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dimensions inégales, mais de forme absolument identique. Ils portent les n°” 1, 2, 5 et 4. Le n° 1 est un explorateur pour enfants ; le n° 2 est celui dont vous aurez le plus habituellement à vous servir. Il convient à la plupart des sujets et peut même passer à travers un urèthre prostatique modifié par l’hypertrophie de la glande qui l'entoure. Cependant sa courbure courte, très favorable à l’exploration, l’est beaucoup moins à la pénétration. Aussi est-il nécessaire d’avoir à sa disposition une courbure plus longue. C’est ce que réalisent les n° 3 et 4. Celui-ci mesure 34 millimètres de bec, tandis que le n°2 n’en a que 20. Il m'a souvent permis d'opérer facilement une longue traversée prostatique et de bien explorer un bas-fond très déprimé. C’est un instrument dont j'hésite d'autant moins à vous recommander l'emploi que j'ai eu bien souvent des échecs ou de grandes difficultés avec des explorateurs à bec plus court... Une expérience déjà bien longue me permet d'affirmer que vous ne serez dans de bonnes conditions pour réduire à leur minimum les difficultés de l'exploration que si vous êtes munis non d'un explorateur, mais d’une série d’explorateurs. Après avoir étudié le canal avec la bougie en gomme à extrémité olivaire, c’est-à-dire avec l’explorateur de l’urèêthre, vous choisirez en toute connaissance de cause l'explorateur de la vessie le mieux adapté à l’urèthre que vous aurez à parcourir.
» Ce qui caractérise ces explorateurs, au point de vue de la construction, c’est la forme du bec. Très régulièrement aplati, il s’élargit jusqu'à son extrémité et se termine par un renflement. Il est construit de manière à offrir des points de contact étendus et une grande douceur de toucher. Il rappelle la forme des lithotriteurs à mors plats.
» Le bec forme avec la tige une courbure assez brusque, presque une coudure à angle droit, un peu plus ouverte cependant, car cette disposition facilite l'introduction. La tige est
ei ou plus mince que le bec, de manière à se mouvoir sans frottements dans le canal et à transmettre, sans les altérer, les impressions directement recueillies par le bec. Enfin le pavillon se termine par une sorte de poignée commode à saisir et dont le poids rend plus facile la progression de l'instrument. »
Cet explorateur spécial fait connaître les reliefs proéminant dans la cavité vésicale, le diamètre antéro-postérieur du réservoir urinaire, la souplesse et la sensibilité de ses parois. La puissance contractile de la vessie ne peut être appréciée qu'en supprimant au moyen d’une sonde l'obstacle prostatique ; la manière dont l'urine s'échappe par la sonde fixe le praticien à cet égard ; encore faut-il tenir compte de la tendance que la vessie distendue a à revenir sur elle-même et à expulser son contenu. En d’autres termes, on doit ne pas confondre l’élasticité et la contractilité.
Nous savons que rarement l'hypertrophie prostatique est une maladie simple. Le diagnostic des complications est heureusement facile. La cystite, l’hématurie, les népbrites ont des caractères tellement tranchés qu’elles s'imposent en quelque sorte d’elles-mêmes. Nous avons étudié en détail ces complications après les symptômes; nous n’y reviendrons pas. Il suffit d'être prévenu pour chercher de ce côté et trouver aisément ce qui entrave la maladie.
Il nous reste à parler des maladies qui peuvent ressembler à l'hypertrophie prostatique et qu'il est nécessaire de différencier. On peut d’abord éliminer aisément la paralysie vésicale qui se distingue de l’hypertrophie avec rétention, en ce que dans le 4° cas l’urine ne sort pas en jet tout d’abord ou, si cela a lieu, ce n’est que pour un instant, car il y a arrêt de ce jet et même l'écoulement n’a lieu qu'incomplètement. De plus, la paralysie de la vessie est le plus souvent liée à une lésion des centres nerveux, dont les effets retentissent aussi sur les membres inférieurs et les organes voisins. Il est difficile de rencontrer
des paralysies bornées à la vessie seulement, bien qu’on
emploie souvent ce mot pour désigner le fait, sans s'occuper __ dela cause.
Les rétrécissements de l’urèthre, leS calculs vésicaux, les tumeurs de la vessie, l’atonie simple de la vessie ou l’inertie de ses parois peuvent donner lieu à quelques erreurs. Dans les rétrécissements, le jet de l'urine est toujours invariablement faible ; dans l'hypertrophie, bien qu'il diminue en force, le volume varie moins que dans les cas précédents. L'emploi de l'explorateur en gomme à extrémité olivaire permet de trancher la question. Dans les rétrécissements, l'obstacle se rencontre avant qu'on ait fait pénétrer l'instrument à plus de 14 cent., c’est-à-dire avant d'arriver à la portion prostatique ; dans l'hypertrophie, au contraire, cela n’a lieu qu'à 46 ou 18 cent. De plus les rétrécissements surviennent plutôt avant l’âge avancé, tandis que le contraire est la règle générale pour l’hypertrophie. |
A l'égard des calculs, bien que beaucoup de symptômes soient communs à ces deux maladies, l'arrêt subit dans le jet de l'urine, de vives douleurs après la miction, l’exacerbation des symptômes et l’apparition d’un peu de sang après une promenade à cheval ou en voiture, peuvent être regardés comme indiquant fortement l'existence de caleuls dans Ja vessie ; mais
leur existence peut être méconnue par l'absence des symptômes,
parce que les calculs siègent habituellement derrière la partie hypertrophiée et ne gênent pas sensiblement l’orifice uréthrovésieal. Le meilleur signe pathognomonique est l'écoulement d'un peu de sang non mélangé de matières étrangères. Un écoulement persistant de muco-pus filant dans l'urine pourra donner quelques soupçons sur une hypertrophie: mais l'emploi de la sonde éclaircira la question d’une manière satisfaisante.
L'existence d’une tumeur dans la vessie est moins facile à démontrer. Comparée à l’hypertrophie, elle donne lieu à plus
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de douleurs et à une sensibilité extrême dans l'introduction des sondes ; l’urine est toujours accompagnée d’un écoulement sanieux et floconneux, auquel on voit s'ajouter quelques matières sablonneuses, dont l'examen microscopique fait reconnaître la structure d’une production villeuse et des matières organisées. La sonde pleine donnera tous les renseignements nécessaires là-dessus.
Une ou plusieurs rétentions d'urine volontaires sont quelquefois suivies d’atonie ou d'inertie des muscles de la vessie ; il en résulte un état de rétention chronique, par l’inhabileté qu’a contractée la vessie à expulser son contenu. Cette condition ressemble bien à la rétention produite par l’hypertrophie prostatique et exige pendant un certain temps l'emploi fréquent du cathéter. Dans ce cas, l'absence de signes positifs, l'apparition soudaine, sa liaison avec une cause connue du malade, enfin le peu de pouvoir d’uriner même après l'introduction d’une sonde seront des signes suffisants pour distinguer l'affection. Ce fait se trouve indiqué de la façon la plus nette dans une observation d'Ambroise Paré: il s’agit d’un. jeune serviteur qui, portant en croupe une honneste damoiselle, résista au besoin d’uriner; puis, quand il voulut le faire, il ne le put ; on le sonda, on retira une grande quantité d'urine et il ne se ressentit plus de cet accident. Dans le cas d’hypertrophie prostatique, l'urine coule souvent avec une force considérable, après qu'on a fait pénétrer un cathéter et le malade peut facilement en accélérer le jet à volonté, à moins qu’il n’y ait atonie après distension de la vessie.