‹ L'hypnotisme et l'orthopédie mentaleChapitre 10 sur 11 · VI. — Conclusions · texte numérisé non relu

VI. — Conclusions

En résumé le but de l’orthopédie mentale et de la pédagogie est d’arriver, soit à la correction des impulsions instinctives et des habitudes automatiques chez les enfants, soit, au développement des aptitudes normales arrêtées dans leur évolution. Ce but est atteint, selon le cas, par deux procédés différents ; 1» La création de centres d’arrêts psychiques et la culture du pouvoir d’inhibition volontaire ; 2» L’exercice et l’excitation automatique de l’énergie psychique et delà fonction excito-motrice.

Ces résultats ne peuvent ,être obtenus sans l’application de plusieurs principes fondamentaux qui découlent de l’observation des faits :

Les principes de la pédagogie suggestive

Le premier principe consiste dans lanécèssité d'étudier préalablement la suggestibilité naturelle des sujets, c’est-à-dire de faire le diagnostic de la suggestibilité. Pour cela, il faut, à l’état de veille, leur faire la suggestion d’exécuter, malgré eux, une série d’actes très simples. Le résultat de la suggestion donne la mesure de leur suggestibilité. Cette expérience ne sert pas seulement à mesurer le degré de suggestibilité de l’enfant; elle devient un moyen d’investigation et d’exploration psychologique d’une très grande précision. Elle donne des résultats inattendus èt révèle chez certains enfants une suggestibilité naturelle très supérieure à celle qu’on pourrait leur attribuer au seul aspect de leur physionomie.

On comprendral’importance de l’expérience quand on aura constaté la réalité de ce fait

auquel nous donnons la valeur d’une véritable loi psychologique, à savoir, que « la suggestibilité est en rapport direct avec le développement intellectuel du sujet. »

Le second principe est Ae, provoquer chez Ventant l’état d’hypnose ou tout au moins un état passif, c’est-à-dire un état physiologique caractérisé par la suppression, la diminution des diverses activités de son esprit, et par l’augmentation de l’automatisme.

Le troisième principe, le sujet étant dans l’état d’hypnose ou dans l’état passif, est d’associer à la suggestion verbale une action psycho-mécanique. — Dans les cas où il s’agit de corriger une impulsion plus ou moins irrésistible, ou une habitude automatique, l'action psycho-mécanique aura pour butla création d’un centre d’arrêt psychique.

Cet effet sera réalisé, soit en mettant mécaniquement le sujet dans l’impossibilité d’exécuter l’acte indiqué, soit en provoquant chez lui, par suggestion, une paralysie psychique. On répétera ces manœuvres jusqu’à ce que l’image de l’arrêt soit fixée dans le cerveau du sujet. — Dans les cas où il s’agira de modifier un état d’inertie mentale, on arrivera par l’image du mouvement et par un entraînement automatique, répété autant de fois que cela est nécessaire, à déterminer le réveil de l’énergie psychique.

Le quatrième principe est de formuler les suggestions avec précision et clarté. Il faut que les images visuelles, auditives ou motrices, exposées devant le cerveau, soient nettement limitées.

Le cinquième principe est, après avoir provoqué la réalisation automatique et inconsciente des actes suggérés (phénomènes d’ar-

rêt on d’action),à’é^&iWev progressivement la conscience par la suggestion et de réaliser les mêmes phénomènes avec la participation consciente du sujet.

Enfin, le sujet étant complètement réveillé, il n’y a plus qu’à s’assurer qu’il peut réaliser la résistance définitive à l’impulsion ou l’exécution complète de l’acte mental, sans autre secours que l’intervention de son pouvoir inhibiteur ou de sa volonté d’action.

Par l’observation rigoureuse de ces principes, l’opération psychologique de l’hypnotisme pédagogique, qui apparaît au début comme un asservissement de la conscience, se traduit finalement par un développement de la personnalité consciente.

Page 1