‹ L'hypertrophie prostatiqueChapitre 22 sur 28 · TRAITEMENT DE LA RÉTENTION · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA RÉTENTION

Il faut évacuer par la sonde toute vessie qui ne parvient pas à se débarrasser complètement de son contenu ; le cathétérisme est formellement indiqué toutes les fois que l’évacuation commence à être incomplète. Ces deux préceptes doivent dominer toute la thérapeutique à suivre vis-à-vis des prostatiques arrivés à cette période.

Nous ne rappellerons pas iei les manœuvres à exécuter; elles sont trop connues et ont été du reste trop bien décrites dans les ouvrages classiques pour y revenir de nouveau; le choix de l'instrument aura été déterminé par la façon dont l’explorateur à boule olivaire que l’on a employé pour le diagnostic pénètre dans la vessie. On commencera, si le canal est libre, par la sonde en caoutchouc vuleanisé de Nélaton, en ayant soin de suivre la paroi supérieure de l’urèthre, afin d'éviter le plus possible la présence des tumeurs de la prostate qui siègent le plus ordinairement à la partie inférieure du canal.On procèdera toujours avec une très grande lenteur et une prudence extrême ; en agissant ainsi, on voit très souvent la sonde prendre d’ellemême la direction convenable.

Dans la très grande majorité des cas, il est préférable de se servir de sondes en gomme élastique, coudées ; tous les chirurgiens ont reconnu les avantages qu'elles ont sur les sondes métalliques à courbure fixe et invariable. Cependant nous verrons qu'il est des circonstances où elles sont indispensables, où sans elles il serait quelquefois impossible de pénétrer dans la vessie.

On sait que dans l'hypertrophie de la prostate, la vessie se déplace et vient occuper une plus large place dans le grand bassin. Gette ascension ne se borne pas à la vessie; elle se

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montre aussi dans la prostate et la portion uréthrale correspondante. Appuyée sur l’aponévrose périnéale moyenne, la prostate, en augmentant de volume, ne peut se développer du côté de la région périnéale; elle est done obligée de reculer en

arrière ; mais, retenue par les ligaments pubio-vésicaux, elle

remonte derrière la symphyse pubienne. De là résulte nécessai-

rement une ascension et une déviation de la portion prostatique

de l’urèthre. Dans ces cas, le cathétérisme doit subir des modifications : pour pouvoir pénétrer jusque dans la cavité vésicale, il faut se servir de sondes métalliques dont la courbure appartiendra à un cercle de 10 à A1 centim. de diamètre et dont la longueur mesurera au moins le tiers de la circonférence, Velpeau, Bérard ayant rapporté des cas où la portion prostatique s'était allongée d’une dizaine de centimètres. C’est l'instrument désigné sous le nom de sonde de Gély, la sonde coudée étant celle de Mercier.

On a vanté l'emploi des sondes volumineuses ; elles auraient l'avantage d’être introduites plus facilement et d’évacuer de

même le contenu de la vessie. Mieux vaut se servir des

sondes n°” 16 ou 17 tout au plus, même des n° 14 ou 15. Quel que soit l'instrument que l’on ait choisi, fl faut toujours,

en l’introduisant, avoir présent à l’esprit qu'on a affaire à un

canal dévié et présentant inévitablement des obstacles, parfois très difficiles à surmonter. Si ces obstacles s’opposaient absolument au cathétérisme, on n’aurait d’autre ressource, pour vider la vessie, que de pratiquer la ponction capillaire suspubienne, qui fait disparaitre les accidents de la rétention complète et prépare la prochaine pénétration des instruments par

‘le canal.

Lorsque la sonde est parvenue dans la vessie, et qu'on a évacué l'urine, que reste-t-il à faire ? Doit-on laisser l'instrument à demeure ou l’'introduire chaque fois que le malade éprouve le besoin d’uriner? Cette question a été différemment résolue

Nb par les auteurs. Les partisans de la sonde à demeure pensent qu'en permettant à la vessie de rester vide on lui rendrait la contractilité qu’elle a perdue par une distension forcée; il est préférable d'admettre que la sonde a le grand avantage de ne paslaisser stagner dans la vessie l’urine, qui acquiert bientôt des propriétés irritantes. En règle, le cathétérisme répété doit être préféré. Et comme les malades doivent vider la vessie aussitôt qu’ellecommande, ils apprendront à se sonder eux-mêmes; après quelques tentatives ils se serviront de leur sonde mieux que personne et possèderont de plus l'avantage de pouvoir se rendre compte des sensations qu'ils éprouvent dans le canal de l’urèthre.

Recommandation importante à leur faire : 1l faudra leur conseiller de ne jamais faire d'efforts pour uriner ; ils devront laisser la vessie se vider d'elle-même, et ensuite aider ses contractions par les efforts des muscles abdominaux.

L'effet immédiat du cathétérisme est de procurer aux malades un sentiment de bien-être indescriptible, de calmer leurs souffrances et faire disparaitre l’irritation qui les tourmentait auparavant : malheureusement ce soulagement n’est que temporaire et des besoins impérieux reparaissent au bout de quelques heures.

Si l’on jugeait indispensable de laisser une sonde à demeure, on la choisirait pas trop grosse, afin qu’elle n’exerçât de pression en aucun point ; on ne l’enfoncerait pas trop ; elle serait fixée autour de la verge et bouchée avec un petit fausset que le malade enlèverait chaque fois qu’il sentirait le besoin d’uriner. Il faut changer la sonde tous les quatre ou cinq jours, et la supprimer dès que le cathétérisme répété devient possible.

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TRAITEMENT DE LA RÉTENTION CHRONIQUE INCOMPLÈTE A f

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