‹ L'hypertonie artérielle maligne aiguë des jeunesChapitre 42 sur 53 · PATES · texte numérisé non relu

PATES

ANTÉCÉDENTS PERSONNELS, — Rougeole à 5 ans non compliquée. |

Varicelle à 12 ans non compliquée.

Puberté à 14 ans et demi. À partir de ce moment, j'ai été souvent consulté pour des phénomènes attribuables à une hypotension constitutionnelle : jeune fille grandissan! vite, longiligne; très vile fatiguée, physiquement paresseuse, sujette à de coùûrts vertiges lors des changements de position.

Tension artérielle toujours basse : Mx 9-10 ; Mm 5-6 (Vaquez-Laubry), s’abaissant encore lors de la station debout. Dernier examen le 20 mai 1933 : 9/6.

À part une légère ptose côlique et rénale droite, absolument aucun signe d’une affection organique. Cœur d’hy-

potendue ptosique « en goutte », médian.

En septembre 1933, à 18 ans, elle revient de la mer très malade depuis une quinzaine de jours.

Elle a passé avec sa famille juillet et août à Royan ; bains

/de mer suivis de bains de soleil excessifs.

Un jour, eile croit avoir eu une « insolation » ; le soir, maux de tête violents, surtout dans la région occipitale et la nuque ; palpitations avec insomnie toute la nuit.

A dater de ce jour, c’est uñhe grande malade : céphalées continuelles augmentées par l’alimentation, la marche, le moindre effort; vertiges; palpitations, avec battements perçus dans la tête ; dyspnée dès qu’elle se lève, fait sa toilette ; sensations d’angoisse, surtout nocturnes, Insomnie rebeile ; perte de l’appétit. Amaigrissement de 4 kg. 500 en quinze jours.

Examen le 17 septembre 1933 : Aspect fatigué, faciès amaigri, traits tirés; regard brillant, volubilité qui n'était pas habituelle.

Les artères du cou battent violemment, Au bout de 19 minutes de repos allongé, il y a 92 pulsations à la minute. Les radiales sont rigides, tendues, rectilignes et donnent

* — 81 — l'impression d’un cylindre régulier, contracté sur son contenu.

La tension est de 12-21, aux deux bras, de 22-12 à la jambe droite, 22-10 à la gauche.

Cœur éréthique, soulevant la poitrine, certainement gros. Pointe abaissée derrière la 7° côte, et déviée à gauche. Bruits clangoreux. Pas de galop ni de souffles fonctionnels. 5

Corps thyroïde normal.

Le reste de l’examen est négatif. Cependant, la malade se lève deux à trois fois la nuit pour uriner.

Je demande un examen des urines; un dosage de l’urée sanguine et un examen du fond d'œil; une réaction de B.W.

Le 27 septembre : urines : albumine, 0 gr. 16 ; pas de cylindres granuleux ; pas d'hématies. 2.100 gr. par 24 heures.

Urée sanguine : 0 gr. 65.

Bordet-Wassermann et Hecht négatifs.

Œil (docteur LAGRANGE) : vision normale ; acuité visuelle des deux yeux normale (8/10 à droite, 9/10 à gauche). Réflexes pupillaires normaux. Fond d’œil : pas de stase ni d’œdème ; mais artères rétiniennes rigides, tendues, en certains points spasmées. |

EVOLUTION. — Malgré le repos absolu au lt, les sédatifs (gardénal et bromure), le régime hypoazoté, la réduction des liquides, la maladie s'aggrave. D’abord lentement ; état à peu près stationnaire jusqu’en décembre (4 mois). Toujours la céphalée. les vertiges, les palpitations, les angoisses, l’insomnie, l’anorexie.

Cependant : la tension (11 décembre) est à 24/12.

L’albuminurie est de 1 gr. 10 ; il y a quelques hématies.

L’urée sanguine atteint 0 gr. 96. serine 60, Protides sanguins : 82 gr. 60, dont : = donc augmentés. globuline 22,6

Lipides : totaux : 11 gr. 20, dont 2,75 de cholesteroi total.

Pas de corps biréfringents dans les urines.

EN es 2

Fin décembre, aggravation nette : Crises de dyspnée nocturne. Le cœur est encore plus gros; on perçoit un bruit de galop en position assise, au-dessus de la pointe.

La malade se plaint que sa vue baisse beaucoup.

Examen ophtalmologique (docteur Lagrange) : lésions nettes, bilatérales de rétinite, avec artérite et périartérite, petits foyers hémorragiques à droite ; quelques exsudats blanchâtres périvasculaires.

La tension rétinienne n’a pas été prise.

L'amaigrissement s’est beaucoup accentué.

Le hâle des bains de soleil ayant complètement disparu aa visage, on est frappé de sa pâleur, avec une légère cyanose des lèvres et des oreilles. k

Les yeux sont légèrement saillants. Toujours rien d’anormal au corps thyroïde.

3 janvier 1934 : albumine urinaire : 2 gr. 40 par littre; 2.400 gr. d’urines par 24 heures; pas de cylindes, pas de corps biréfringents.

Urée du sang : 1 gr. 70.

Glycémie : 1 gr. 42.

En février : aggravation continue. L’insuffisance cardiaque augmente; le pouls est entre 110 et 130, toujours régulier; bruit de galop très net. Gros foie. Œdèmes remontant aux genoux. Aucune action de la digitale. Action faible de la théobromine. Tension : 18/15 (7 février).

L’insuffisance rénale augmente en même temps : crises de somnolence avec Cheyne-Stokes ; vomissements très fréquents; anorexie absolue, avec dégoût de tout aliment crises de diarrhée. Bouche sèche, très rouge.

Le 11 février : urée, 2 gr. 36.

Albumine urinaire : 0 gr. 98, très rares cylindres granuleux.

Le 5 mars : torpeur progressive ; Cheyne-Stokes continu, tension artérielle, 15/12; pouls, 126; température, 35°7.

Le 7 mars : mort dans le coma.

D Et

(Professeur ABRAMI), inédite

Jacques C.…, comptable, 27 ans.

ANTÉCÉDENTS FAMILIAUX. — Aucune maladie rénale ni vasculaire chez les ascendants.

Mère : coryza spasmodique et rhume des foins, migraines.

Père : pleurésie (?) au régiment. Rien depuis.

‘Grands-parents : paternels morts, le grand-père fracture du crâne (accident) à 73 ans, la grand’mère d’un cancer de lintestin opéré, à 57 ans ; maternels : encore vivants lui, rhumatisme chronique et asthme ; elle, très bien portante,

ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. — Rougeole à 10 ans ; oreillons au régiment ; soigné par moi pour une paratyphoïde A en 1935. Rien au cœur ni aux reins. Tension toujours normale (13 à 13,5 Mx ; 8 Mm).

MALADIE ACTUELLE, — En février 1936, premiers symptômes : crise de palpitations au cours d’une séance de gymnastique respiratoire qu’il fait tous les matins ; se sent fatigué toute la journée.

Je le vois le lendemain (8 février), un peu pâle.

Rien d’objectif, sinon

1° Tachycardie à 92 régulière; }

2° Tension à 18/11, avec bruits cardiaques claqués.

Aucun signe rénal ; pas d’albumine ; urée : 0 gr. 18 le 9 février.

Je conseille : repos de huit jours, spasmosédine, suppression de toute gymnastique.

Le 20 février, je revois le malade. Il se sent mieux ; n’est pas sorti depuis 11 jours. Mais toujours tachycardie à 90, toujours tension à 18/11.

I est obligé de reprendre son travail,

Le 3 mars, il vient me voir ({ mois environ); se plaint de grande fatigue au moindre mouvement. L'ascension des

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