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trois étages pour se rendre à son bureau provoque de la dyspnée, qui « met plus d’un quart d’heure à se calmer ». I a maigri de 4 kilos depuis le mois de janvier (dernière pesée). Dort très mal ; sent son cœur, surtout s’il se couche à gauche ; entend des « souffles » dans les oreilles,’ depuis
3 jours, céphalée continuelle.
EXAMEN. — Pâle, faciès très changé.
Pouls : 98, régulier, mais quelques extra-systoles.
Artères radiales : serrées, roulant sous le doigt, fil de fer.
Tension : 20/12. 7 ;
Cœur : hypertrophié, avec battements violents. Pointe déviée à gauche, bat dans le 6° espace.
Rien ailleurs d’objectif, mais : albumine : 2 gr. 16, pas de cylindres ; quelques hématies. Urée : 0 gr. 94.
Je conseille le repos absolu ; spasmosédine ; régime hypoazoté.
A partir de ce moment, l’évolution se noie
Hypertension progressive (de 20 à 23 Mx, 12 à 15 Mm fin avril) ; céphalée continue, avec violents paroxysmes ; vertiges ; angoisse respiratoire, surtout nocturne ; Spasmes artériels : œil (amaurose subite, de quelques secondes, puis baisse de la vision). Le 6 avril : lésions de rétinite hémorragique exsudative (docteur Lagrange). \
Spasmes de la fémorale droite (14 mars) : étant au lit, à 10 heures, douleur subite à la racine de la cuisse avec irradiations jusqu'aux orteils. Cris de douleur. Après quelques minutes, disparaît. Le 16, pendant une visite, spasme de l'iliaque gauche. Douleurs atroces dans la fosse iliaque ; mêmes irradiations. Tout le membre devient froid, blanc : je ne sens plus la fémorale. Réflexes tendineux diminués; après 45 secondes, la douleur cède ; le pouls revient et le membre se réchauffe.
Spasmes analogues dans la faciale droite, à 3 reprises, dans le flanc droit en arrière (rénale). Ces spasmes RUES raissent en mai.
RAT TX MARÉES
Insuffisance cardiaque progressive : Cœur très gros, 2 pointe battant presque sur la ligne axillaire antérieure, :7° espace. Eréthisme. Bruit de galop. La tachycardie s’accen-
tue de 100 à 120. Extra systoles fréquentes ; palpitations dyspnée d'effort et asthme nocturne. Quelques râles aux bases. Pas d’œdèmes. :
Insuffisance rénale : Albuminurie à 3 gr. (fin mars),
6 gr. 20 (avril), 5 gr. (mai), 3 gr. 12 (juin). Rarement cy: lindres granuleux. |
Azotémie : 1 gr. 14 en avril;
gr. 40 en mai;
gr. 96 en juin; gr. 02 en juillet; | gr. 40 en août (?);
gr. 10 en septembre.
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À part l’anorexie, aucun signe d’azotémie avant juin (1 gr. 96). À ce moment survient de la diarrhée, avec tcnesme. Odeur un peu urineuse de l’haleine, prurit.
oi octobre (9° mois) : reprise des spasmes artériels (mem- -bres inférieurs), mais beaucoup moins intenses. Je n’y ai | pas assisté, mais le malade dit que le membre n’était pas frôid, comme antérieurement. Après trois crises, ils disparaissent,
Apparition d’œdèmes aux membres inférieurs.
Le 18 octobre : T.A. 26/15.
Le 25 octobre : T.A. 24/14.
Foie gros et sensible ; pas de subictère.
Aurait eu, la nuit, une violente crise de toux et d’étouffement (œdème aigu ), mais ce matin, ie ne trouve que les râles habituels aux bases.
En novembre (10° mois) : l’amaigrissement est presque squelettiqué.
Le 16 : une grande épistaxis, T.A., 22/12 ; bruit de galop intense, peut-être, en plus, un frottement péricardique ?
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Le 18 : frottement net ; urée : 3 gr. 94.
Le malade est très somnolent, avec du prurit, Vomit fréquemment. depuis quelques jours, odeur ammoniacale. + Derniers jours de novembre : Cheyne-Stokes intermittent. Meurt, dans le coma, le 8 décembre.
(Docteur LOISANCE), inédite
Nous devons à l’obligeance du docteur Yves LOISANCE, de Rennes, l’observation suivante, qui concerne un cas d’hypertcnie maligne ayant évolué cliniquement en 3 semaines,
chez un homme de 20 ans : 7
Jean D, 20 ans, de Renres, ajusteur, vient consulter le 20 novembre 1940, parce que, ayant fait prendre sa tension artérielle chez un droguiste (sic), ce dernier lui a trouvé
une tension de 23/14 et lui a conseillé de voir un médecin.
ANTÉCÉDENTS. — On ne note qu’une rougeole dans l’enfance, suivie d’otite, dans ses antécédents personnels, .
Son père s’est jeté dans la Rance au mois de juillet 1941 et s'est noyé, laissant sa veuve et deux enfants ; celle-ci est bien portante, de même que son jeune frère. di
HISTOIRE DE LA MALADIE. — Depuis quelque temps, il est sujet à de la céphalée qui l’oblige à prendre fréquemment des comprimés d’aspirine. Il n’accuse que peu de troubles de la vue, bien qu’il soit possible d’expliquer par une baisse de l’acuité visuelle les fautes qu’il a commises dans son travail et qui lui ont valu des réprimandes de son patron.
ETAT ACTUEL. — Il accuse de la céphalée frontale, une baisse de la vue, de la dyspnée d'effort et des crampes. A l'examen, pas de modifications des bruits du cœur, tension artérielle à 23/14, pointe du cœur abaissée, pas de tachy- Cardie, ni d’œdèmes., Rigidité de la radiale. Pâleur ; albuminurie de 6 gr. au tube d’Esbach.
EXAMEN OPHTALMOLOGIQUE. — Lésions diffuses des deux fonds d’œil. Réduction très importante de la vision des deux yeux : O.D., 2/10; O.G., 1/10 après correction (examen pratiqué par le docteur HUBERT, de Rennes, le 22 nov. 1940).
DOSAGE D’URÉE dans le sang : 0,94 (dosage par le xanthydrol pratiqué par le docteur CHEVREL, de Rennes).
. Réaction de Bordet-Wassermann : négative (docteur CHE- | VREL). |
EVOLUTION. = Conformément au pronostic porté, l’évolution est rapidement très sombre.
En effet, le 22 novembre, apparaissait une dyspnée de décubitus. l’obligeant à se lever la nuit ou à rester assis dans son lit. Prurit et constipation. Deux saignées de 200 cm. lui sont faites à deux jours d'intervalle. La tension artérielle est alors de 14/20 et l’albuminurie de 2 gr. 50.
Légère amélioration de la céphalée, qui persiste quand même, avec insomnie. La vue baisse toujours et il ne voit plus qu'un brouillard, ne sait pas compter les doigts que je lui montre à 50 cm.
Le 7 décembre, des vomissements apparaissent avec de l'agitation. Il est noté alors de l’exophtalmie, et l’amaigrissement s’accentue, La diurèse était abondante,
Le 9 décembre, à 3 heures du matin, le malade émettait sa dernière miction (il avait recu la veille une préparation à base de Scille).
Un délire avec excitation psychique apparaissait, les sueurs étaient très abondantes, la céphalée semblait atroce, à tel point que dans la soirée du 9 une ponction lombaire lui est faite avec soustration de liquide céphalo-rachidien, qui eut au moins l’avantage de le calmer pour la nuit.
Le lendemain, l'agitation le reprenait, pour faire bientôt place à un coma calme. Le 10 au soir, apparition d’une respiration de Cheyne-Stokes. Il décédait peu après, sans avoir uriné,
; Depuis l’interruption de son travail, jusqu’à la mort, il s'était écoulé trois semaines.