l’auteur a, pu constater que la malade était de plus en plus lente dans ses mouvements, et qu’elle gagnait énormement de poids (115 kg). Sur la lèvre supérieure et le menton STEWART constate la présence de nombreux poils. À part l’hyperostose frontale interne, il n'y avait pas de modifications du squelette.

Cette observation de STEWART se rapproche beaucoup de l’ancienne observation de MORGAGNI (1761). Nous trouvons en effet à côté de l’hyperostose frontale interne, une adiposité considérable et quelques signes de virilisme. STEWART signale en plus des trois caractères déjà mentionnés par MORGAGNI, les troubles psychiques.

L'auteur anglais constate la limitation presque exclusive de l’hyperostose du frontal, au sexe féminin ; quant à l’étiologie, il invoque l’action des glandes endocrines et tout spécialement de l’'hypophyse.

Comme nous venons de le voir, STEWART isole l’hyperostose frontale associée aux symptômes assez constants qui l'accompagnent ; s'il n’édifie pas de triade, ou de syndrome typique, il n’en est pourtant pas loin et semble avoir entrevu toute la complexité de ce conglomérat de troubles neuro-psychoendocriniens qu'est le syndrome de MORGAGNI. Ce fut lui le premier, à avoir entrevu la notion d'un syndrome où l’hyperostose frontale interne serait le signe capital.

La même année, en 1928, paraît une publication de GREIG. Cet auteur présente une étude approfondie, basé sur une collection anatomique. Pour GREIG, il doit exister une hypercalcémie conjointement à l'existence de l'hyperostose interne du frontal.

Le travail de CARR montre la fréquence de l'association de l'hyperostose frontale interne et de troubles neuro-psychiques.

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