‹ L'Hyperthermie HystériqueChapitre 4 sur 8 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

La fièvre hystérique a été relatée à une époque déjà lointaine. Sandras, en 1792, dans son Traité des nerfs et de leurs maladies, la décrit comme fièvre essentielle.

Pomme, en 1803, observa cette fièvre spéciale et, dans son Traité des maladies vaporeuses, il lui donna le nom de fièvre spasmodique. « Elle n’est point produite, dit-il, par la présence d’une matière fébrile, mais par le seul vice des nerfs, lequel consiste dans un ébranlement des fibres nerveuses, d’où s'ensuit une augmentation considérable de force dans le cœur, les artères et les veines. » Il avait donc déjà entrevu la pathogénie de l'affection.

Niée par Broussais et son école, Chomel, Landouzy, n'y voyaient qu'un symptôme d’une lésion organique concomitante.

Grisolle, en 1846, admettait que, très rarement toutefois, on pouvait trouver de la fièvre chez des gens hystériques

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Beau signala une fausse fièvre typhoïde d'origine nerveuse. Graves et Wunderlich en signalèrent également des exemples.

Briquet, dans son Traité clinique et thérapeutique de l'hystérie, 1859, affirma nettement l'existence d'une fièvre hystérique ne résultant ni de phlegmasies, ni d’altérations matérielles des organes, appréciables à nos sens.

En 1869, Gagey publia sa thèse sur les Accidents fébriles chez les hystériques.

En 1873, Briant fit paraître deux observations de fièvre hystérique. ;

L'un et l’autre l’admettaient parfaitement, car on ne trouve, disaient-ils, aucune lésion organique pouvant expliquer l'élévation de la température.

Bouchut, Du Castel, doutèrent de la fièvre hystérique, et en 1883, Pinard, dans sa thèse, mit également en doute l’existence de cette fièvre, critiqua les observations de Briquet et de Briant en accusant celui-ci de ne pas les avoir suffisamment contrôlées. Mais le Prof. Debove publiait, en 1885, une observation qui ne laissait aucun doute sur la réalité de l'existence de la fièvre hystérique, il avait pris luimême la tempérarure et avec un soin tel, que cette observation paraît indiscutable.

En 1886, Barié publiait, à la Société médicale des hôpitaux, un cas de fièvre hystérique également irréprochablement observé.

En 1887, Clemow publia, à la Société clinique de Londres, une observation qu’il intitula : Hyperpyrexie hystérique chez une blanchisseuse de 23 ans.

L'année 1888 fut fertile en ouvrages traitant de la fièvre hystérique. Macé résuma dans sa thèse les observations de Boissard, Chantemesse, Dalché, Raynaud.

La même année, le Prof. Chauveau essaya d'établir la pathogénie de l'hyperthermie hystérique et l'étudia dans toutes ses allures, d’après les travaux de Bichat, de Girard, d’Aronsohn, sur les centres thermogènes du cerveau.

C’est en 1888 également que Bressler fit un travail et que Fabre fit sa thèse sur le même sujet.

Toujours la même année, Bertoye publia, dans sa thèse faite à Lyon, une étude très documentée sur la fièvre du goître exophtalmique.

En 1890, dans la Gazette des hôpitaux, Boulay fit une étude très sérieuse de la fièvre hystérique.

En 1892, Tuya publia un article à ce sujet dans la Province médicale. Nous devons encore citer, les années suivantes, les travaux de Sarbo, de Moiroud.

En 1895, Gilles de la Tourette fit paraître un livre magistral sur l’hystérie et consacra un de ses chapitres à la fièvre hystérique.

En 1896, Jacqueau signala, dans le Lyon Médical, des accidents pseudo-méningitiques avec température chez une grande hystérique.

En 1897, Sollier fit paraître son livre sur la genèse et la nature de l’hystérie.

La même année, nous devons signaler un mémoire de Rendu, à la Société médicale des hôpitaux.

En 1899, M. Cuzin publia, dans le Lyon Médical, une très sérieuse observation qu’il avait eu l’occasion

de prendre lui-même à Bron dans le service de M. le Prof. Pierret et qu’il a bien voulu nous communiquer.

A l'étranger, de nombreux travaux ont parus également, nous devons citer entre autres, ceux de Wunderlich, de Putnam-Jacobi, de Clemow, d'Aronsohn, de Raffaële-Vizioli, de Lorenzen, d’Auffleck, de Bressler, de Léoni, d'Ughetti, de Tillmann, de Santagelo-Spoto, etc.

En 1903 enfin, ont parus successivement à Paris, la thèse de M. Larré et à Lyon l'observation si sérieuse et si indiscutable de MM. Lannois et Porot,

C'est documenté par ces travaux que nous nous efforcerons de mettre au point les idées actuelles sur la fièvre hystérique et de les synthétiser.

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