V. — Autopsies
Nous autopsions trois poules, un témoin N° 3 et les N°° 1165 et 529 injectées depuis le 27 octobre avec les extraits G et L. Nous pourrons ainsi comparer J'état du tractus génital de ces différentes poules.
N° 3. — Poule témoin. La grappe ovarienne est énorme et pèse 75 grammes ; un œuf pesant 26 grammes est engagé dans la trompe. Cette poule est une pondeuse moyenne. Nous notons 6 œufs gros comme une noix formant la gramme ovarienne.
N° 529. — Cette poule pèse 1.080 grammes. Injectée depuis le 27 octobre avec l'extrait L, elle est petite mais normalement musclée. Sa chair est tendre. La grappe ovarienne est peu développée et comprend peu d'œufs. Neuf ovules jaunes de la grosseur d'un pois à une noisette et 13 ovules grisâtres de la grosseur d’un grain de mil. Mais à l'extrémité de l’oviducte, dans la chambre coquillière est un œuf enveloppé d’une membrane en voie de calcification. Le jaune est très peu abondant et est enveloppé d’une grosse masse d’albumine. La poule aurait pondu certainement quelques jours après l’autopsie mais aurait été Jongtemps avant de pondre un second œuf.
La grappe pèse 20 grammes.
L'œuf — 27 ——
Les thyroïdes sont macroscopiquement normales comparées à celles de la poule témoin.
N° 1165. — Cette poule a été injectée avec l'extrait G. La
grappe ovarienne est plus volumineuse que la précédente,
nous trouvons une plus grande quantité d'œufs. Quinze ovules jaunes gros comme une noisette et une multitude de petits œufs mais l’oviducte est vide. La poule aurait denc pondu longtemps après la précédente. La grappe pèse 50 grammes. Les thyroïdes ne sont pas atrophiés mais sont très pâles.
SANT; ETS
Ces autopsies mettent en évidence l’action inhibitrice des extraits Let G sur le tractus génital de la poule, le poids des ovaires de ces deux poules étant inférieur à 28 grammes pour le N° 529 et à 25 grammes pour le N° 1165, à celui du témoin N° 8.
De plus nous avons des poules naines, bien proportionnées avec un squelette de constitution normale mais en relation avec le ralentissement de la croissance.
Influence des injections d'extrait sur les thyroïdes
Nous venons de remarquer à l’autopsie que les thyroïdes des poules injectées avec l'extrait G étaient pâles par contre que celles des poules injectées avec l'extrait L semblaient normals macroscopiquement par comparaison avec celles des témoins.
À l'examen histologique nous notons une différence très nette. Les cellules épithéliales pour le témoin et pour le N° 529 (L) sont basses tandis que pour le N° 1165 (G) les cellules sont hautes, renflées, semblant indiquer une grande activité fonctionnelle.
Ad
GONCLUSIONS
Des résultats obtenus dans nos expériences nous essaierons de donner les conclusions suivantes.
A. Chez la poule, les injections répétées d'extrait antéhypophysaire produisent :
a) Chez les impubères :
1° Un ralentissement très marqué de la croissance des jeunes, sensiblement égal avec l'extrait lutéinisant et l'extrait gonadotrope ; |
2° Une prolongation de la période de préparation à la ponte
chez les impubères sans empêcher la ponte de se produire :
Disque les autopsies des poules injéctées sans interruption jusqu’à leur sacrification nous montrent la présence d’œuf dans l’oviducte et une grappe ovarienne en voie de maturité ;
3° Un arrêt de la ponte dès la troisième injection pour de jeunes poulettes de cinq mois avec les deux extraits, mais le nombre des injections devant augmenter avec l’âge puisque trois injections des deux mêmes extraits restent inactives sur des poulettes de neuf mois ;
° Un moindre développement du tractus génital, les grappes ovariennes dans les deux cäs étant formées d'œufs extrèmement petits et peu nombreux.
5° Une inhibition totale des phénomènes dexuels secondaires (développement des organes vasculaires de la tête, crête et barbillon).
b) Chez les adultes :
Les phénomènes sont semblables mais avec une intensité différente. Nous notons :
1° Un arrêt de la ponte après la dixième injection avec l’ex-
trait lutéinisant et après la onzième avec l'extrait gonadotrope ;
2° Un pâlissement très net des organes vasculaires et un ralentissement léger de la crête ne permettant cependant pas de parler de régression."
B. Ces deux extraits :
a) 1° Arrêtent la ponte par un même nombre d'injection chez les impubères et un nombre sensiblement égale (10 L, 11 G) chez les adultes ; : |
2° Ralentissent la croissance chez les jeunes avec la même intensité ;
3° Inhibent le développement du tractus génital'et les phénomènes sexuels secondaires.
b) L'extrait gonadotrope, par contre :
* 1° Produit un arrêt de la ponte moins rapide et moins durable chez les jeunes et chez les adultes :
2° Ralentit le développement de la grappe ovarienne d’une facon moins évidente que l'extrait lutéinisant e
3° Semble exciter le travail des cellules épithéliales de la glande thyroïde alors que L ne produit aucune effet sur cette glande. | |
Tous ces résultats sont inattendus puisqu'ils s'opposent à ceux qui ont été obtenus chez les Mammifères.
Vu : Le Doyen : Vu : Le PRÉSIDENT DE Tuèse :
BALTHAZARD-: CHAMPY.
Vu et permis d'imprimer :
LE RECTEUR DE L'ACADÉMIE DE PaRis :
S. CHARLETY.