‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 102 sur 218 · Grocj). Loco cit., p. ôig · texte numérisé non relu

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Personnellement, je suis du même avis.

Une cause d'erreur apparaît, au moins dans les premières expériences de FocACHON : on suggère, en fait, une sensation de brûlure et de démangeaison et le malade se gratte, se frotte, irrite la partie visée ; de là, la vésication ultérieure.

Cependant il ne faut pas nier ce genre de suggestions. Ces suggestions existent. Seulement, comme Fa très bien dit Crocq, on ne peut les développer que chez des sujets exceptionnels, tout particulièrement suggestibles et surtout chez les sujets qui ont spontanément des troubles trophiques cutanés ou circulatoires intenses (hémorragiques).

En d'autres termes, dans ce domaine la suggestion dirige le siège du trouble circulatoire ou trophique, plutôt qu'elle ne crée la disposition du sujet à ce genre de troubles.

En terminant ce paragraphe, je dois dire un mot des idées de Lehmann et des déductions qu'il a tirées de cette action de la suggestion sur la vasomotricité.

J'ai déjà parlé plus haut ( dans ce même chapitre, p. 2 48) de la théorie de Lange sur les émotions, d'après laquelle les phénomènes psychologiques dériveraient des phénomènes physiologiques et seraient la conséquence des troubles vasqmoteurs : ce qui déplacerait de Fécorce au mésocéphale le centre de la psychicité émotive .

Partant de l'effet de la suggestion sur les vasomoteurs, Lehmawn développe une théorie analogue pour

les phénomènes de l'hypnose et Tétend au psychisme entier. J'en emprunte l'exposé à Wundt\

Pour établir sa théorie physiologique de l'hypnose Leumann (( cherche un point d'appui principal dans les effets vasomoteurs de l'hypnose et de la suggestion... (et il) généralise tellement l'opinion d'après laquelle le point de départ de certains faits psychiques est le système vasomoteur, que ce n'est pas seulement l'hypnose, mais encore la majeure partie de la vie psychique normale, qui se trouve englobée dans sa généralisation. Les changements qui surviennent dans l'innervation vasomotrice ne sont pas, pour lui, les simples phénomènes concomitants de certains faits psychiques, comme, par exemple, des émotions, mais les dernières causes physiologiques de presque tous les phénomènes psychiques, et, dans tous les cas, des plus importants. Sous ce rapport, il faut bien le reconnaître, l'ojîinion de Lehmann n'est qu'une gé néralisation de l'hypothèse de Lange sur Forigine des émotions... Lehmann considère donc avant tout l'attention comme un phénomène vasomoteur. Partant de ce fait connu, particulièrement démontré par les expériences de Mosso, que, dans certains cas d'attention faible, comme par exemple dans le sommeil, l'afflux sanguin dans le cerveau diminue et qu'inversement une grande tension de l'attention et de l'activité intellectuelle qui s'y rattache augmente cet afllux, Lehmann admet que l'arrêt involontaire de l'attention sur une excitation sensorielle externe a pour cause

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un réflexe vasomoleur qui augmente l'afflux dans la partie du sensorium correspondant au siège de l'excitation... (De même), quand un élément delà perception reproduit un groupe déterminé de représentations accentuées, le mouvement qui en est la conséquence •l'emporte sur d'autres mouvements simultanés et il en résulte un réflexe vasomoteur plus intense. Comme le libre arbitre ne consiste qu'en une représentation plus accentuée, que nous appelons, dans ce cas, le motif de la volonté, nous considérons, pense Lehmann, le fait psychique qui correspond à une modification vasomotrice en un point déterminé du cerveau, comme un arrêt volontaire de l'attention sur ce fait. Or, la direction de l'attention durant l'hypnose est exclusive, que la cause en soit des excitations sensorielles semblables ou la suggestion. Conformément à cela, il se présentera dans l'hypnose des associations relativement durables, mais en même temps bornées étroitement. Ces associations, étant donnée la théorie générale de l'attention mentionnée plus haut, doivent être rapportées à une limitation correspondante des réflexes vasomoteurs ».

On voit l'importance que prend la généralisation de la théorie, puisqu'on en arrive à faire rentrer dans les phénomènes vasomoteurs non seulement les émotions, mais tous les faits de l'hypnose et l'entier psychisme depuis l'attention jusqu'au libre arbitre.

Je crois facile de montrer qu'il n'y a dans les faits observés en hypnotisme aucune base scientifique sérieuse pour étayer cette théorie.

Nous avons vu (et j'ai insisté à dessein, sur cette

démonsl ration) que Fécorce a physiologiquement une action vasomotrice et qu'en fait on peut suggérer des phénomènes vasomoteurs. Mais les observations scientifiques, suffisantes pour montrer la possibilité de la chose, établissent en même temps la rareté et le caractère quasi-exceptionnel du fait.

Donc, pour parler des phénomènes vasomoteurs de l'hypnose, il faut les supposer. On ne peut pas arguer des faits vraiment observés, parce qu'ils sont inconstants.

WuNDT le dit très bien : « dans ces circonstances, essayer de déduire le connu de Tinconnu, c'est être conduit presque fatalement à calquer l'explication des phénomènes sur l'hypothèse et non l'hypothèse sur les phénomènes. »

D'ailleurs, démontrerait-on l'existence de phénomènes vasomoteurs et en général de phénomènes physiologiques à la suite des phénomènes psychiques, cela ne prouverait pas que ces phénomènes psychiques peuvent être ramenés aux phénomènes physiologiques.

En fait, ce que nous connaissons scientifiquement et positivement, ce sont les phénomènes psychiques. VVuNDT le dit encore : « dans le cas présent, le lien des phénomènes hypnotiques ne nous est connu jusqu'à présent que par son côté psychique et nous ne savons rien des modifications physiques parallèles... »

11 est bien certain que « parallèlement aux processus psychiques, il existe des processus physiques, » encore inconnus. Mais « ce principe se distingue essentiellement de celui qui dit que les faits physiques sont les causes des faits psychiques et qu'il est indis-

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pensable, par conséquent, de baser Texplication de ceux-ci sur des hypothèses physiologiques^ ».

La théorie de Lehmann est donc inacceptable et je peux conclure ce long paragraphe à peu près comme j'ai conclu plus haut (p. 25o) la discussion analogue sur les émotions : dans l'hypnose (comme, en général, dans les phénomènes psychologiques), il y a deux éléments, Félément psychologique et Télément physiologique ; l'élément psychologique est le plus important, le seul essentiel; puisqu'il y a des hypnoses sans phénomènes physiologiques (connus), tandis qu'il n'y en a pas sans phénomènes psychiques.

L'importance de ces conclusions et de la théorie de Lehmaxn à laquelle elles répondent justifie, ce me semble, le développement que nous avons donné à ce chapitre des suggestions s'exerçant sur les appareils normalement soustraits à l'action de la volonté.

in. Les SUGGESTIONS POSTHIPNOTIQUES : LEURS

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