‹ L'hypertrophie prostatiqueChapitre 17 sur 28 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Si l’on a égard aux circonstances que nous avons mentionnées précédemment et aux malades atteints de cette affection, le diagnostic de l’hypertrophie prostatique en général ne sera pas difficile; mais il devient plus compliqué lorsqu'il s’agit, l'existence de la maladie étant reconnue, de déterminer quelle est sa forme, à quelle période elle en est, quel est l’état anatomique de chacune des parties des voies urinaires, s’il y à des complications et comment l’économie s’est comportée. Il faut encore différencier l’hypertrophie prostatique des diverses maladies qui offrent avec elle plus ou moins de ressemblance.

La fréquence de la miction est importante à noter; nous avons vu, quand nous avons étudié les symptômes, qu'au début les malades avaient besoin de vider leur vessie principalement la nuit; plus tard les besoins se font sentir pendant le jour, détail qu'il est nécessaire de retenir, car cette fréquence des envies d’uriner pendant la journée indique un état plus avancé de la lésion prostatique. L’exploration directe de la vessie se fera à l’aide de la percussion, de la palpation hypogastrique et du toucher rectal. à 4

Nous ne décrirons pas en détail la manière de pratiquer ces diverses manœuvres ; il suffit d’avoir fréquenté les cliniques pour être à même de connaitre les renseignements que l’on peut en obtenir; tout le monde sait qu'il est de règle de relâcher autant que possible les muscles droits de l’abdomen qui seraient capables de donner de fausses sensations, et quant au toucher rectal, manœuvre si bien décrite par Mercier, il

ON ee exige, pour être fructueux dans l'exploration de la vessie, que le malade soit couché sur le dos. Nous avons pu ainsi, sur divers malades de notre service, apprécier, en combinant la palpation hypogastrique avec le toucher, la quantité d'urine contenue dans la vessie et juger du plus ou moins de distension

de cet organe.

L’incontinence que nous savons être le résultat de la rétention, la polyurie et les troubles digestifs, les dyspepsies, les vomissements, la langue urinaire indiquent que la maladie est arrivée à la dernière période.

Ce n'est pas tout d’avoir diagnostiqué la période de la maladie : il reste à reconnaître l’état de la prostate, de la vessie et des reins. Quand nous avons étudié l'anatomie de la prostate, nous avons vu qu'elle est accolée à la paroi du rectum; donc toute déformation de la glande se traduira par une déformation de la paroi rectale que le toucher permettra d'apprécier. En effet, le doigt introduit dans le rectum, la pulpe en avant, sent parfaitement les bosselures de la prostate à travers l'intestin ; cependant il faut qu’une condition soit remplie, c'est que le volume de la glande soit augmenté du côté de l'intestin; le doigt ne peut pas du tout reconnaitre les déformations du canal et de la vessie qui peuvent être la conséquence de l'hypertrophie. Le doigt introduit dans le rectum permet d'apprécier la consistance des parties, qui peuvent être dures où molles et inégales, de noter la position des branches des artères hémorroïdales qui se trouvent de chaque côté de la ligne médiane. Il fait reconnaître la présence des calculs prostatiques, quand ils sont volumineux, nombreux et situés près des parois du rectum ; il éprouve alors une sensation de frottement très appréciable, surtout si avec un cathéter on déprime le bas-fond de la vessie. On recherchera encore le siège, le degré de la douleur, et la sensibilité à la pression, car dans l’inffammation de la prostate, elles deviennent toutes deux extrêmes en même

Er temps qu'on observe une certaine tension et la chaleur dans ces parties ; mais il est préférable d'employer le mode d’exploration conseillé par le professeur Nélaton, c'est-à-dire la palpation jointe au toucher rectal pour connaître la hauteur de la prostate. Pour reconnaître l’état du canal, on se sert de l'explorateur à boule olivaire, qui vaut mieux, d'après le professeur Guyon, qu'aucun instrument. « On a pensé qu'un instrument métallique à petite courbure destiné à manœuvrer dans la région prostatique du canal comme la sonde dans la vessie pourrait rendre de grands services. Il n’en est rien. Aueun instrument n’égale l'explorateur en gomme, qui donne des notions exactes sur la longuear et les déformations de la région prostatique. » La région prostatique étant entre la région membraneuse de l’urèthre et la vessie, on sent parfaitement, quand la main est suffisamment exercée, le moment où l'explorateur s’y engage et le moment où il est dans la vessie ; le temps que l’on a mis à faire parcourir à la sonde la région donnera une idée exacte de la longueur du canal. Quant aux déformations, elles se traduisent par la facilité plus ou moins grande avec laquelle l'explorateur pénètre et par les déviations que subit l'extrémité, à droite ou à gauche, au fur et à mesure de la progression.

Il s’agit maintenant d'explorer la vessie. Voici ce que dit à ce sujet le chirurgien de l'hôpital Necker : « J'ai fait construire * des sondes pleines qui ont l'avantage de n’avoir ni œil capable de blesser le canal, ni lumière difficile à entretenir dans un état parfait de propreté. Ces instruments seront donc toujours aseptiques. De plus, ils offrent un poids un peu plus considérable que celui des tiges creuses, ce qui facilite leur introduction.

» Comme ces sondes n’ont pas encore été décrites, je profite de l’occasion qui se présente maintenant de vous en parler. J'en ai fait construire par M. Collin plusieurs modèles, de

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