‹ L'hypnotisme et l'orthopédie mentaleChapitre 4 sur 11 · IG · texte numérisé non relu

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et elles s’étonnent qu’une suggestion faite par elles se réalise mal.

Il ne faut pas oublier que tout ce qui se dit et se fait autour du sujet fait naître dans son cerveau des idées correspondantes. L’expérimentateur doit donc s’observer constamment et se garder de donner, par ses gestes ou par des paroles prononcées à la légère, des suggestions contraires à celles qu’il veut réaliser. Les personnes présentes s’abstiendront aussi avec soin de toute manifestation extérieure de leur pensée.

Souvent aussi, l’intervention de personnes malveillantes qui se moquent de l’enfant et s’appliquent à le décourager peut contribuer à neutraliser l’effet de suggestion et à développer chez lui un certain état de résistance qui se manifestera lors des hypnotisations consécutives. Le psychothérapeute trouvera toujours le moyen de tourner ces difficultés.

Lorsque l’on constate chez un enfant une résistance inaccoutumée, au lieu de l’attribuer à une mauvaise volonté personnelle, à une sorte d’auto-suggestion, basée sur un raisonnement, on p'eut également se demander s’il ne subit pas l’influence d’une personne intéressée à la non réussite de l’expérience. Dans plusieurs cas, nous avons pu remonter jusqu’à la cause de cette résistance.

Dans l’un, en particulier, l’enfant subissait l’influence d’un camarade qui, par jalousie, le détournait de l’idée de se laisser hypnotiser. Dans un autre, le sujet avait été frappé par l’opinion, maintes fois exprimée par le médecin de la famille, que l’hypnotisme ne parviendrait pas à le guérir. L’événement prouva pourtant à ce médecin qu’il s’était

trompé. Il eut la bonne foi d’en convenir.

Ce ne sont pas toujours les individus qui acceptent et réalisent le plus rapidement une suggestion qui sont en réalité les plus in- Üuencés, car chez eux la suggestion peut ne laisser qu’une .empreinte peu durable. Au contraire, la suggestion a parfois des effets très accentués et très prolongés chez des suiets qui ont paru ne l’accepter d’abord qu’avec une certaine difficulté. Gomme en mécanique, il arrive qu’on perd en force ce qu’on gagne en vitesse.

Nous devons ajouter que la docilité avec laquelle le sujet accepte la suggestion n’est pas toujours en rapport avec la profondeur du sommeil. Et il faut savoir que certains sujets, chez lesquels'on n’obtient jamais qu’un sommeil très superficiel, exécutent toutes les suggestions avec un automatisme complet.

Chez les enfants, encore moins que chez les adultes, l’application de la psychothérapie ne comporté pas nécessairement la production préalable du sommeil provoqué.

Dans beaucoup de cas, la suggestion verbale à l’état de veille, visant avec précision un symptôme nettement déterminé, peut suffire.

M. le Di’Gibert, duHavre, l’a démontré dans plusieurs observations très concluantes. Mais il faut reconnaître que l’action suggestive se trouve décuplée, chez notre éminent confrère, par un facteur personnel très puissant, constitué par sa longue expérience et par sa légitime autorité.

Dans la plupart des cas,la psychothérapie à l’état de veille ne donnerait que des résultats incertains. Pour agir avec le maximum de certitude, il faut par des manœuvres diverses

s’appliquer à désarmer l'esprit de discussion de l’enfant. Il faut neutraliser ses résistances, substituer à l’état d’activité un état de passivité. Il est assez facile d’obtenir, chez presque tous les enfants, ce qu'on pourrait appeler l’état iClntluence hypnotique. Cet état est caractérisé par une tendance à la somnolence, une légère lourdeur des paupières, une sorte d’engourdissement de l’esprit. Le sujet conserve une partie de sa conscience, mais il est plus disposé à s’incliner passivement devant les affirmations. C’est là un état excellent pour l’application de la thérapeutique suggestive. A la rigueur on peut s’en contenter, et l’on sera quitte pour renouveler les- suggestions un peu plus longtemps.

Le réveil. — Dans les premières séances, les enfants ont une tendance à se réveiller rapidement. Pour prolonger le sommeil, il est nécessaire de leur répéter de temps en temps : « Continuez à dormir. »

Mais ils ne tardent pas à acquérir l’habitude de l’hypnotisme. Dans de cas, ils dorment jusqu’à ce qu’on les réveille. Pour les réveiller complètement, il suffit de leur dire : « Allons, réveillez-vous ! » et de leur souffler légèrement sur les yeux.

Une recommandation que nous jugeons indispensable est la suivante : avant d’éveiller le sujet, il faut toujours lui affirmer qu’à son réveil il se trouvera très bien et n’éprouvera pas la moindre fatigue. Si l’on a pris cette précaution, l’enfant se réveille toujours en souriant et disposé à se laisser endormir de nouveau.

Parfois, il ne se souvient plus de ce qui lui a été dit pendant qu’il dormait et 'il n’a pas gardé la notion de ce qui se passait au-

tour de lui. En général, à moins qu’on ne lui ait suggéré de ne pas garder le souvenir des paroles qu’il à entendues, il se souvient très bien à son réveil. Mais, qu’il y ait souvenir ou non de ce qui s’est passé pendant l’hypnose, les suggestions ne s’en réalisent pas moins avec la même régularité et d’une façon aussi irrésistible.

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