‹ L'hypertrophie prostatiqueChapitre 21 sur 28 · TRAITEMENT HYGIÉNIQUE ET MÉDICAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT HYGIÉNIQUE ET MÉDICAL

Quand nous avons exposé les symptômes de l’hypertrophie prostatique nous avons vu combien est grande la susceptibilité des malades à l'égard de toutes les causes plus ou moins puissantes de congestion : nous avons vu l'influence funeste des refroidissements, de la retenue volontaire de l’urine, des excès vénériens, des excès de table, du sommeil trop prolongé, ete.

Et déjà nous avons pu poser les préliminaires d'un traitement médical.

Tout ce qui est susceptible d'augmenter la congestion de l'organe étant nuisible doit, pour cette raison, être rigoureusement prohibé, être soigneusement surveillé. Avant tout, on ne saurait trop conseiller aux malades de veiller avec la plus sérieuse attention à ne pas s’exposer au froid ; non pas pour se guérir, Ce serait une iJlusion par trop grande que de le croire, mais du moins pour ne pas aggraver un état déjà grave par lui-même. Rappelons-nous ce malade qui, pour avoir mis des vêtements plus légers au mois de juillet, fut atteint d’une cystite persistante. Le mot refroidissement doit être pris par les prostatiques dans son acception la plus large : aucune partie du corps ne peut impunément être exposée au froid : or, comme ils sont obligés de se lever la nuit fréquemment pour vider leur vessie, ils doivent avoir grand soin, avant de le

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faire, de se couvrir. Les courants d’air, le froid aux pieds, le passage brusque d’une atmosphère chaude dans une autre plus

froide, l'humidité des vêtements après la pluie, doivent être

soigneusement évités.

Il en est de même des écarts de régime, qui sont impitoyablement défendus aux prostatiques, et cela pour plusieurs raisons : la première est la congestion qu'entrainent, vers le gros intestin et la vessie, les aliments et les boissons pris en trop grande quantité; la deuxième est l'abondance de la sécrétion urinaire après l'ingestion de beaucoup de liquide, que ce liquide soit riche en alcool ou qu'il soit simplement aqueux, et, à Ce propos, disons que les saisons d’eaux ne valent rien à nos malades ; ils boivent trop et il faut pour éliminer toute cette eau un travail considérable de la part des reins, qui né sont que trop disposés à protester contre cette exagération de travail. D'ailleurs les prostatiques ne doivent pas résister aux injonctions de leur vessie ; ses commandements sont impérieux et doivent être immédiatement exécutés. C’est pour cela qu'ils devront éviter les voyages, les longues courses, l’équitation, situations dans lesquelles ils pourraient ne pas être en état de satisfaire leurs fréquents besoins d’uriner.

Les excès vénériens seront évités ; il suffit de les mentionner sans qu'il soit nécessaire d’insister sur l’apport considérable de sang qui se fait dans le petit bassin sous l'influence de l'excitation génitale.

Nous avons déjà dit combien les prostatiques ont à se méfier des purgatifs, capables de congestionner le gros intestin et les organes qui l'entourent.

Cependant, s'il était nécessaire de combattre une constipation fâcheuse par la fluxion des viscères intra-pelviens, on prescrirait les médicaments qui réussissent aux hémorroïdaires, la podophylle, le capsicum ou encore des lavements émollients, mucilagimeux.

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On surveillera en même temps les fonctions de la peau, on conseillera l'usage de la flanelle et on favorisera la perspiration cutanée par quelques frictions avec des gants de crin. Quelques promenades, un exercice modéré, ne seront pas nuisibles. Il faut, en un mot, s’efforcer de maintenir toutes les fonctions dans l’état de santé. On n’oubliera pas également de surveiller l’état mental des malades : on leur procurera des distractions de toutes sortes, on évitera de leur causer des ennuis, on devra toujours tenir leur esprit éloigné de l’objet de leurs tourments.

Tous ces soins sont des soins préventifs; mais s’il survenait une prostatite aiguë à la suite de l'impression du froid ou de l'humidité, après des excès de quelque nature qu'ils soient, si les difficultés d’uriner augmentaient et s’accompagnaient d'accidents fébriles, d'écoulement d'urine sanguino-purulente,

on Calmerait ces accidents par le repos au lit, les cataplasmes

opiacés, de légers laxatifs. On prescrirait en même temps des bains de siège en recommandant aux malades de ne pas les prendre trop chauds, ni d'y rester plus de 40 à 15 minutes, c'est-à-dire le temps suffisant pour amener une dérivation à la peau et fluxionner les capillaires sanguins, mais sans toutefois congestionner les viscères du petit bassin. Peut-être serait-on en droit d'appliquer des sangsues sur la prostate par le rectum, moyen conseillé par Bégin, mais d’une application difficile et douloureuse : en général, comme ce sont des vieillards, on ne devra pas abuser des saignées soit générales, soit même locales.

Le traitement médical proprement dit est réduit à de bien pauvres ressources

Ceux qui, avec J.-L. Petit, Vidal {de Cassis), ont vu dans l’hypertrophie de la prostate un résultat de la vérole, ont employé les mercuriaux à l'intérieur, les suppositoires dans le

COL ee rectum, les frictions au périnée et à la partie interne des cuisses.

J. Hunter dit avoir retiré de bons résultats de la ciguë et

des bains de mer ; Coulson a également vanté la ciguë unie à

l’iodure de potassium.

L'hydrochlorate d’ammoniaque à haute dose a acquis en Allemagne une grande réputation entre les mains du D' Fischer, de Dresde, qui l’a prôné en 4821, et depuis, Durand-Fardel rapporte même deux observations intéressantes de Vanoye, qui a donné ce sel et paraît en avoir retiré de très bons effets. Son traitement n'empêche pas les autres indications ; seulement il faut donner le médicament à haute dose et en surveiller les effets.

Par analogie, l’iodure de potassium et ses combinaisons ont été également essayés pour résoudre l'hypertrophie de la prostate, par Strafford en 1840 et 1845 ; dans ce but, cet auteur conseillait des suppositoires ou des applications sur la mu-

queuse uréthrale, ou même il le donnait à l'intérieur. Si l’on

veut suivre cette méthode, il faut pendant des mois, et même des années, donner l’iodure de potassium ou de sodium à la dose de 50 centigr. à À gram. quinze jours ou trois semaines tous les mois. |

Les eaux de Kreusnach en Allemagne, qui sont iodo-bromurées et qui doivent leurs succès aux guérisons des maladies de l'utérus, ont été recommandées dans les affections de la prostate par le D' Prieger, en bains, en lavements. Il est vrai de dire qu’on a afténué les symptômes ; mais on n’a pas d’observations de guérisons de tumeurs prostatiques.

Les applications calmantes de belladone, de jusquiame, les

préparations de valériane, seront employées contre l'élément

douleur ; le seigle, l’ergotine, la noix vomique rendront de grands services contre la congestion.

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