‹ L'Hypertrophie Du Thymus: Exposé Des Notions Acquises À Propos D'une ObservationChapitre 5 sur 24 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

« Malgré qu'il ait donné lieu dans ces trois dernières années surtout, à un grand nombre de travaux, le diagnostic clinique de lhypertrophie du thymus reste un des plus obscurs de la pathologie infantile ». Voila ce qu'écrivait FERRAND, dans le Monde Médical, en 1911.

On profitait d’ailleurs de cette ignorance générale pour attribuer au thymus une foule de méfaits dont les causes restaient inconnues.

Tout accident inexpliqué, tout syndrome étrange était immédiatement mis а l'actif de l’hypertrophie du thymus, et ainsi on avait toujours sous la main, une étiologie mystérieuse à invoquer pour expliquer des accidents souvent eux-mêmes mystérieux.

Que de morts subites dans la première enfance, notamment, ne Jui a-t-on pas imputé. On l’a chargé jusqu'ici de culpabilités aussi nombreuses que gratuites. L’hypertrophie du thymus a été une entité toute puissante; elle s’est prêtée, avec une complaisance sans borne, à accepter beaucoup de responsabilités.

Depuis trois ans nos connaissances sur ce démiurge « hypertrophie du thymus » se sont singulièrement précisées, grâce à la chirurgie et à la radioscopie. Le syndrome thymique est maintenant connu dans ses lignes principales. Nous savons que les accidents graves ne débutent jamais sans que le malade ait présenté au moins се que d'OElsnitz a appelé les « petits signes » de l’hyper-

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trophie du thymus. Nous avons appris à les dépister, et à les rattacher à leur véritable cause. Ce n'est plus au hasard que Pon inculpe le thymus; et son hypertrophie mieux connue dans ses manifestations a pris en pathologie infantile une place importante.

C'est à l’occasion d'un cas suivi dans le service du Docteur Jouty, qu'il nous a paru intéressant de résumer les notions acquises jusqu’à ce jour et de montrer l'évolution subie par les anciennes théories tant sur la physiologie que sur la pathologie du thymus. Nous serons donc amenés à nous demander si le thymus est un organe lymphoide, selon l'opinion classique, ou bien au contraire si nous devons le considérer, avec Hammar, comme un organe épithélial. La symptomatologie nous arrêtera longuement. Nous verrons que, revenant aux idées de Kopp, on pourra dire que les premiers troubles dus à Phyperplasie thymique sont des troubles laryngés. Le thymus irrite les récurrents. Voila un fait essentiel. La conséquence de cette irritation c'est une contraction des muscles constricteurs et tenseurs des cordes vocales. Il y a contracture tonique des cordes vocales, c'est lá le phénomène primitif capital. Ce n'est que plus tard que le thymus comprimera directement la trachée, s’il continue à augmenter de volume. Notre observation est convaincante sur ce point.

Nous avons encore voulu, à propos de cette observation, attirer l'attention sur un symptôme peu connu : la circulation collatérale de la partie supérieure du thorax. Elle était très nette chez notre jeune malade. Enfin nous avons insisté sur certains points de technique opératoire et de thérapeutique.

Ainsi cette observation nous a paru intéressante à plus d'un titre: elle contient résumé ce que nous devons

savoir sur la symptomatologie; elle nous donne donc le moyen d’arriver à un diagnostic précis, si selon les conseils de Ferrand, on pense systématiquement au thymus devant toute dyspnée d’origine inconnue; elle nous permet de discuter, à son occasion, la valeur de la radiothérapie. Pour toutes ces raisons, nous avons jugé que le cas observé par le D: Jouty se prêtait а des considérations assez étendues pour faire l’objet de notre thèse.

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