‹ L'hypnotisme et la suggestionChapitre 105 sur 218 · I. Soc. de biologie, 26 juillet i885. Archives de neuro · texte numérisé non relu

I. Soc. de biologie, 26 juillet i885. Archives de neuro

F. est hystérique et a des crises de sommeil spontanées ; on l'endort très facilement par le regard, par la pression de certaines régions ou par un ordre simple. Pendant l'hypnose, l'insensibilité est complète sur tout le corps, l'immobilité absolue, les membres sont contractures : les jambes croisées l'une sur l'autre, les doigts intriqués, les mains devant ou derrière le corps, suivant que la crise de sommeil est spontanée ou provoquée.

Elle entend très bien, répond aux questions et cause, souvent même avec une grande volubilité. Quand on lui donne un ordrede mouvement à exécuter immédiatement pendant le sommeil, elle croit l'exécuter, mais ne hoiige pas du tout. Il est impossible de lui faire changer ses jambes ou sesmains de place. Mais elle croit le faire et s'impatiente si on lui dit qu'elle n'obéit pas. Il est également impossible de lui procurer des hallucinations pendant son sommeil.

Au contraire, on peut produire tous les phénomènes connus de suggestion en lui donnant l'ordre d'exécuter la chose après son réveil, soit quelques instants, soit plusieurs jours après. Avec mes collègues MossÉ et Brousse, nous avons beaucoup multiplié et varié les expériences, nous lui avons donné des hémiplégies temporaires (avec anesthésies et contractures); nous lui avons fait faire des simulacres de vol et même d'assassinat (avec un couteau à papier) ; nous lui avons fait voir des personnes absentes et lui avons donné des hallucinations négatives... A tout, elle

logie, 1887, p. 821. Leçons de clinique médicale, t. I, p.

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obéit admirablement, pourvu que Tordre, donné pendant l'hypnose, ne soit exécutoire qu'au réveil.

Il est facile de comprendre pourquoi on observe chez ce sujet cette particularité instructive, mais peu fréquente.

C'est que, pour des motifs que nous étudierons dans le chapitre suivant, F. présente, dans Thypnose, des symptômes somatiques fixes, qui n'appartiennent pas à l'hypnose et par suite sont indépendants de la suggestion et échappent à la suggestion, mais accompagnent constamment l'hypnose et gênent et troublent, dans cette hypnose, l'exécution des suggestions imposées.

C'est parce qu'elle est immobilisée par les contractures pendant l'hypnose et que ces contractures ne peuvent pas être modifiées par la suggestion, que les ordres donnés pendant le sommeil ne peuvent pas être exécutés. Elle croit les exécuter parce que son sens kinesthésique est aboli dans l'hypnose comme toutes les autres sensibilités. Son polygone, désagrégé deO, reçoit et accepte la suggestion ; il envoie l'ordre d'exécution; mais, n'ayant pas de sensation kinesthésique centripète, ignore qu'il n'est pas exécuté et par suite ne doute pas qu'il ait été exécuté comme il l'a ordonné.

Donc, et c'est la seule conclusion préliminaire à tirer pour le moment de ce fait curieux, certains sujets peuvent exécuter les suggestions posthypnotiques alors qu'ils ne peuvent pas exécuter les suggestions intrahypnotiques. Donc, quoique dans les deux cas l'ordre soit donné dans le sommeil, il v a une

ÉTUDE APsALYTIQUE DES SUGGESTIONS SQQ

clUTcrcnce entre les deux ordres de suggestion, différence qu'il faut analyser dans une étude séparée.

2. De ce qui précède il résulte que l'état dans lequel un sujet exécute une suggestion dès le réveil n'est pas la continuation pure et simple de l'hypnose, n'est pas de l'hypnose ordinaire avec les simples apparences du réveil. Est-ce cependant le réveil ordinaire et l'état normal du sujet ?

En fait, la suggestion posthypnotique immédiate au réveil est psychologiquement caractérisée par ce fait brut que: i° le sujet s'éveille; 2° il a oublié l'hypnose et les ordres donnés dans cette hypnose ; 3° il exécute les ordres reçus dans le sommeil et qu'il a oubliés.

La chose a été bien notée par tous les observateurs.

Dès 1820, le général Noizet ^ fixait, pendant Thypnose, à son somnambule prussien le jour où il devait revenir. Au réveil, «je m'assurai, dit-il, qu'il ne lui restait aucune idée de ce qu'il m'avait dit » et, le jour marqué, il arrivait, sans trop savoir pourquoi, s'étant senti « poussé à venir ». Rendormi, il assura « qu'il était venu parce qu'il me l'avait promis et que, sans en avoir conscience, il avait été porté à remplir son premier engagement. »

Mêmes observations chez Charles Richet et Rern- HEiM qui inaugurent vraiment l'étude contemporaine et scientifique de ce phénomène.

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