I. Pitres Loco cit., t. 11, p
« Il s'agit, dit RiCHET *, d'un phénomène de méiiioire qu'on pourrait appeler la mémoire inconsciente.
)) Voici en quoi il consiste : A. est endormie. Je lui dis : Quand vous serez réveillée, vous prendrez ce livre qui est sur la table, vous lirez le titre et vous le r niettrez dans ma bibliothèque. — Je la réveille. VA\e se frotte les yeux, regarde autour d'elle d'un air clonné ; met son chapeau pour sortir; puis, avant de sortir, jette un coup d'œil sur la table : elle voit le livre en question, le prend, lit le titre. — Tiens, me dit-elle, vous lisez Montaigne. Je vais le remettre à sa place. — Et elle le range dans la bibliothèque.
» Je lui demande alors pourquoi elle a fait cela. Elle ne se souvient aucunement de l'ordre que je lui ai donné ; aussi ma question paraît l'étonner beaucoup. — Est-ce que je ne pouvais pas regarder ce livre? me dit-elle.
» Ainsi voilà un acte qui a été exécuté sans que le motif en soit connu. Le motif en a été inconscient. Un souvenir inconscient a décidé la personne à agir. Alors que cet acte paraissait spontané, il était déterminé par une cause dont la personne agissante ne se rendait pas compte... »
De même, Bernheim qui a fait et publié un grand nombre d'expériences" dit: dans ces cas, « le sujet a entendu ce que je lui ai dit pendant le sommeil, mais il n'a conservé aucun souvenir de ce que je lui ai dit ; il ne sait plus que je lui ai parlé. L'idée suggérée se